Tu as souvent dit que tu espérais devenir sélectionneur le 1er juin, pas avant. Comment as-tu vécu ce basculement brutal?
C'était impossible à anticiper. Aucun scénario ne pouvait vraiment m'y préparer. Honnêtement, ce n'est pas comme ça que j'aurais voulu prendre cette équipe. Dans les premières minutes après l'annonce, il y avait énormément d'émotions, beaucoup de confusion aussi. On l'a appris au dernier moment lorsque nous étions en Slovaquie. Il a fallu très vite mettre de côté le côté émotionnel et le respect que j'ai pour Patrick Fischer pour me concentrer sur une seule chose: l'équipe.
Quels étaient tes premiers mots à l'équipe?
Je me souviens que beaucoup de choses me passaient par la tête en même temps. Tout allait très vite. À un moment, il faut accepter qu'on ne maîtrise pas le contexte et se concentrer sur son intention. La mienne était simple: aider le groupe à traverser ce moment.
Ce n'est tout de même pas l'arrivée que tu avais dû imaginer...
Dans la vie, on peut avoir peur d'une situation ou décider d'en tirer le meilleur. Moi, j'ai choisi la deuxième option. Je veux que cette équipe fasse la même chose.
Comment passe-t-on, en quelques heures, d'assistant à coach principal?
On ne «switch» pas complètement du jour au lendemain. J'étais déjà dans le staff, impliqué depuis deux ans, présent sur deux grands tournois, y compris les Jeux olympiques. Je connais l'équipe, son fonctionnement, son environnement. Cela a facilité la transition. Mais évidemment, la responsabilité change. Au final, j'ai essayé de me laisser guider par mon intention et de donner tout ce que je peux aux joueurs.
Quel a été l'état du groupe dans les jours qui ont suivi?
C'était un choc pour tout le monde. Personne n'était préparé. Comme dans toute famille, il y a eu différentes opinions, beaucoup d'émotions. Les deux premiers jours étaient plus compliqués. Puis le groupe s'est recentré sur ce qu'il peut contrôler: le travail quotidien et la glace. Aujourd'hui, je sens une équipe unie et focalisée. Ce qui m'a rassuré, c'est qu'assez vite les joueurs ont voulu revenir au hockey. On a senti une volonté collective de transformer quelque chose de difficile en énergie.
Quel jeu verra-t-on, le «hockey Fischer» ou le «hockey Cadieux»?
Je prends le meilleur de tout ce qui a été construit, mais nous resterons fidèles à nos valeurs. Cette équipe a eu du succès ces dernières années, ce n'est pas le moment de tout casser. Je ne suis pas arrivé pour faire une révolution. Il y a beaucoup de bonnes choses qui fonctionnent déjà.
C'est important cette continuité?
Oui, mais avec mes idées, mon énergie, ma passion. Ce que je peux amener, c'est ça. Mais notre identité reste basée sur la vitesse, l'intensité, le patinage. C'est pour cela que nous avons beaucoup insisté cette semaine sur l'aspect physique. On a poussé les joueurs très fort, peut-être au risque d'avoir des matches plus difficiles sur le moment, mais tout cela s'inscrit dans un plan vers le Mondial. À la fin, un système n'est jamais figé. Il dépend aussi du roster que tu as sous la main. On pourra ajuster certaines choses selon les profils disponibles, notamment avec les arrivées potentielles venues de NHL.
En quoi le rôle de sélectionneur diffère-t-il de celui de coach de club comme tu étais à Genève?
En club, c'est un projet de douze mois. Ici, ce sont des blocs très courts, et maintenant un sprint de sept semaines. Il faut apprendre et décider beaucoup plus vite. Mais l'objectif ne change pas: construire quelque chose ensemble et gagner.
Le courrier de Roman Josi demandant le retour de Patrick Fischer pourrait créer des fractures. Tu ne le crains pas?
Non. Roman m'a appelé avant que cela sorte publiquement. On en a parlé très ouvertement. Je comprends parfaitement les émotions des joueurs. Patrick a énormément apporté au hockey suisse. Les joueurs ont le droit d'exprimer cela. Nous leur demandons d'avoir des émotions sur la glace, c'est normal qu'ils en aient également en dehors. Mais cela a été fait de la bonne manière.
Lars Weibel, directeur des équipes nationales, intervient
Je veux préciser une chose. Il n'y a pas un camp pro-Fischer et un camp anti-Fischer. Il y a une équipe nationale suisse. Les joueurs veulent ce qu'il y a de mieux pour la Suisse. Et parfois, avoir des discussions franches en interne permet aussi de grandir.
Jan Cadieux enchaîne
J'ai même envie de dire que ces discussions ont renforcé certaines choses. Il y a eu beaucoup d'honnêteté dans le vestiaire, et c'est souvent là que les groupes solides se construisent.
Tu sens leur soutien aujourd'hui?
Oui. Depuis le premier jour, j'ai senti que les joueurs voulaient avancer. Nous avons eu beaucoup de discussions individuelles, plusieurs meetings d'équipe. Tout le monde partage le même objectif.
Avec tout ce contexte, quel est ton principal message au groupe?
Qu'on contrôle ce qu'on peut contrôler. C'est devenu notre ligne directrice. Il y a beaucoup de bruit autour de l'équipe, mais sur la glace, il faut garder le cap.
Une dernière question sur le cas Lian Bichsel. Est-ce que le ban est levé avec le départ de Patrick Fischer?
Il y a une suspension en vigueur jusqu'après le Mondial de cette année. C'est une décision qui n'a pas été prise par une seule personne, mais à plusieurs niveaux. Elle existe et elle s'applique.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Autriche | 0 | 0 | 0 | |
1 | Finlande | 0 | 0 | 0 | |
1 | Allemagne | 0 | 0 | 0 | |
1 | Royaume-Uni | 0 | 0 | 0 | |
1 | Hongrie | 0 | 0 | 0 | |
1 | Lettonie | 0 | 0 | 0 | |
1 | Suisse | 0 | 0 | 0 | |
1 | Etats-Unis | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Canada | 0 | 0 | 0 | |
1 | République Tchèque | 0 | 0 | 0 | |
1 | Danemark | 0 | 0 | 0 | |
1 | Italie | 0 | 0 | 0 | |
1 | Norvège | 0 | 0 | 0 | |
1 | Slovaquie | 0 | 0 | 0 | |
1 | Slovénie | 0 | 0 | 0 | |
1 | Suède | 0 | 0 | 0 |
