Greg Ireland est un coach stoïque. Pourtant, au moment de se présenter à Blick, on sent que la voix est quelque peu brisée. S'il l'a trop utilisée durant le match ou après, dans le vestiaire, l'histoire ne le dit pas.
Par contre, ce qui est sûr, c'est que son HC Ajoie est au bord de la falaise. Pour la troisième fois en autant de rencontres de play-out, les Jurassiens se sont inclinés face à Ambri (3-2). Pourtant, ils ont réussi une bonne prestation ce samedi à la Gottardo Arena, mais n'ont pas été récompensés. Alex Formenton les a crucifiés à quatre minutes de la troisième sirène. Dans les travées de la patinoire tessinoise, c'était un peu la soupe à la grimace côté ajoulot. Pourtant, Greg Ireland a débarqué, calme, comme toujours.
Greg, on a l'impression que c'est toujours la même chose pour Ajoie. C'est serré, mais, à la fin, ce n'est toujours pas suffisant…
Oui, je pense que c'est une bonne analyse. C'est un peu ce qu'on vient de dire dans le vestiaire. C'était un meilleur match pour nous ce soir, mais pas suffisant. On a eu quelques situations de un contre un mal gérées face à leur vitesse, et ça nous coûte la différence au final. C'est comme ça toute l'année. On est dans les duels, dans les actions, et il nous manque un but par-ci, un but par-là. Ce n'est pas une question de pointer quelqu'un du doigt. En tant qu'équipe, on doit tous donner un peu plus. Tout le monde. Les coaches, les joueurs, on est tous ensemble là-dedans. Mais ça ne change pas notre mission. On doit aller chercher un match, aller chercher une victoire et trouver ce petit plus qu'on cherche depuis le début de la saison.
Comment faire pour ne pas tomber dans la frustration et, au contraire, rester calme?
Déjà, il faut avoir du respect pour ton équipe, croire en elle et savoir de quoi elle est capable. J'ai toujours cru qu'on pouvait faire mieux. Il faut que tout le monde s'y mette. Il n'y a pas d'excuse. On savait que ce défi serait difficile, mais en même temps, on sait qu'on en est capables. On peut aller chercher un peu plus.
Sur le match de ce samedi soir, qu'est-ce que tu as particulièrement aimé chez ton équipe?
J'ai trouvé qu'on patinait bien. L'autre jour, on était statiques. Le premier match était correct. Le deuxième, je ne l'ai pas du tout aimé. On ne bougeait pas et on les laissait jouer. Ce soir, on a beaucoup mieux respecté le plan de jeu. Il y a eu des choses que j'ai dû leur rappeler entre les périodes et sur le banc, mais on patinait, on gagnait des duels ensemble. Et je pense qu'on est capables de continuer à construire là-dessus.
Si on voit plutôt le négatif, on peut penser à ce trou entre la 8e et la 12e minute. On imagine que ce n'est pas facile pour un coach de débuter un match en étant mené 2-0…
Non, on ne veut pas leur donner ce genre de buts, surtout de cette manière. C'était un match qui se joue à des détails, et on a perdu sur ces moments-là. On doit trouver le moyen d'aller chercher ces petits détails, avec plus de dureté, plus d'engagement dans les zones difficiles.
Comment tu expliques ce deuxième but, avec un Michael Joly qui a autant de facilité à pénétrer la défense?
Oui, il est passé tranquillement. Je pense qu'un de nos joueurs est parti en marquage individuel, puis quand il a voulu revenir. C'était trop tard, il était arrêté. Du coup, c'est facile pour l'attaquant de le battre parce qu'il n'est plus en mouvement. On doit mieux se soutenir, mieux se placer et respecter notre système.
Tu as une longue carrière de coach. As-tu souvent été mené 3-0 dans une série?
Oui, ça m'est arrivé. J'ai même été mené 4-1 lors d'un match 7 et j'ai réussi à l'emporter. C'était en AHL, avec Grand Rapids. On était menés contre Manitoba. On est revenus pour gagner 5-4 dans le temps réglementaire. Mais oui, j'ai déjà été mené en série. Il faut y aller petit à petit. Revenir action après action, parce que le momentum peut tourner très vite. Ça peut basculer en un instant. C'est fou comme ça va et ça vient, et il faut savoir gérer ça.
Tu sais donc ce que ça fait d'être dos au mur. Quelle est la chose principale à faire d'ici mardi?
Je pense qu'il faut rester concentrés. On dit toujours que le prochain match est le plus important. Encore plus maintenant. Donc on doit se concentrer sur ce qu'on a à faire, sur notre processus. On ne doit pas penser «Et si…». On doit se dire: pourquoi pas? Pourquoi ne pas jouer le match dont on est capables? Pourquoi ne pas mettre encore plus de focus sur notre manière de faire et continuer à avancer?
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | HC Davos | 52 | 71 | 117 | |
2 | HC Fribourg-Gottéron | 52 | 46 | 100 | |
3 | Genève-Servette HC | 52 | 15 | 91 | |
4 | ZSC Lions | 52 | 32 | 91 | |
5 | HC Lugano | 52 | 30 | 89 | |
6 | Lausanne HC | 52 | 18 | 85 | |
7 | Rapperswil-Jona Lakers | 52 | -4 | 81 | |
8 | EV Zoug | 52 | -19 | 75 | |
9 | SC Berne | 52 | -10 | 68 | |
10 | EHC Bienne | 52 | -22 | 67 | |
11 | SCL Tigers | 52 | -7 | 64 | |
12 | EHC Kloten | 52 | -26 | 63 | |
13 | HC Ambri-Piotta | 52 | -49 | 59 | |
14 | HC Ajoie | 52 | -75 | 42 |

