Dans un précédent article, nous vous demandions quel sujet vous intéressait entre trois options. Le portrait de Janis Moser a obtenu 65% d'avis favorables. Le voici donc.
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Aujourd’hui, Janis Moser est l’un des défenseurs les plus respectés de NHL. Solide, le Biennois du Lightning de Tampa Bay a également un certain flair offensif qui lui permet de s’être imposé dans l’une des meilleures équipes du prestigieux championnat nord-américain. Mais le parcours de Janis Moser n’est pas celui d’un surdoué à qui les portes de l’Amérique du Nord se sont ouvertes naturellement.
Et c’est peut-être l’une des rares différences entre lui et Roman Josi, son coéquipier… et son modèle aussi. «Quand j’étais jeune, c’était toujours lui mon idole», avoue-t-il sans rougir. Alors oui, le jeune joueur du HC Bienne se voyait bien suivre la même voie que le Bernois. «En plus on vient presque du même endroit, poursuit-il. C’est facile de s’identifier à lui.»
Pendant des années, Janis Moser a regardé Roman Josi comme un fan regarde une star. Puis comme un jeune défenseur regarde un modèle. Aujourd’hui encore, il admet presque en riant avoir bâti une partie de son jeu en observant le capitaine suisse et n’est pas surpris que l’on y voit une similitude. «Parce que j’ai tout copié, rigole-t-il. Ou alors c’est juste une coïncidence (rires). Mais le fait que j’ai regardé énormément de vidéos de lui a forcément influencé ma manière de jouer.»
Les vestiaires sont remplis de jeunes hockeyeurs qui s’identifient à Nino Niederretier et Nico Hischier. Mais rares sont ceux qui pourront suivre les traces de leurs illustres aînés. Et longtemps, Janis Moser semblait devoir suivre ce chemin. Pendant longtemps, il a joué avec une forme d’urgence silencieuse. Une urgence née d’un constat simple: il n’avait pas les mêmes aptitudes physiques que les autres. Alors il fallait compenser. Comprendre plus vite. Apprendre plus vite. S’adapter plus vite.
Le déclic vers 16 ou 17 ans
«Quand j’avais 13 ou 14 ans, j’étais très petit et très léger», se souvient. Il lui a donc fallu compenser autrement. «Mon état d’esprit était très clair. Je me disais constamment 'Tu dois faire tout ce que tu peux pour être capable de jouer avec les autres'.» Cette mentalité-là ne l’a jamais quitté. Pas même aujourd’hui. «Quand tu ne peux pas résoudre un problème par les voies conventionnelles, tu es obligé de trouver d’autres solutions.»
Mais lorsque son corps a décidé de se mettre au niveau, le déclic est arrivé pour le défenseur. «Vers 16-17 ans, j'ai eu une évolution physique. Beaucoup de choses sont devenues plus faciles. Mais le mindset était déjà installé. Je ne voulais pas le changer.» La machine était lancée.
Et c’est probablement ce qui frappe le plus chez Janis Moser: cette impression qu’il a construit sa carrière comme un artisan. Un coup de marteau après l’autre. Sans bruit. Sans énorme hype autour de lui. Mais avec une progression constante et presque méthodique.
Progression linéaire
Aujourd’hui, le Biennois de 25 ans possède des statistiques avancées qui le placent parmi l’élite dans plusieurs catégories. Un contrat lucratif de 54 millions de dollars jusqu’en 2034. Une place importante à Tampa Bay. Et un statut qui a changé jusque dans le regard des supporters suisses. Mais lorsqu’il raconte son parcours, Janis Moser ne parle ni de talent naturel ni de destin évident. Il parle surtout d’adaptation.
En Suisse, beaucoup ont eu l’impression de le voir surgir presque soudainement lors du Mondial à Bratislava en 2019, alors qu’il n’avait pas fêté ses 19 ans. Mais sa courbe ne lui a jamais semblé être exponentielle. Même lorsqu’il a explosé aux yeux du grand public. Lui, il a vu une continuité. Plus le niveau augmente et meilleur il est. «Quand il y avait un challenge, j’ai toujours voulu trouver une manière de m’adapter.»
Le mot revient constamment dans sa bouche: adaptation. S’adapter à la NHL. S’adapter aux attentes. S’adapter à un nouveau statut. S’adapter aussi à un vestiaire rempli de stars mondiales. Car aujourd’hui, Janis Moser partage le quotidien de joueurs comme Nikita Kucherov ou Victor Hedman à Tampa Bay. Et ce qu’il découvre là-bas l’a marqué.
Apprendre à gagner
«Quand tu vois les stars de près tous les jours, tu comprends pourquoi elles sont si fortes.» Le Seelandais prend un exemple concret. «De l’extérieur, tu vois une passe à l’aveugle de Kucherov et tu te dis que ça paraît facile. Mais quand tu es avec eux chaque jour, tu réalises tout le travail derrière chaque détail. Ils répètent ces gestes encore et encore à l’entraînement.»
