Davosien fils d'une légende
Claude Lemieux: «Brendan me ressemble beaucoup sur la glace»

À compter de samedi, Fribourg se frottera à Davos qui peut compter sur un Brendan Lemieux, intenable. Avant l'acte I de la finale, nous nous sommes entretenus avec le père du trublion, Claude, légende de la NHL.
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Photo: keystone-sda.ch
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Peu de joueurs peuvent dire que leur père a joué 1449 matches de NHL, remporté quatre fois la Coupe Stanley, une fois le titre de MVP des play-off et inscrit 944 points dans la plus prestigieuse ligue du monde. C'est le cas de Brendan Lemieux, attaquant du HC Davos. Claude, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est évidemment une légende du championnat nord-américain après avoir joué notamment à Montréal, New Jersey, Colorado ou encore Phoenix.

Et pour sa deuxième saison avec le HC Davos, Brendan Lemieux fait davantage honneur à ses racines et a son pedigree avec 28 points (16 buts, 12 assists) en 35 matches. Un contraste saisissant avec sa première saison chaotique (18 matches, 1 point).

«Une adaptation majeure»

Cette seconde saison bien meilleure n'étonne pas Claude, son père, avec qui nous nous sommes entretenus. «Lors de son premier championnat à Davos, il est arrivé blessé, nous confie-t-il. Il voulait à tout prix jouer la Coupe Spengler. En tant que père et ancien joueur, je n'étais pas du tout d'accord, car sa condition physique n'était pas au top. Si l'on ajoute à cela le nouveau style de jeu, les grandes patinoires, c'était tout simplement trop.»

Surtout que Brendan Lemieux a dû réapprendre à jouer une autre forme de hockey. «En NHL, il a passé 80% de son temps sur les lignes No 3 ou 4 et ne jouait qu'une dizaine de minutes par match. Il devait être très physique et se bagarrer. Avoir un rôle plus offensif comme lors de ses années juniors, c'est une adaptation majeure.»

Les miracles de la technologie

S'il est à ce point au faît du jeu de son fils, c'est parce que Claude Lemieux n'en rate pas une miette. «Avec la technologie, tout est plus simple, apprécie-t-il. Avec le décalage horaire, je ne peux pas voir tous les matches en direct, mais je les regarde en replay si nécessaire.» En plus d'une année, l'ancienne vedette de NHL a également traversé l'Atlantique à deux reprises. «Pour le voir, évidemment. Mais aussi pour rendre visite à notre petit-fils qui est né voici 13 mois. Mon épouse a d'ailleurs effectué un voyage de plus que moi.»

Si le retournement de situation est impressionnant, il n'étonne pas forcément Claude Lemieux. «C'est ce que j'imaginais au moment de le voir partir en Suisse, précise-t-il. Mais ses débuts compliqués ont ajouté une grosse dose de pression. Celle des fans, de l'organisation et des médias, bien sûr. Mais aussi la sienne. Il me ressemble beaucoup sur la glace. Il est très exigeant avec lui-même. Tout le monde l'a beaucoup aidé à progresser et il faut féliciter toutes les personnes de l'organisation.»

«Il sait aller où il faut»

Ancien joueur et désormais agent, Claude Lemieux n'a pas signé l'entente entre son fils et le HC Davos. «Avec mon agence, 4Sports, je gérais ses intérêts en Amérique du Nord, précise-t-il. Pour finaliser l'accord, c'est notre antenne suisse qui a pris le relais.» Et lorsqu'il regarde les matches, qui prend le dessus? Le papa, l'ancien joueur ou l'agent? «Un peu les trois, rigole-t-il. Mais le fait que je sois un ancien joueur, je pense que je suis bien placé pour voir les bonnes choses qu'il apporte à son équipe.»

Des messages qu'il n'hésite pas à lui faire passer si besoin. «Il sait aller où il faut pour faire la différence. Tu peux patiner loin du but et ne jamais faire la différence. C'est devant le but que tout se passe. Après les matches, il est tard pour lui. Je lui fais juste un commentaire rapide, poursuit Claude Lemieux. S'il a besoin de parler, il le fera.»

