«Des livres dans ma valise»
Laure Mériguet va étudier tout en vivant son rêve

Laure Mériguet a fêté ses 17 ans en août dernier et va disputer ses premiers Jeux olympiques. La hockeyeuse, benjamine de la délégation suisse, va également devoir penser à ses études depuis Milan.
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Photo: Getty Images
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Le 1er janvier dernier, Laure Mériguet a appris la grande nouvelle. La jeune hockeyeuse genevoise allait disputer les Jeux olympiques de Milan-Cortina. «Je rentrais de Verbier et j’étais dans le train lorsque Colin Müller (ndlr le sélectionneur national) m’a appelée pour m’annoncer ma sélection, nous avait-elle raconté quelques jours plus tard. Lorsqu’on a raccroché, j’ai pleuré et sauté de joie. Heureusement qu’il n’y avait pas beaucoup de monde dans le wagon, hormis mon copain (rires).»

Un mois plus tard, la voici affublée du maillot de l'équipe de Suisse, quelques minutes après l'entraînement de ce mercredi. Ses yeux s'illuminent au moment de raconter ce qu'elle est en train de vivre. «Au moment de rentrer dans le village olympique, c'est là que tu te rends compte que c'est du sérieux, rigole-t-elle. Les émotions deviennent plus fortes. Plus réelles. Avant cela, je dois dire que je n'avais pas vraiment réalisé.»

Quatre livres dans les valises

Après avoir disputé le Mondial M18 et après avoir été la joueuse la plus utilisée de son équipe, la défenseuse genevoise s'apprête à vivre quelque chose de plus incroyable encore. «C'est un sentiment incroyable, s'enthousiasme-t-elle. Mais là ce ne sont que des entraînements. Je me réjouis surtout que cela commence vraiment. Cela fait maintenant un petit moment que j'attends depuis l'annonce de la sélection.»

Après avoir déjà passé plusieurs semaines sous les drapeaux aux États-Unis, elle doit donc mettre encore un peu ses études entre parenthèses, elle qui est en troisième année de collège. Aidée par sa meilleure amie, elle se tient tant bien que mal à jour sur l'avancée des leçons. «Mais j'ai tout de même pris quatre livres dans mes valises, avoue-t-elle. Deux de français, un d'allemand et un d'anglais. Je n'ai pas encore pu les ouvrir... Mais c'est promis, je vais essayer de les lire (rires).»

Un tournoi comme un autre... ou presque

Cela fait plus d'une semaine que l'équipe féminine est réunie en camp à Zurich pour préparer le match inaugural de ce vendredi (14h40) face à la République tchèque. «Durant toute cette phase, je dois dire que je me préparais de la même manière que pour n'importe quelle autre compétition, précise-t-elle. Depuis que je suis arrivée à Milan, c'est un peu différent. Mais c'est tout le challenge. Il faut continuer de faire comme d'habitude et d'avoir ses petites routines. Il faut faire comme d'habitude et tout faire pour gagner... comme d'habitude (rires).»

Lorsque la scène est l'immense patinoire Santa Giulia de Milan en mode JO, il y a forcément une tentation de trop vouloir en faire. «C'est clairement un des enjeux de ce début de compétition, admet-elle. C'est normal d'être un peu stressé et de vouloir compenser en en faisant plus... au risque d'en faire trop. J'ai conscience de cela et je serai attentive à simplement jouer mon jeu.» Celui qui lui a réussi avec l'équipe de Suisse M18 et avec son équipe «de tous les jours» des garçons de moins de 18 ans de Genève-Servette.

Nombreux proches à Milan

Organiser des Jeux olympiques, c'est évidemment beaucoup de logistique... mais pas celle que l'on imagine. «En général, je fais ma valise à la dernière minute, rigole-t-elle. Ce n'est pas ce qui m'a pris trop de temps.» Elle a par contre dû gérer les billets qui lui sont attribués. «On en reçoit deux par match, précise-t-elle. Les autres doivent acheter eux-mêmes.»

À Milan, elle sera très soutenue. «J’ai mes proches qui vont venir, précise-t-elle. Notamment une bonne partie de gens en provenance de France d'où vient une partie de ma famille. Ce sera vraiment cool de pouvoir compter sur toutes les personnes qui me soutiennent depuis que je suis toute petite.» Avant le 1er janvier, tout ce petit monde ne savait pas si Laure Mériguet serait présente à Milan. «Ils ont fait en sorte de pouvoir annuler au cas où, rigole-t-elle. Mais c'est bon, ils ont pu garder leurs tickets.»

Et ils seront aux premières loges, vendredi, pour voir Laure donner ses premiers coups de patin sur une glace olympique.

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