Porte-drapeau vendredi soir
Fanny Smith: «J'ai dû garder le secret durant deux semaines»

Vendredi soir, Fanny Smith avait l'honneur de porter le drapeau de la délégation suisse à Livigno. Pour la Vaudoise, ce moment valait tous les sacrifices effectués pour être présente en Italie.
1/2
Fanny Smith a été choisie pour porter le drapeau à Livigno.
Photo: keystone-sda.ch
Blick_Gregory_Beaud.png
Grégory BeaudJournaliste Blick

«Un honneur exceptionnel. Quelque chose d'unique.» Quelques heures après avoir porté le drapeau de la délégation suisse à Livigno, Fanny Smith n'est pas avare en superlatifs pour raconter son expérience. «C'est déjà un moment exceptionnel dans une carrière de vivre une cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques en tant qu'athlète. Mais de porter le drapeau, c'est encore plus spécial.»

En début de semaine, nous dressions le portrait-robot des deux porte-drapeaux logiques pour la cérémonie d'ouverture. En l'absence présumée de Nino Niederreiter (à tort), le choix s'était porté sur Leonardo Genoni pour les hommes et, logiquement, sur Fanny Smith pour les femmes. Depuis 2022, Swiss Olympic a pris l'habitude de confier un mât à un représentant des deux sexes.

Elle rigole de cette prévision qui s'est confirmée. «Moi-même, je n'y avais pas réfléchi, nous confie-t-elle. C'est sympa d'avoir pensé à moi (rires). C'est une reconnaissance qui va au-delà des résultats sportifs. Cela ne peut donc pas faire partie d'objectifs de carrière. C'est pourquoi je n'ai pas passé trop de temps à réfléchir.»

Différent de ce qu'elle connaît

Vendredi soir, c'est donc elle qui est entrée en premier à Livigno. «C'était forcément différent de ce que j'ai vécu à PyongChang, la seule cérémonie à laquelle j'ai participé. Le fait d'en avoir à plusieurs endroits rend peut-être les choses un peu plus étranges. Mais je suis contente d'avoir pu partager ce moment avec Nino (ndlr Niederreiter, le hockeyeur choisi à Milan), même si c'était à distance.»

La question est peut-être stupide, mais il faut la lui poser. N'a-t-on pas peur de trébucher lorsqu'on a autant de caméras braquées sur soir? Elle pouffe: «Non, pas vraiment. La différence avec Milan est que l'on marchait dans la neige. Je me suis surtout demandée s'il n'y aurait pas un trou. Mais j'ai fait attention. Mais dans un tel moment ,on n'a pas le temps de penser à autre chose. C'est tellement intense.»

Faire flotter le drapeau? «Un challenge»

Devant la partie de la délégation présente à Livigno, la spécialiste de ski-cross a parfaitement rempli son rôle avec le pavillon suisse fièrement brandi. «Comme on vient en fin de cérémonie, j'ai eu un peu de temps pour me familiariser avec le drapeau, rigole-t-elle. Mais c'est vrai que c'était peut-être le seul challenge. Comment faire pour bien faire flotter le drapeau. J'ai essayé de droite à gauche puis de gauche à droite. D'un côté ça s'emmêlait et pas de l'autre. Alors j'y suis allée comme ça (rires).»

Un autre défi a été de garder le secret de sa nomination pour elle. «Durant deux semaines!», appuie-t-elle. Qui était au courant? «Il y a des gens à qui je n'ai pas pu cacher cette nouvelle, précise-t-elle. Mon manager pour des raisons d'organisation, mon ami et un ou deux autres personnes, mais un minimum. J'ai tout de même appelé mes parents quelques minutes avant le communiqué de presse pour qu'ils l'apprennent de ma bouche et pas par les médias.»

Un problème de dos mineur

Avant cette cérémonie, une question entourait la présence de Fanny Smith à Livigno. Sa blessure au dos qui l'a forcée à renoncer aux épreuves de Veysonnaz et de Val di Fassa. Elle coupe court et se veut rassurante. «Ce n'est rien du tout, précise-t-elle. Je me suis bloquée le dos et c'est pourquoi je n'étais pas en mesure de skier en Valais. Mais les courses d'après, c'était déjà plus ou moins dans mon esprit que j'allais faire l'impasse pour me préparer aux JO.»

En bonne forme et avec le plein de bonnes ondes fait, Fanny Smith peut penser à la suite: sa compétition qui aura lieu le 2 février prochain. Le temps pour elle de renter à la maison. «Je ne voulais pas rester trop longtemps à Livigno, poursuit-elle. Je voulais être entouré de mon équipe, à savoir mon préparateur physique et mon physio. C'est important d'avoir mon équipe autour de moi pour peaufiner les derniers détails.» Elle repartira de la maison lundi pour une dernière phase de préparation, à Saint-Moritz. «Ce petit aller-retour s'est très bien goupillé, précise-t-elle. Tout a été fait pour que je ne perde pas trop d'énergie. En résumé, c'était parfait.»

Articles les plus lus