Billets, image, ferveur
Christian Hofstetter fait le point sur l'organisation du Championnat du monde

À un mois du Championnat du monde 2026, Christian Hofstetter détaille les derniers ajustements, l’état des ventes et les enjeux d’image autour du tournoi en Suisse.
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Christian Hofstetter est à la tête du comité d'organisation du Championnat du monde en Suisse.
Photo: TOTO MARTI
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Marcel Allemann

Christian Hofstetter, dans un mois, le championnat du monde de hockey sur glace battra déjà son plein. Tout se déroule-t-il comme prévu?
Globalement, oui. Il reste encore certains secteurs dans lesquels nous avons dû adapter la planification et sur lesquels nous travaillons actuellement d’arrache-pied pour régler les derniers détails.

Avez-vous un exemple?
La fan zone officielle de Zurich. Nous avions initialement prévu de l’installer directement à côté de l’aréna. Mais nous avons constaté que l’espace disponible sur le site était insuffisant. Nous avons donc décidé de l’éloigner légèrement. La fan zone officielle, accessible même sans billet, se trouve désormais au Juchhof et dispose de suffisamment de place pour une grande fête du hockey. Cela nous a obligés à reprendre la planification très en amont, et ce type de projet ne se met pas en place du jour au lendemain.

Qu’est-ce qui vous occupe actuellement par ailleurs?
Le fait que Fribourg, l’un des deux sites hôtes, dispute la finale des play-off. Nous prendrons possession de la patinoire le 1er mai, mais un éventuel septième match de la finale des play-off aurait lieu le 30 avril à Davos, avec une retransmission publique à Fribourg. Quelques heures plus tard, nous récupérerons les lieux à 6 heures du matin. Nous échangeons étroitement avec le club pour savoir comment gérer tout cela afin de pouvoir lancer les travaux de montage prévus.

Donc, en tant que Fribourgeois, vous n’êtes pas uniquement heureux de voir Gottéron réussir une telle saison?
Si, bien sûr. Je suis très heureux que Fribourg retrouve une finale des play-off après 13 ans. Le club a longtemps travaillé pour vivre ce moment, l’a espéré et redouté.

Où en sont les ventes de billets?
Nous sommes dans les temps. Les jours où la Suisse joue suscitent une énorme demande à Zurich, mais aussi à Fribourg. Les jours où les quatre meilleures équipes des groupes respectifs jouent, les patinoires seront pleines. La demande venue d’Autriche est également forte, et de grands groupes de supporters viendront aussi, par exemple, de Grande-Bretagne. Mais il reste toujours ponctuellement des billets disponibles pour tous les matches, y compris ceux qui se vendent bien.

Même pour les matches de la Suisse?
Justement cette semaine, cela a de nouveau été le cas. Nous avons récupéré 700 paquets issus de contingents réservés pour les nations participantes, les sponsors, l’IIHF ou d’autres partenaires. Nous avons pu les remettre en vente. Il existe différentes échéances, raison pour laquelle quelques billets reviendront régulièrement sur le marché. Je recommande donc de consulter régulièrement notre site internet ou de s’inscrire à notre newsletter. Certaines installations doivent aussi encore être réalisées dans les patinoires. Les places situées autour de ces zones ont été bloquées largement par mesure de sécurité, car nous ne voulons pas vendre des sièges depuis lesquels on ne verrait peut-être rien. Mais il est très probable que nous puissions encore en libérer lorsque nous constaterons que la vue sur la glace est garantie.

Y a-t-il aussi des matches moins attractifs pour lesquels vous devez faire venir des classes d’école afin que les tribunes n’aient pas l’air désertés?
Nous avons certains matches moins attractifs sur le papier. En plus de prix avantageux, nous avons mis sur pied un programme avec des classes d’école. Nous accueillerons environ 20’000 élèves sur les deux sites, pour lesquels nous avons pu proposer des offres attractives sur certains matches. L’écho a été très positif. Il y aura plus de classes d’école présentes au tournoi que ce que nous avions fixé comme objectif au départ.

