Julien, marquer un but gagnant en deuxième prolongation d’un match de finale, qu’est-ce que ça provoque à chaud?
C’est forcément quelque chose de spécial. En finale, dans un match aussi long, aussi serré, ça peut basculer d’un côté comme de l’autre. Il fallait qu’un joueur le mette, cette fois c’est tombé sur moi. Tant mieux. Mais ce que je retiens surtout, c’est le match solide qu’on a livré collectivement. On a bien commencé, on a su réagir quand il le fallait et, en prolongation, on est restés patients. On a bloqué énormément de shoots, on a aussi eu des occasions avant ce but, un poteau, ce 2 contre 0… Donc oui, il y a ce but décisif, mais il vient récompenser quelque chose de plus large.
Il y a un symbole fort à voir ce but inscrit par toi, peut-être à quelques matches de la fin de ta carrière. Tu le ressens comme ça?
Honnêtement, pas pendant l’action. Je ne me suis pas dit que c’était un moment symbolique. Dès qu’il y a une chance comme ça, il faut la prendre. C’est aussi mon rôle. Après coup, évidemment, je réalise que ce sont des instants rares. Une prolongation de finale, ce n’est pas quelque chose qui arrive tous les jours. Donc oui, ça fait partie des buts dont je me souviendrai longtemps. Mais je veux éviter de trop individualiser ce moment. Sans le travail de l’équipe pendant plus de 80 minutes, ce but n’existe pas.
Ta célébration contre le plexi avec les supporters a marqué les esprits. C’était de l’instinct pur?
Complètement. Dans ces moments-là, tu éteins un peu le cerveau. Il y avait une euphorie totale. Et il y a aussi une petite histoire derrière: un ami, Alexis Monney, était juste derrière le plexi, je l’avais repéré pendant le match. Quand j’ai marqué, j’ai naturellement sauté de ce côté-là. C’est sorti comme ça. Ces instants avec les supporters, en finale, ça devient presque irréel.
Tu dis souvent qu’un match comme ça se gagne aussi mentalement. Est-ce qu’on gagne plus qu’un point dans la série avec un succès pareil?
Le mental compte énormément, forcément. Après autant de temps sur la glace, avec toute l’énergie laissée à bloquer des tirs, à défendre, à rester concentrés, ça pèse. Gagner comme ça, à l’extérieur encore une fois, ça donne quelque chose au groupe. Mais il faut faire attention à ne pas croire qu’on a fait plus qu’un pas. On mène 2-1, rien d’autre. La série est encore longue.
Justement, vous avez gagné deux fois à Davos. Il y a quelque chose dans votre approche à l’extérieur qui fonctionne particulièrement?
On a pris certaines décisions qui nous aident, oui. Le fait de venir la veille pour arriver plus frais le jour du match, ça nous convient bien. On sent qu’on entre bien dans les rencontres ici. Mais au-delà de ça, c’est surtout une question de discipline émotionnelle. Depuis le début des play-off, on a vu que lorsque l'on commence à penser trop loin, à se projeter, à se laisser emporter par l’émotion, on s’éloigne de notre hockey. Là, on reste très concentrés sur ce qu’on doit faire.
Tu insistes justement sur le danger de penser au titre. Pourtant vous n’êtes plus qu’à deux victoires…
Oui, mais c’est exactement le piège. On sait où on en est, évidemment. On n’est pas naïfs. Mais si on commence à jouer avec cette idée en tête, on risque de perdre ce qui nous a amenés là. Moi-même, en quart de finale, je me suis surpris parfois à imaginer des choses et ça te sort du moment présent. On doit rester focus sur notre jeu, pas sur ce qu’il pourrait représenter.
Comment aborder maintenant l’acte IV à Fribourg?
D’abord récupérer, parce qu’on va rentrer presque au petit matin. Demain (ndlr jeudi) sera consacré à ça. Ensuite on regardera un peu la vidéo pour fermer ce chapitre et repartir. Dans 48 heures, ça recommence. On est dans ce rythme-là maintenant. Ce qu’il faudra surtout, c’est confirmer à la maison. Gagner ici deux fois, c’est fort. Mais cela ne prend toute sa valeur que si on protège ça vendredi.
Avec le recul, ce but est-il le plus important de ta carrière?
Il est tout en haut, oui. Une prolongation en finale après deux overtime, ça a forcément une place particulière. Mais j’espère surtout qu’il restera comme une étape importante… pas comme l’image finale. On a encore quelque chose à aller chercher.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | HC Davos | 52 | 71 | 117 | |
2 | HC Fribourg-Gottéron | 52 | 46 | 100 | |
3 | Genève-Servette HC | 52 | 15 | 91 | |
4 | ZSC Lions | 52 | 32 | 91 | |
5 | HC Lugano | 52 | 30 | 89 | |
6 | Lausanne HC | 52 | 18 | 85 | |
7 | Rapperswil-Jona Lakers | 52 | -4 | 81 | |
8 | EV Zoug | 52 | -19 | 75 | |
9 | SC Berne | 52 | -10 | 68 | |
10 | EHC Bienne | 52 | -22 | 67 | |
11 | SCL Tigers | 52 | -7 | 64 | |
12 | EHC Kloten | 52 | -26 | 63 | |
13 | HC Ambri-Piotta | 52 | -49 | 59 | |
14 | HC Ajoie | 52 | -75 | 42 |


