«Tout est plus simple»
Christian Wohlwend et Ajoie gagnent et travaillent au calme

Avec 12 points lors des six derniers matches avant la pause de l'équipe nationale, le HC Ajoie a vécu une période faste. Cela a permis aux Ajoulots de recoller au peloton. Mais cela a surtout validé le travail du coach Christian Wohlwend et de ses hommes.
Publié: 17.11.2023 à 10:55 heures
Christian Wohlwend a vécu une période faste.
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Si l'on ne tient compte que des six derniers matches avant la pause dédiée à l'équipe nationale, le HC Ajoie est la troisième meilleure équipe de la Ligue avec 12 points. Seuls Zoug et Ambri ont fait mieux avec 13 unités au compteur. Ce rythme de deux points par match a permis aux Jurassiens de revenir dans le sillage de Kloten, 13e. Mieux, la 12e place n'est qu'à six longueurs.

Ce n'est donc pas un hasard si l'ambiance était au beau fixe en fin de semaine dernière du côté de la Raiffeisen Arena lors de l'entraînement matinal. Sur la glace, Chrisitian Wohlwend anime les exercices. Mais fait également sourire ses joueurs par ses mimiques. «Je mentirais si je te disais que les résultats n'ont aucun impact sur mon moral ainsi que sur celui de mes joueurs, a précisé d'emblée le charismatique technicien. Tu as pu le voir lors de l'entraînement. L'ambiance est excellente sur la glace.»

Pourtant, il n'a pas l'impression que l'amélioration récente est liée à un changement concret. «Nous savons qui nous sommes, poursuit-il. Nous sommes conscients de nos forces et de nos faiblesses. Cela ne change pas.» Alors qu'est-ce qui est différent? «On marque des buts», rigole-t-il. Un peu simple comme réponse? «Je ne pense pas, non. Parce que j'ai l'impression que nous ne jouons pas forcément mieux aujourd'hui que lorsque nous perdions. On a surtout plus de sang-froid devant le but adverse. Et cela change tout. Mais nous sommes restés conséquents dans notre manière de travailler.»

«J'ai trouvé fantastique de voir la manière dont tout le monde a continué de nous soutenir sans relâche. Honnêtement? Je n'avais jamais vécu cela.»Christian Wohlwend, entraîneur du HC Ajoie

Un soutien jusqu'à Davos

Était-ce difficile de rester fidèle à ce processus alors que les défaites se sont enchaînées à un rythme soutenu durant plusieurs semaines? Christian Wohlwend ne le pense pas. «Tout le monde est déjà passé par de telles séries dans le passé, précise-t-il. Le cadre n'a pas énormément changé et donc cela a permis à tout le monde de rester calme.» Et l'entourage a également fait preuve de sérénité. «J'ai trouvé fantastique de voir la manière dont tout le monde a continué de nous soutenir sans relâche. Honnêtement? Je n'avais jamais vécu cela.»

Une scène a particulièrement frappé le technicien. Le 21 octobre, Ajoie disputait un match à Davos après avoir perdu les neuf matches précédents. «Des fans sont venus nous attendre à la porte de la patinoire et nous ont encouragé en chantant. C'était incroyable.» Ce samedi, les Jurassiens avaient mis un terme à la série négative dans les montagnes grisonnes. «Cette passion nous a poussés», s'emballe Christian Wohlwend.

Malgré la récente phrase positive, l'ancien sélectionneur national M20 ne se leurre pas. Il sait que son équipe ne va probablement pas tourner à deux points par match indéfiniment. «Nous devons continuer de jouer de la bonne manière et, surtout, nous devons continuer d'avoir conscience de nos limites, précise-t-il. C'est la seule manière pour nous de nous donner chaque soir à 100%. Ajoie ne peut pas jouer à 95% et espérer gagner.»

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Le HC Ajoie va mieux depuis quelques matches.

S'il doit tirer un premier bilan de son arrivée dans le Jura, Christian Wohlwend regarde outre les résultats: «Nous savons que nous devons marquer trois buts pour avoir une réelle chance de gagner. C'est la clé. Ce qui me plaît le plus, c'est que nous sommes quasi chaque soir dans le match. Si nous avons 20% de probabilité de gagner, ce serait inquiétant. Mais ce n'est pas le cas. Et ce qui me plaît par-dessus tout – et c'était l'un de mes objectifs principaux –, c'est que nous jouons de manière compacte en défense.

«Le passé n'a pas d'importance»

Parmi les décisions prises par le coach, il y a eu celle de reléguer en tribunes l'emblématique capitaine Phil-Michael Devos. Par le passé, un tel choix avait fait grand bruit dans le Jura. Aujourd'hui? Plus vraiment. Ce d'autant plus que les résultats sont au rendez-vous. «Si je pouvais, c'est évident que je souhaiterais faire jouer tout le monde, remarque-t-il. Mais avec huit étrangers, c'est logique que deux vont être surnuméraires chaque soir.»

Comment en est-il arrivé à ce choix fort? «Nous avons beaucoup discuté avec le coaching staff. À la fin, c'est moi qui prends la responsabilité. Nous devons aligner chaque soir la meilleure équipe possible sur la glace. Eric Gelinas a été surnuméraire, TJ Brennan aussi. Si l'on regarde les joueurs à ma disposition, c'est sûr que j'ai des choix compliqués à faire. Mais je ne dois pas prendre en compte le passé. Cela n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est le match du jour et tenter d'avoir le plus de chances de gagner.»

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