Espérez-vous aussi en tirer un héritage durable pour le hockey sur glace?
Absolument. Pour beaucoup, ce sera un premier contact avec le hockey sur glace, et nous souhaitons naturellement que les enfants vivent une belle expérience. On verra ensuite si cela donnera naissance à de nombreuses nouvelles joueuses et de nouveaux joueurs. Mais notre ambition est de susciter chez eux un enthousiasme pour le hockey sur glace et de rendre ce premier contact très positif.

Le quart de finale du Championnat du monde de l’an dernier entre la Suisse et l’Autriche à Herning avait été un événement indigne en raison de tribunes presque vides. Vous excluez donc de telles images en Suisse?
Avec les chiffres de vente que nous avons pour les quarts de finale, je peux effectivement l’exclure. À Fribourg aussi, les quarts de finale se vendent bien, car ce sont certains des meilleurs matches que l’on peut voir lors d’un Championnat du monde. Et à Zurich, la Suisse jouera si elle se qualifie pour les quarts de finale.

La Suisse est un pays cher. Cela dissuade-t-il les supporters internationaux ou y aura-t-il un tourisme du Championnat du monde comme dans d’autres pays meilleur marché?
Il est tout à fait possible que certains supporters réfléchissent davantage à une venue au Championnat du monde en raison des prix élevés en Suisse. Mais il y a aussi de nombreux supporters qui voyagent au tournoi année après année, peu importe le lieu, et qui se sont préparés au fait que cela demandera cette année des moyens financiers un peu plus importants. Nous sommes conscients d’être un pays cher et avons essayé d’en tenir compte dans la billetterie. Par exemple en n’appliquant pas exactement les mêmes prix à Zurich et à Fribourg, et en proposant différentes catégories selon les matches. Les matches de la Suisse sont les plus chers, mais on peut par exemple assister à la rencontre Slovénie–Italie dès 9 francs pour une place debout. Nous voulons offrir à chacun la possibilité d’assister à un match du Championnat du monde.

Peut-on estimer combien de supporters viendront de l’étranger?
Nous tablons sur environ 25 à 30%, ce qui signifie que près des trois quarts des spectateurs viendront de Suisse.

Dans quelle mesure le parcours de la Nati déterminera-t-il la réussite du Championnat du monde?
Si l’équipe hôte reste longtemps dans le tournoi, l’euphorie sera d’autant plus grande. C’est pourquoi les performances de la Nati seront importantes pour le déroulement de la compétition. À partir des quarts de finale, il sera décisif de voir jusqu’où la Suisse ira.

L'équipe de Suisse a connu un scandale en raison du faux certificat de vaccination, des mensonges et du renvoi de Patrick Fischer. Quelle est l’ampleur du préjudice d’image causé au Championnat du monde?
Nous n’organisons pas le tournoi uniquement pour la Suisse, mais pour un total de 16 équipes, et nous essayons de leur offrir les meilleures conditions possibles avec la meilleure infrastructure possible. C’est la mission confiée à mon équipe, et nous nous y tenons.

Mais craignez-vous un préjudice d’image?
À l’heure actuelle, c’est difficile à dire.

Vous avez longtemps travaillé pour l’IIHF auparavant et vivez maintenant un Championnat du monde comme organisateur. Où se situe la Suisse avec ses infrastructures pour un tel événement en comparaison internationale?
Par rapport aux autres pays, il est unique que nous disputions ici les matches dans deux patinoires. Pas dans des enceintes multifonctionnelles, comme lors des éditions précédentes. Mais dans des arénas construites pour le hockey sur glace, avec des tribunes raides proches de la glace. Les équipes s’en réjouissent énormément. Nous disposons de deux bonnes patinoires avec une infrastructure solide, notamment aussi en matière de durabilité. Mais les dimensions d’un Championnat du monde sont importantes, et ces stades n’ont pas été construits en priorité pour répondre au cahier des charges d’un tel événement. Malgré cela, grâce à la collaboration avec les deux clubs et tous les partenaires concernés, nous parvenons à donner aux deux patinoires une configuration digne d’un Championnat du monde.

