En visite chez le hockeyeur
Dans l'intimité de Timo Meier, superstar de la NHL

Il est l'un des meilleurs joueurs de hockey du monde. Aux New Jersey Devils, Timo Meier gagne 8,8 millions par année. Comme chaque été, il est actuellement en train de se ressourcer en Suisse orientale.
Publié: 27.09.2023 à 13:30 heures
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Cet été, Timo Meier est revenu en Suisse.
Photo: Kurt Reichenbach
Thomas Kutschera

De la techno se fait entendre dans la pièce. Timo Meier est concentré, ses biceps en acier tremblent un peu. Le «kettlebell» qu'il soulève et promène à grands pas pèse 25 kilos. L'Appenzellois de 26 ans, né à Herisau, s'entraîne en salle de force cinq matins par semaine.

Depuis fin mai, pendant deux heures à chaque fois, il développe ses capacités physiques sous la direction de son préparateur athlétique Raphaël Schuler. La star alémanique du hockey sur glace a aménagé, avec plusieurs amis, une salle de sport privée dans un ancien local commercial, pas loin de Saint-Gall. L'équipement est de la plus haute qualité.

Timo Meier a marqué quarante buts la saison dernière en NHL, plus que n'importe quel autre joueur suisse dans l'histoire; il a également effectué 150 charges. «Timo est extrêmement ambitieux et déterminé», affirme son entraîneur. Le hockeyeur essuie la sueur de son front: «Je veux aller plus loin, m'améliorer. Un beau défi!» Il se marre. « Les choses simples n’ont jamais été mon truc!»

Le hockeyeur suisse le mieux payé

L'Appenzellois joue depuis 2016 en NHL, la meilleure ligue du monde, d'abord avec les Sharks de San José, sur la côte ouest, et ensuite, depuis ce mois de février, avec les Devils du New Jersey, sur la côte est. L'ailier au tir puissant a d'ailleurs signé un nouveau contrat avec la franchise de Newark au mois de juin: il va gagner 70,4 millions de dollars lors des huit prochaines années, ce qui fait une moyenne de 8,8 millions par saison. Jamais un hockeyeur suisse n'a gagné autant.

Après la signature du contrat, il s'est offert un bon souper avec ses parents Charly et Claudia. «Et je me suis acheté des chaussures de randonnée», révèle-t-il. La gestion de son argent est en partie confiée à sa maman Claudia.

Comme chaque année, Timo Meier se rend dans la région de Saint-Gall une fois que la saison de NHL est terminée, vers la fin du mois de mai. «C'est chez moi, tout simplement. Je n'ai envie de profiter de l'été nulle part ailleurs qu'ici», explique-t-il. Durant ces moments privilégiés, il vit seul chez lui à Rorschacherberg, dans un appartement avec vue sur le lac de Constance. Ses parents ont également quitté Herisau il y a six ans pour s'y installer.

Le dimanche est réservé à la famille

Chaque dimanche, les parents invitent leurs deux enfants Timo et Larissa, 30 ans, pour le repas du soir. Au menu? Des grillades, le plus souvent! De quoi faire rire le hockeyeur: «Sincèrement, qu'y a-t-il de meilleur qu'une Bratwurst de Saint-Gall?»

Mais dès le lundi, retour aux choses sérieuses et au travail. Après le passage en salle de force, il part à chaque fois sur la glace, au Centre sportif de Herisau ou sur une patinoire à Kreuzlingen. Il y retrouve parfois Philipp Kurashev (Chicago Blackhawks) et le jeune Rodwin Dionicio (Anaheim Ducks). Christian Rüegg, entraîneur de Timo Meier lorsqu'il était junior, s'implique énormément pour faire répéter aux trois hommes leurs gammes de technique de tir, de patinage, de tactique et de technique individuelle.

Le camp de juniors du SC Herisau est un rendez-vous obligatoire dans l'agenda estival de Timo Meier. Le champion passe une semaine entière au contact des joueuses et des joueurs et les prépare pour la future saison. L'athlète Simon Ehammer est passé cette année pour une heure d'autographes et de questions. «J'ai l'impression de rendre un peu de ce que j'ai appris», explique la star, qui a été éduquée au hockey sur glace jusqu'à l'âge de 14 ans dans ce qu'il appelle son «club de coeur».