S'il devait résumer le style de jeu de son fils, Claude Lemieux utiliserait une image... culinaire. «Lorsque tu fais du bœuf bourguignon, tu ne dois pas avoir que du bœuf. Il faut aussi des légumes, des épices et des patates. Brendan, c'est le bœuf et les épices (rires).» Et qui sont les patates? L'ancien joueur pouffe: «Ce n'est pas ce que je voulais dire par cette image.»

«J'ai recommencé à jouer pour lui»

Au moment de réfléchir à quelle tournure donner à la carrière de Brendan, Claude Lemieux s'est souvenu de sa première virée helvétique. «C'était bref (ndlr 12 matches lors de la saison 2003/2004), rigole-t-il. Mais lors de mon passage en Suisse, j'ai adoré la qualité de vie. C'était une belle expérience durant six mois. Brendan avait sept ans. Mais toute la famille est tombée amoureuse du pays.» C'est en Suisse centrale que le vétéran a mis un terme à sa première carrière.

Première? Oui, car cinq ans plus tard, il a tenté un come-back en NHL après un petit passage en Chine pour se remettre en forme. «Lorsque l'on est jeune, on veut faire comme son père, se souvient-il. Mais Brendan ne m'avait pas beaucoup vu jouer. C'est en partie pour lui que je suis revenu au jeu à 43 ans. Je voulais lui donner une chance de me voir jouer sur une glace de NHL. Cela lui a également permis de voir ce qu'était la vie d'un hockeyeur professionnel.»

Et s'appeler Lemieux et être le fils de Claude, c'est un avantage? «Je pense que nous avons beaucoup de traits de personnalités en commun. Comme moi, il aime être dans l'action. Mais c'est sûr que pour lui, ce n'est pas facile, car j'ai tout de même eu une belle carrière. J'avais plus de responsabilités en 1re ou 2e ligne. Nous avons donc vécu des expériences différentes en NHL. En un sens, c'est pour cela que je suis super heureux de le voir s'épanouir et être heureux dans le hockey suisse. Là-bas, il peut se servir de son talent physique et de ses qualités devant le but.»

«J'ai raté son but décisif!»

Des qualités qui ont permis à Brendan Lemieux de marquer le but décisif lors du cinquième match de la demi-finale face à Zurich, lors de la prolongation. «Vous voulez savoir le pire? Je l'ai raté en direct (rires). J'ai eu un problème technique au début de la période et j'ai dû redémarrer mon logiciel. Au moment où l'image est réapparue, Davos célébrait son accession à la finale.»

S'en est suivi une partie de «Où est Charlie?» avec Brendan dans le rôle du personnage au t-shirt rayé. «Je le cherchais dans la pile de joueurs, rigole-t-il. Et lorsque je l'ai vu tout au milieu, je me suis dit qu'il avait marqué. Ce n'est que lors du ralenti que j'en ai eu la certitude. C'était beau de vivre ce moment en famille.»

Va-t-il venir en Suisse pour être sûr de ne plus rater les buts de son fils? «Mon épouse m'a déjà demandé si on allait venir, oui. Mais comme j'ai beaucoup de travail, cela se décidera à la dernière minute. Nous allons essayer.»

National League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
HC Davos
HC Davos
52
71
117
2
HC Fribourg-Gottéron
HC Fribourg-Gottéron
52
46
100
3
Genève-Servette HC
Genève-Servette HC
52
15
91
4
ZSC Lions
ZSC Lions
52
32
91
5
HC Lugano
HC Lugano
52
30
89
6
Lausanne HC
Lausanne HC
52
18
85
7
Rapperswil-Jona Lakers
Rapperswil-Jona Lakers
52
-4
81
8
EV Zoug
EV Zoug
52
-19
75
9
SC Berne
SC Berne
52
-10
68
10
EHC Bienne
EHC Bienne
52
-22
67
11
SCL Tigers
SCL Tigers
52
-7
64
12
EHC Kloten
EHC Kloten
52
-26
63
13
HC Ambri-Piotta
HC Ambri-Piotta
52
-49
59
14
HC Ajoie
HC Ajoie
52
-75
42
Playoffs
Barrages qualificatifs
Barrages de relégation
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