Vous avez vous-même été hockeyeur professionnel, capitaine de Fribourg-Gottéron durant huit ans et disputé trois finales des play-off. Qu’est-ce qui vous chagrine le plus: ne jamais avoir été champion ou ne jamais avoir pu jouer pour la Nati?
Plutôt le fait de n’avoir jamais été champion. Mais cela remonte déjà à longtemps. Je suis très reconnaissant d’avoir eu l’occasion de rester lié au hockey sur glace après ma carrière active. C’est surtout cela que je retiens, et cela en valait largement la peine, même sans titre de champion. Quant à la Nati, ce n’était pas réalisable pour moi à l’époque.

Pourquoi pas?
Pour cela, il faut être au bon endroit au bon moment. J’ai reçu une fois une convocation pour un rassemblement de la Nati, mais je me suis blessé lors du dernier match précédent la pause internationale. Ensuite, l’occasion ne s’est plus représentée.

Fribourg va-t-il enfin réussir aujourd’hui ce qu’il n’avait pas réussi à votre époque, lorsque vous disputiez des finales?
Cette saison a montré à quel point tout se joue sur peu de chose. En quart de finale contre Rapperswil, Fribourg était tout près de l’élimination, avant de battre Genève-Servette 4-1, ce que je n’aurais pas imaginé. L’équipe a les moyens d’être championne, mais impossible de savoir si elle y parviendra.

Comment passe-t-on de capitaine de Fribourg au poste de patron du comité d’organisation du Championnat du monde? Peut-être pouvez-vous donner un conseil à l’actuel capitaine de Fribourg, Julien Sprunger. Par exemple pour l'édition 2044, quand Sprunger aura alors 58 ans comme vous aujourd’hui.
Rester en bonne santé et saisir les chances qui se présentent. C’est quelque chose qui m’a marqué durant ma carrière. J’ai toujours joué dans le même club et terminé mes études en parallèle. Ensuite, sur le plan professionnel, il a aussi été important de changer parfois, de se redéfinir et de faire à nouveau ses preuves afin de continuer à progresser. Avec le recul, tout cela m’a amené là où je suis aujourd’hui.

Vous avez quitté en 2023 votre poste de directeur sportif à l’IIHF pour un mandat de trois ans lié au Championnat du monde. N’est-ce pas risqué?
Quand on reste de nombreuses années au même endroit, on est certes bien installé, mais il faut parfois aussi avoir le courage de tenter quelque chose de nouveau. C’est aussi ce que je conseillerais à Julien Sprunger, pour revenir à votre question initiale. Il faut aussi se créer soi-même ses chances et être actif. C’est comme au hockey sur glace: si tu ne tires jamais, mais que tu fais toujours une passe de plus en pensant que tu n’es pas assez bon, alors tu ne marqueras jamais.

Jusqu’à quand court votre mandat de secrétaire général du Championnat du monde et président du comité d’organisation?
Jusqu’à fin septembre.

Et après?
Ensuite, nous verrons. J’ai confiance dans le fait qu’il y aura ensuite aussi quelque chose de passionnant.

Vous avez exercé des fonctions très internationales dans vos différents postes. Pourriez-vous toutefois aussi imaginer travailler en Suisse pour un club?
C’est une option que je pourrais tout à fait envisager. Même si j’ai toujours aimé travailler à l’international. À l’IIHF, j’ai pris beaucoup de plaisir à être en contact avec différentes cultures et à travailler avec des personnes issues des domaines et des pays les plus divers.


Mondial 2026: Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Autriche
Autriche
0
0
0
1
Finlande
Finlande
0
0
0
1
Allemagne
Allemagne
0
0
0
1
Royaume-Uni
Royaume-Uni
0
0
0
1
Hongrie
Hongrie
0
0
0
1
Lettonie
Lettonie
0
0
0
1
Suisse
Suisse
0
0
0
1
Etats-Unis
Etats-Unis
0
0
0
Playoffs
Relégation
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Canada
Canada
0
0
0
1
République Tchèque
République Tchèque
0
0
0
1
Danemark
Danemark
0
0
0
1
Italie
Italie
0
0
0
1
Norvège
Norvège
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0
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1
Slovaquie
Slovaquie
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0
0
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Slovénie
Slovénie
0
0
0
1
Suède
Suède
0
0
0
Playoffs
Relégation
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