Et comme Janis Moser intègre les informations avec une certaine aisance, tout devient possible. Il reparle de Roman Josi et de son étude frénétique des vidéos du capitaine de l’équipe de Suisse: «Tu cherches toujours des réponses, tu regardes ce qui fonctionne, comment créer certaines choses sur la glace. Et tu comprends assez vite qu’il faut observer les meilleurs. Si ça fonctionne pour lui, alors ça peut aussi fonctionner pour moi. On fait beaucoup de choses similaires, donc au final, c’est assez logique qu’on se déplace de manière similaire.»
Le passage d’Arizona à Tampa Bay l’a aussi confronté à quelque chose de nouveau: une organisation qui sait gagner. «La plus grande différence, c’est le calme. À Tampa, personne ne panique après quelques défaites. Les gens savent que si tu continues à faire les bonnes choses, ça va revenir.»
Une culture de la gagne qu’il découvre au quotidien, qu’il intèrge dans son quotidien et dans laquelle il continue d’apprendre. Car apprendre semble presque être devenu une obsession chez lui. «Je pose énormément de questions. C’est quelque chose de très simple à faire et qui peut t’apporter énormément.»
Un joueur facile à diriger
Cette curiosité permanente lui vaut d’ailleurs une solide réputation auprès des entraîneurs. Antti Törmänen disait récemment qu’il était l’un des joueurs «les plus faciles à coacher» qu’il ait connu. «C’est un joueur intelligent et sa capacité à intégrer rapidement les consignes m’a toujours épaté», nous a-t-il confié en marge des Jeux olympiques de Milan.
Le principal intéressé accueille le compliment avec pudeur. «Je pense surtout que ça vient des valeurs que mes parents m’ont données. J’ai toujours voulu être quelqu’un de facile à gérer. Pour la capacité à apprendre vite, c’est aussi une question de prédispositions que l’on a ou pas. Il faut un peu de chance, j’imagine.» À le voir réfléchir une ou deux secondes avant de répondre aux questions, on comprend très vite qu’il n’est pas en pilotage automatique lorsqu’il parle, mais qu’il intellectualise le moment pour donner une réponse intéressante ou drôle. Ou parfois les deux à la fois.
Derrière cette modestie presque systématique, le statut de Janis Moser a pourtant changé. Radicalement. En Amérique du Nord, les contrats de NHL deviennent rapidement des sujets publics. Et avec eux viennent les discussions sur l’argent, les responsabilités ou les attentes. «Tu veux toujours rester le même gars, précise-t-il. Lorsque tu arrives dans cette situation, tu réalises que ce n’est pas si simple. Mais on ne peut pas te préparer à cela. Personne ne le peut et il faut le faire soi-même.»
«Je suis de Bienne… donc j’aime les montres»
Le Biennois cherche son équilibre. «Certains joueurs veulent s’acheter plein de trucs, d’autres rien du tout. Moi, j’essaie de rester entre les deux.» Puis il avoue avoir tout de même craqué pour quelques montres après son premier gros contrat. «Je viens de Bienne… donc forcément j’aime bien les montres», sourit-il.
Mais même là, le raisonnement reste révélateur. «En t’offrant quelque chose pour te récompenser de ce que tu as accompli, cela te rappelle aussi pourquoi tu travailles autant, poursuit-il. En un sens, c’est comme une forme de motivation pour continuer à le faire à l’avenir.»
Pendant des années, Janis Moser a regardé les vidéos de Roman Josi pour comprendre comment atteindre la NHL. Aujourd’hui, quelque part en Suisse, il y a probablement un jeune défenseur qui regarde celles de Janis Moser exactement de la même manière.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Suisse | 6 | 30 | 18 | |
2 | Finlande | 6 | 22 | 18 | |
3 | Lettonie 3:0 | 7 | 3 | 12 | |
4 | Allemagne | 7 | 1 | 10 | |
5 | Autriche | 6 | -9 | 9 | |
6 | Etats-Unis | 6 | 1 | 8 | |
7 | Hongrie 0:3 | 7 | -20 | 3 | |
8 | Royaume-Uni | 7 | -28 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Canada | 6 | 19 | 17 | |
2 | Norvège 1:0 | 7 | 11 | 16 | |
3 | République Tchèque | 6 | 3 | 13 | |
4 | Slovaquie | 6 | 4 | 11 | |
5 | Suède | 6 | 9 | 9 | |
6 | Slovénie | 7 | -12 | 6 | |
7 | Danemark 0:1 | 7 | -11 | 5 | |
8 | Italie | 7 | -23 | 1 |