«Je me réjouis toujours quand des copains viennent me rendre visite»

C'est aussi pour cela qu'il a organisé le premier tournoi de golf de charité à son nom. Cent golfeuses et golfeurs, parmi lesquels Peter Forsberg et Arno Del Curto ont répondu à son appel et sont venus à Gonten. L'événement a permis de récolter 20'000 francs pour la relève. Ses parents, ses plus grands fans, étaient bien sûr présents.

Ils sont d'ailleurs très contents que leur fils soit passé de la côte ouest à la côte est, puisqu'ils ont besoin de moins d'heures de vol pour aller le voir sur place. Ils se rendent aux Etats-Unis quatre à cinq fois par saison et apportent à leur fils du chocolat, des chips Zweifel de la fondue au fromage d'Appenzell. Leur fils a d'ailleurs un caquelon dans son appartement de location à Newark. Timo Meier rit encore. «Si j'ai mal joué, je m'envoie une plaque de chocolat. Et ça va tout de suite mieux.»

Lorsqu'il est en Suisse, son père suit les matches à la maison sur son Ipad et NHL-TV. Même ceux qui se déroulent à 3h du matin. «Et on s'appelle une à deux fois par semaine», explique Claudia, très fière de son fils. «Timo n'est pas seulement un sportif exceptionnel, c'est aussi un très bon garçon.»

Il est resté modeste et les pied sur terre

Roman Popp est d'accord. Le capitaine de la première équipe du SC Herisau est un ami d'enfance de la star de la NHL. Il explique: «Timo est resté modeste et les pieds sur terre, sympa, honnête et chaleureux.» Roman appartient au cercle d'amis avec lesquels Timo Meier passe du temps l'été. Ils peuvent chiller sur un bateau appartenant à un ami, boire une petite bière à l'Open Air de Saint-Gall. lors du concert de Macklemore (avec les chaussures de randonnée), jouer un peu au foot, aller assister à quelques combats de lutte suisse...

Et bien sûr, aller voir un match ou deux à domicile du club de football préféré de Timo Meier, le FC Saint-Gall. Il lui arrive d'ailleurs régulièrement de regarder les matches de l'équipe de Peter Zeidler en streaming depuis Newark. «Je me réjouis lorsque mes copains viennent me rendre visite».

Avant de retourner au travail et d'effectuer le long vol par dessus l'Atlantique, Timo Meier a encore des choses à faire en Suisse. Il doit encore passer au salon de coiffure de sa soeur Larissa pour se faire couper les cheveux, puis récupérer son costume de soir de match, taillé sur mesure, à Saint-Gall. Et bien sûr, il y a encore des courses à faire. «Je dois acheter de l'Appenzeller!» Pas le fromage, mais le fameux schnaps aux herbes. «Au cas où quelqu'un aurait besoin...»

Des röstis avec du lard, leur passion

Il se réjouit de retrouver ses collègues suisses Nico Hischier, Jonas Siegenthaler et Akira Schmid. A chaque fois que Timo Meier les invite dans son appartement de célibataire, la soirée débute par des röstis avec des oeufs au plat, un peu de lard, le tout suivi par les inévitables biberlis, bien sûr. Les quatre Helvètes se retrouvent également ensemble dans l'avion du club et jouent régulièrement au Uno pour passer le temps durant les vols.

Timo Meier a donc pu se maintenir en forme optimale grâce aux entraînements dans sa patrie et sait qu'il sera très attendu, dès la reprise du championnat de NHL. Pas de quoi lui faire peur, même si son statut a changé et que les attentes seront encore plus élevées. Aux Etats-Unis, il est désormais une superstar avec énormément de fans, y compris féminines.

Son objectif cette saison? Pour une fois, il laisse tomber la modestie: «La Coupe Stanley, si possible dès cette année. Je ne pense qu'à ça!»

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