Milan-Cortina, clap de fin!
Les coups de cœur de nos envoyés spéciaux

Les nombreuses médailles gagnées par la délégation suisse vont rentre ces Jeux de Milan-Cortina inoubliables. Mais nos envoyés spéciaux ont décidé de retenir trop noms de ces joutes.
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Zach Werenski a porté la fille de son ami décédé durant la fête pour la médaille d'or
Photo: Getty Images

Les coups de cœur de Matthias Davet

1. Mathilde Gremaud (et ses proches)
Habitué des patinoires, je ne m'attendais pas à entendre un Lyoba résonné jusqu'à Livigno. Pourtant, après la médaille d'or de Mathilde Gremaud en slopestyle, l'hymne gruérien a été entamé dans la raquette d'arrivée. Mathilde Gremaud, comme ses proches, c'est donc ça: une simplicité même sur le toit de l'Olympe.

Les larmes de ses parents, ses sœurs et sa copine m'ont particulièrement touché. Surtout que c'était la première fois que le clan Gremaud pouvait fêter cela tous ensemble. Un magnifique moment et qui me restera, tout autant que la peur de son père, une semaine plus tard après sa chute lors du Big Air.

2. Livigno
Oui, on a beaucoup critiqué le manque d'esprit olympique dans ces Jeux dans le nord de l'Italie – la dislocation des sites n'aidant pas. Pourtant, Livigno était un endroit à part. Les disciplines se sont enchaînées dans la station qui se situe à une grosse demi-heure de la Suisse. Ainsi, les différents fan's club du pays ont pu se rendre sur place – que ce soit ceux de Mathilde Gremaud, Fanny Smith ou Alex Fiva. Une ambiance de feu a été mise et cela contrastait grandement avec les rues de Bormio, mornes en dehors des jours de course.

3. Marianne Fatton
Dans la zone mixte de Bormio se sont succédé, en l'espace de deux semaines, les discours aseptisés des skieurs alpins, puis ceux, totalement libérés, des skieurs alpinistes. La Neuchâteloise Marianne Fatton est le parfait exemple de cette deuxième caste. Sourire jusqu'aux oreilles, la championne olympique a fait preuve d'une belle fraîcheur pour les journalistes. Presque sans filtre, elle n'a pas hésité à trouver la petite phrase pour faire rire. Un naturel qui donne envie de militer pour le ski alpinisme aux JO.

Les coups de cœur de Grégory Beaud

1. Alina Müller
Si l'attaquante de l'équipe de Suisse était à son niveau dans le hockey masculin, elle aurait un statut bien différent. Mais Alina Müller souffre de l'anonymat dans lequel elle évolue. Est-ce que cette médaille de bronze remportée après un tournoi qui a vu les Suissesses bousculer le Canada en demi-finale (2-1) va changer la donne? Il faudra du temps. Mais rendons-nous compte (et la phrase vaut pour l'auteur de ces lignes aussi) au moins de ce qu'elle accomplit en étant la première Suissesse à évoluer en ligue professionnelle nord-américaine (elles sont désormais deux). À 27 ans, la buteuse décisive lors de la petite finale a encore du temps pour faire grandir sa discipline.

2. Zach Werenski 

Photo: Getty Images


C'est sans aucun doute l'image de ces Jeux olympiques pour moi. La déchirante histoire de Johnny Gaudreau, la star du hockey américain, tué par un chauffard en 2024, a fait fondre en larmes de nombreuses personnes après la finale masculine. Pourquoi? Son ami Zach Werenski a fait en sorte que les deux enfants de l'infortuné puissent être présents pour la célébration. Le maillot No 13 de «Johnny Hockey» était également présent lors des photos souvenirs. Un moment touchant.

3. Kevin Fiala
Quel malheur pour le Saint-Gallois des Los Angeles Kings. Touché dans sa chair lors du deuxième match du tournoi olympique, Kevin Fiala a terminé son tournoi olympique dans une chambre d'hôpital de Milan où il a dû se faire opérer de la jambe gauche. L'attaquant aime tellement jouer pour l'équipe de Suisse que cette défection a dû lui faire terriblement mal. Plus que la douleur physique, à n'en pas douter. Personne ne mérite de voir son rêve olympique s'évaporer ainsi. Mais voir Kevin Fiala rester allongé sur la glace m'a chamboulé. Et le voir si fort après, à tout de suite penser à l'équipe, m'a fait me souvenir à quel point c'est devenu un leader de cette sélection. Patrick Fischer l'avait d'ailleurs nommé assistant-capitaine pas par hasard.

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