La sélection de Patrick Fischer a-t-elle pêché par naïveté ou par orgueil? Toujours est-il qu'après avoir inscrit deux buts en 3'06'', les Helvètes ont franchement peiné contre leurs homologues français. Damien Riat avait pourtant montré la voie dès la première minute en power-play. Pour son premier match olympique, le joueur du Lausanne HC s'est trouvé en position idéale devant le but adverse. Peu après, Janis Moser a réalisé un solo merveilleux au milieu de la défense française pour inscrire le 2-0.
Très facile. Trop facile? C'est peut-être ce que les Suisses se sont inconsciemment dit. Surtout face à un gardien, Antoine Keller, très moyen sur les premières incursions des Suisses. Depuis ce deuxième but, les Français ont changé d'état d'esprit et ont commencé à doucement exister. D'abord par bribes, puis de manière largement plus concrète. Il faut dire qu'ils ont été bien aidés par des adversaires cherchant systématiquement le but trop parfait ou l'action individuelle.
Leonardo Genoni a dû être solide
C'est à la 17e minute que les Français ont été les plus menaçants autour du but de Leonardo Genoni. Le gardien de Zoug a vu Jordann Perret se présenter seul face à lui avant que Dylan Fabre ne se retrouve, lui aussi, en position idéale. Mais le Zougois a fait bonne figure pour permettre à son équipe de garder deux buts d'avance.
Si Sven Andrighetto a touché le poteau (22e), ce sont surtout les Français qui ont créé le danger lors du second tiers. Une déviation d'Andrea Glauser a bien failli terminer dans son propre but (21e), tandis que Stéphane Da Costa n'a pas su exploiter un rebond favorable (24e). À la suite d'une erreur de Michael Fora, Floran Douay avait le 2-1 au bout de la palette. Un but qui lui aurait permis d'imiter Damien Riat avec qui il a livré un match dans le match.
Ces avertissements sans frais ont au moins eu le mérite de réveiller un peu les hommes de Patrick Fischer qui tombaient doucement dans la suffisance lors de cette rencontre. Et Sven Andrighetto, Kevin Fiala, Roman Josi ou encore Nico Hischier ont tous eu de grosses chances de but. Mais Antoine Keller s'en est très bien sorti.
N'enlevons rien aux mérites des Français qui ont joué le match qu'on était en droit d'attendre d'eux. Les Tricolores ont su faire déjouer l'équipe de Suisse et ils ont pu compter sur un excellent gardien. Auteur d'un début de match très difficile, Antoine Keller s'est parfaitement rattrapé. Le portier d'Ajoie a longtemps fait le désespoir des attaquants suisses.
Pas une bonne opération
Lors du dernier tiers-temps, les Bleus ont continué de presser autour de Leonardo Genoni sans pour autant parvenir à le tromper. C'est finalement en fin de match que les Suisses ont assuré cette victoire peu emballante. Il a fallu une action brillante de Roman Josi pour inscrire le 3-0. Sur un travail préparatoire du capitaine, Timo Meier s'est retrouvé totalement seul devant la cage vide (51e). Ce même Timo Meier a profité d'une erreur d'Antoine Keller pour marquer le 4-0 à moins de quatre minutes de la sirène finale.
Après cette victoire initiale, la Suisse devra jouer un tout autre match pour sa deuxième sortie olympique. Face aux stars canadiennes, les hommes de Patrick Fischer ne pourront pas se permettre de livrer une prestation aussi insipide. La bonne nouvelle? S'il y a à redire sur la manière, cette victoire avec un écart de quatre buts est une bonne opération comptable. Une bonne différence de buts pourrait aider l'équipe de Suisse au moment de se voir attribuer un adversaire moins redoutable au prochain tour.