Durant sa carrière, Roger Rönnberg a entraîné la majeure partie du temps en club. Il a toutefois une solide expérience du hockey international, lui qui a d'abord été analyste vidéo pour la Suède lors du Mondial en 2008 puis entraîneur assistant en 2009 et 2012. En parallèle, il était le coach principal des M20. Il a donc vu dans la peau de l’adversaire le développement du hockey suisse.
Depuis le début de saison, le coach de Fribourg Gottéron voit de l'intérieur ce qu'il se passe dans son pays d'adoption. Avant le quart de finale face à la Suède, il a évoqué cet affrontement depuis chez lui, en Scandinavie. «Je profite de mes derniers jours ici avant de revenir en Suisse en fin de semaine», précise celui qui vient de remporter le titre de champion avec Fribourg Gottéron.
Qui est favori de ce match?
«Je pense que la Suisse joue très bien. Elle évolue à un très haut niveau depuis le début du tournoi. La Suède, de son côté, n’a pas encore montré sa meilleure version. Pour gagner ce quart de finale, elle devra probablement livrer son meilleur match du Mondial.
Pour moi, c’est tout à fait correct de dire que la Suisse est favorite. Elle a eu énormément de succès ces dernières années au championnat du monde. Honnêtement, elle a même été malchanceuse de ne pas gagner l’or plus tôt. Cette équipe est devenue une candidate crédible au titre chaque année.»
La croissance du hockey suisse
«J’ai vu l’évolution du hockey suisse ces dix dernières années. C’est devenu de plus en plus fort, surtout au niveau de l’équipe nationale. Aujourd’hui, la Suisse fait clairement partie des prétendants à l’or. C'est d'ailleurs la prochaine étape pour continuer cette ascension.
Je ne peux pas parler de tout ce qui a changé puisque je n’étais pas en Suisse. Mais ce que je vois de l’extérieur, c’est une excellente structure dans le jeu et dans le coaching staff. Avec Patrick Fischer, la Suisse a longtemps eu l’une des équipes les mieux coachées du Mondial. Le même staff travaille ensemble depuis longtemps et construit année après année. Ça compte énormément et l'on voit de la continuité cette année.
Et puis il y a aussi les joueurs. Les meilleurs Suisses sont désormais très, très bons au niveau international. La Suisse a aussi eu la chance de pouvoir compter presque chaque année sur ses joueurs de NHL au Mondial. Ç'a énormément aidé.»
Le développement de Dominik Egli.
«Dominik Egli est une personne adorable et un joueur incroyable que j'ai accueilli durant une année à Frölunda. Je suis très content de le voir évoluer à ce niveau. C’est un joueur international de tout premier plan. Honnêtement, je ne suis pas surpris de sa progression.
C’est le vrai joueur d’équipe, un défenseur extrêmement talentueux. Son passage en Suède lui a fait énormément de bien. Il voulait se challenger et se développer. Il y a deux aspects dans lesquels il a énormément progressé: physiquement, où il est devenu plus fort et plus rapide grâce à un énorme travail en salle, mais aussi sur la glace.
Il voulait prouver à tout le monde qu’il pouvait être performant avec et sans le puck, qu’il n’était pas seulement un défenseur offensif. Donc non, ce n’est pas une surprise de le voir évoluer avec Roman Josi. C’est sa place. Il pense toujours à ce qui est le mieux pour l’équipe. Il est très altruiste.»
Attilio Biasca, «son» joueur à Fribourg
«Je pense qu’Attilio prend de plus en plus confiance. Il montre qu’il peut être un joueur complet, capable d’évoluer dans les deux sens de la glace. Bien sûr, il peut devenir un très bon joueur offensif, mais ce qu’il montre surtout, c’est qu’il peut avoir un impact global sur un match.
Ce tournoi lui donne de la confiance parce qu’il prouve qu’il peut jouer à ce niveau international. Et honnêtement, il a tout pour briller à ce niveau. Je suis content de le voir jouer avec Nico Hischier et Timo Meier sur une ligne très offensive.»
L'atout principal de la Suisse
«La Suisse est devenue une équipe très difficile à affronter. Les joueurs travaillent extrêmement dur dans leur système. Ils jouent vraiment comme un groupe de cinq hommes connectés les uns aux autres en permanence.
Ils ont plusieurs lignes capables de marquer, de très bons gardiens peu importe qui joue, et surtout un groupe qui évolue ensemble depuis longtemps. C’est probablement la clé. Ces joueurs se connaissent par cœur. Les relations sont fortes dans cette équipe. Cela se voit de l'extérieur.
Ils ont déjà remporté des médailles d’argent, mais maintenant le prochain objectif est clair: gagner enfin l’or. Et je pense qu’ils ont désormais cette motivation et cette faim nécessaires pour franchir la dernière étape.»
Le prodige Ivar Stenberg
«Je l'ai connu depuis très jeune à Frölunda et c'est un garçon extraordinaire. Est-ce que je suis surpris par son jeu lors de ce Mondial? Je devrais dire non et que je m'y attendais. Mais la vérité est que peu importe le stade de son développement, il m'a constamment épaté. Je le suis depuis six ou sept ans et je l’ai vu grandir depuis les juniors puis arriver chez les adultes.
Aujourd’hui, il joue déjà un championnat du monde avec la Suède. C'est fantastique. Ce qui est magnifique avec ce gamin, c’est qu’il trouve toujours un moyen de passer au niveau supérieur. À chaque étape de sa carrière, il a réussi à élever son niveau. C'est comme s'il n'avait pas de plafond.»
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Suisse | 7 | 32 | 21 | |
2 | Finlande | 7 | 20 | 18 | |
3 | Lettonie | 7 | 7 | 12 | |
4 | Etats-Unis | 7 | 4 | 11 | |
5 | Allemagne | 7 | 1 | 10 | |
6 | Autriche | 7 | -12 | 9 | |
7 | Hongrie | 7 | -24 | 3 | |
8 | Royaume-Uni | 7 | -28 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Canada | 7 | 20 | 20 | |
2 | Norvège | 7 | 11 | 15 | |
3 | République Tchèque | 7 | 2 | 13 | |
4 | Suède | 7 | 11 | 12 | |
5 | Slovaquie | 7 | 2 | 11 | |
6 | Danemark | 7 | -11 | 6 | |
7 | Slovénie | 7 | -12 | 6 | |
8 | Italie | 7 | -23 | 1 |



