Sans être un spécialiste de la chanson française, impossible de ne pas penser à «Désenchantée» en regardant les visages des internationaux suisses. Surtout ceux des anciens comme Nino Niederreiter, Roman Josi ou Leonardo Genoni.
Cette génération dorée du hockey suisse est-elle désenchantée? La question est malheureusement légitime. Au moment où Konsta Helenius a mis fin au rêve suisse durant la prolongation, plusieurs joueurs ont sans doute compris qu'ils venaient de laisser passer l'une de leurs dernières occasions de devenir champions du monde. Nino Niederreiter a ainsi récolté une cinquième médaille d'argent en championnat du monde.
Cinq finales, cinq défaites
Cinq finales en treize ans et cinq finales perdues. Même Fribourg Gottéron a fini par mettre un terme à son cycle infernal après quatre échecs sur la dernière marche. La Suisse, elle, semble condamnée à regarder ses adversaires triompher. Après la Suède, la Tchéquie et les États-Unis, voilà qu'elle a dû assister à un nouveau sacre étranger, celui de la Finlande.
Le plus cruel dans cette nouvelle médaille d'argent est qu'elle ressemble désormais à un échec. Il fut un temps où tout un pays aurait signé des deux mains pour vivre une telle déception. Pendant des décennies, atteindre une finale mondiale relevait presque du miracle. Aujourd'hui, ne pas la gagner laisse un goût amer. C'est peut-être la preuve la plus éclatante du chemin parcouru par le hockey suisse.
Difficile de garder le positif de cette situation. Personne n'a envie de lire une histoire de perdants honorables au lendemain d'une nouvelle finale envolée. Ce n'est pas le moment. Ce n'est pas le lieu. Les larmes de Roman Josi, de Nino Niederreiter ou de Leonardo Genoni méritent davantage de respect que des discours sur les progrès accomplis.
Mais lorsque les visages se seront décrispés et que les larmes auront séché, il faudra aussi se souvenir d'une chose: cette équipe a changé les standards du hockey suisse. Une médaille d'argent n'est plus célébrée comme un exploit. Elle est vécue comme une déception. Et si cela fait si mal aujourd'hui, c'est précisément parce que cette génération a élevé les ambitions du pays à un niveau jamais atteint auparavant.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | HC Davos | 52 | 71 | 117 | |
2 | HC Fribourg-Gottéron | 52 | 46 | 100 | |
3 | Genève-Servette HC | 52 | 15 | 91 | |
4 | ZSC Lions | 52 | 32 | 91 | |
5 | HC Lugano | 52 | 30 | 89 | |
6 | Lausanne HC | 52 | 18 | 85 | |
7 | Rapperswil-Jona Lakers | 52 | -4 | 81 | |
8 | EV Zoug | 52 | -19 | 75 | |
9 | SC Berne | 52 | -10 | 68 | |
10 | EHC Bienne | 52 | -22 | 67 | |
11 | SCL Tigers | 52 | -7 | 64 | |
12 | EHC Kloten | 52 | -26 | 63 | |
13 | HC Ambri-Piotta | 52 | -49 | 59 | |
14 | HC Ajoie | 52 | -75 | 42 |

