En entrant dans les bureaux de Fribourg Gottéron, on s'attend à mettre le pied dans une fourmilière en pleine effervescence à quelques jours du début de la finale. L'effervescence est présente autour du club, mais pas forcément dans les couloirs de la BCF Arena. «Nous sommes tout de même habitués aux play-off et à ces moments de stress, précise le directeur général John Gobbi, au moment de nous accueillir. Oui, il y a de l'agitation, mais tout le monde sait ce qu'il a à faire.»
Certes, mais Fribourg Gottéron est en finale pour la première fois depuis treize ans. Une récompense sportive, bien sûr. Mais aussi une question qui revient souvent en coulisses: quel est réellement l’impact d’une finale pour une organisation comme celle des Dragons? La réponse de John Gobbi est claire. «Non, ce n’est pas un game changer. Le game changer, c’est de gagner la finale.»
Contrairement à certaines idées reçues, atteindre la finale ne bouleverse pas tout. Le club ne change pas de galaxie pour autant. «Atteindre la finale fait partie d’un processus que nous avons mis en place depuis plusieurs années», précise le directeur général. Autrement dit: Fribourg ne découvre pas le haut niveau, il le construit.
Une machine qui apprend
Sur le plan organisationnel, en revanche, le saut est réel. «C’est une expérience unique pour nous. Cela fait 13 ans que nous n’avons plus joué une finale.» Dans les coulisses, tout s’accélère. «On apprend énormément de choses chaque jour», souligne John Gobbi qui cite en vrac la sécurité, la logistique de l'organisation d'une finale ou tout simplement la vente des billets et l'accueil des fans.
Mais si le club se dit prêt, c’est aussi parce qu’il a anticipé. «On était parés, car il faut planifier ce genre de situation en amont, précise-t-il. On était déjà préparés l'année dernière et celle d'avant lorsque nous avons perdu en demi-finale. Maintenant, on va voir s'il nous manque des choses ou non.» Mais à quelques jours du premier match à domicile (lundi pour l'acte II), le Tessinois de la BCF Arena est confiant: «Je pense que l'on contrôle 97 à 98% des paramètres.»
De l’argent, mais pas un jackpot
Financièrement, la finale reste une bonne affaire. Mais là aussi, nuance. «Chaque match supplémentaire est un bonus», explique John Gobbi. Chaque année, Fribourg Gottéron met au budget deux matches de play-off, ce qui équivaudrait à une élimination en quarts de finale. Avec quatre matches contre Rapperswil et trois contre Genève-Servette ainsi qu'au minimum deux contre Davos, le bonus est conséquent.
Mais l'homme de bureau refuse de trop s'enflammer. Il précise que le club peut compter sur plus de 100'000 francs de revenus nets par rencontre, notamment grâce au ticketing, au merchandising et à la restauration. Les billets, eux, augmentent à chaque tour de play-off.
Mais derrière ces recettes se cachent aussi des dépenses importantes. «Il faut relativiser: il y a aussi des coûts supplémentaires.» Sécurité renforcée, personnel accru, primes versées aux joueurs… la facture grimpe vite. Et cela rogne évidemment sur le «pactole». Conclusion: «Nous aurons un bon résultat financier, mais ce n’est pas quelque chose qui va tout changer pour Fribourg Gottéron», précise John Gobbi.
Un levier pour l’avenir
Là où la finale prend toute sa valeur, c’est dans la durée. «Jouer une finale aide dans les décisions futures du club», glisse le directeur général. Les retombées dépassent le simple bilan comptable. «Cela nous permet de continuer à investir dans le sport, les juniors et l’équipe féminine.»
Surtout, elle nourrit une ambition, celle de remporter le premier titre de l'histoire de l'organisation. «Aujourd’hui, on est à quatre matches du titre, poursuit John Gobbi. L'année dernière on était à cinq victoires. On veut se rapprocher: trois, deux, un. Être à un succès du titre et pouvoir enfin y arriver. C'est ça notre objectif.» À l'écouter, il s'agit surtout d'un changement de mentalité, plus qu’un bouleversement structurel. «Ça, c’est peut-être un game changer pour Fribourg Gottéron.»
«C'est en fin de saison que nous savons à quelle hauteur se monte la facture de la police pour la sécurité, détaille John Gobbi. Même si les tensions seront moindres face à Davos que contre Genève, nous allons garder le même dispositif de sécurité. Cela engendre des coûts.» Pour savoir ce que cette épopée va laisser sur les comptes des Dragons, il faudra attendre l'assemblée générale durant l'été, puisque Fribourg est l'un des rares clubs à être totalement transparent sur ses comptes.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | HC Davos | 52 | 71 | 117 | |
2 | HC Fribourg-Gottéron | 52 | 46 | 100 | |
3 | Genève-Servette HC | 52 | 15 | 91 | |
4 | ZSC Lions | 52 | 32 | 91 | |
5 | HC Lugano | 52 | 30 | 89 | |
6 | Lausanne HC | 52 | 18 | 85 | |
7 | Rapperswil-Jona Lakers | 52 | -4 | 81 | |
8 | EV Zoug | 52 | -19 | 75 | |
9 | SC Berne | 52 | -10 | 68 | |
10 | EHC Bienne | 52 | -22 | 67 | |
11 | SCL Tigers | 52 | -7 | 64 | |
12 | EHC Kloten | 52 | -26 | 63 | |
13 | HC Ambri-Piotta | 52 | -49 | 59 | |
14 | HC Ajoie | 52 | -75 | 42 |

