S'il y a bien une chose que savent faire les Italiens, c’est célébrer leurs champions. «Grazie Tigre», pouvait-on lire sur le grand écran lorsque Federica Brignone est arrivée à la Casa Italia pour rencontrer les médias. «Merci, Tigresse», en hommage à ses exploits. Les salutations du présentateur? Un hommage vibrant: «Voici la déesse du ski. L’extraterrestre. L’immortelle.» Et, pour une fois, la surenchère semble justifiée.
Deux médailles d’or autour du cou
Federica Brignone arbore fièrement deux médailles d’or: «Elles pèsent un kilo à elles deux, mon cou me fait déjà mal», sourit-elle. L’or en super-G, l’or en géant. Et ce, seulement dix mois après un terrible accident: double fracture du tibia et du péroné, déchirure du ligament croisé. «Pour moi, le plus important était de pouvoir à nouveau skier normalement. Les Jeux olympiques semblaient loin», confie-t-elle.
«Je n’ai manqué aucune rééducation, aucun entraînement, aucune séance de thérapie», poursuit-elle. Les opérations se sont succédé, mais Federica Brignone a su accepter son destin: «J’ai toujours regardé vers l’avant». Des larmes, de la sueur, des revers, mais aussi des progrès constants. «Du travail, rien que du travail, 24 heures sur 24. Mais je suis restée positive». A un moment donné, elle a pensé à Cortina: «L’impossible m’a motivée».
La tigresse reste prudente
A Cortina, Federica Brignone a bel et bien montré ses griffes. Mais aujourd’hui, la fatigue se fait sentir. «Je n’ai presque pas fait la fête. Je n’ai plus 18 ans», plaisante-t-elle, avant de redevenir sérieuse: «Ce n’est pas une superbe journée. Ma jambe ne va pas bien. Je n’ai pas eu de soin ni de glace – il s’est passé trop de choses». Son responsable médias lui apporte alors une caisse en carton sur laquelle elle pose son pied, soulageant ainsi sa jambe.
Et pour la suite? Probablement une nouvelle opération: les vis dans le tibia devront être retirées. «Mais seulement après la saison. L’os doit encore se ressouder», explique-t-elle. Elle doit néanmoins consulter son médecin prochainement: «Nous allons voir si quelque chose s’est cassé lors de ces derniers jours».
«Là où personne ne me connaît»
Brignone souhaite terminer la saison, avec la finale de la Coupe du monde comme objectif. Mais ce qu’elle désire le plus aujourd’hui, c’est s’éloigner du tumulte: «Partir en voyage, très loin, là où personne ne me connaît». A l’avenir, elle compte également dire plus souvent non aux demandes des médias.
Pour autant, à La Salle, dans le Val d’Aoste, tout doit rester comme avant. «Je veux être tranquille, mais aussi parler avec les gens. Comme avant, quand je n’avais pas encore ces médailles d’or».