Dans la voix, il y a une maîtrise du français parfaite, un brin d'accent québécois, reste de ses années juniors mais, surtout, beaucoup d'émotions. Entraîneur de la Slovénie, Edo Terglav a réussi un exploit historique pour son tout petit pays. En venant à bout de l'Italie lors de la «finale» contre la relégation lundi soir (5-1), les Slovènes vont rester une troisième année consécutive dans l'élite du hockey mondial. «Je ne le savais même pas avant qu'un journaliste ne m'en parle hier (ndlr: dimanche), avoue le coach. Je ne réalise pas réellement.»
Il faut dire que l'exploit est retentissant pour une nation qui ne compte que 2,11 millions d'habitants mais, surtout, que 204 joueurs de hockey professionnels selon le site de l'IIHF. On y apprend également que, dans tout le pays, il n'y a que sept patinoires aux normes pour la Fédération internationale.
«Beaucoup de gens disent qu'on n'a pas beaucoup de joueurs et c'est vrai, ajoute Edo Terglav. Sauf que la passion nous caractérise. Les gars sont fiers de représenter l'équipe nationale et, en plus, c'est une chance pour eux de se montrer et d'évoluer dans une équipe professionnelle. Et c'est aussi une grande famille.» En termes de points, c'est le vétéran de 37 ans Rok Ticar qui s'est le plus mis en évidence, avec six points en sept parties.
«Je ne réalise pas»
D'ailleurs, l'enchaînement des matches a aussi pu être un problème pour la Slovénie, qui avait parfaitement entamé son tournoi et avait déjà inscrit trois points en trois rencontres, dont une victoire de prestige face à la Tchéquie. «Physiquement, ça a été dur parce que les gars en face ont l'habitude de jouer 60-70 matches à ce niveau-là. Chez nous, il n'y en a que 2-3 qui font ça.»
Pourtant, cela a suffi pour rester une année de plus dans l'élite mondiale. «Quand on est montés en 2024, c'était déjà un petit miracle, se souvient le coach de Grenoble, déjà à la tête de l'équipe nationale à l'époque. Beaucoup d'anciens ont arrêté et on n'a pas eu d'autre choix que de changer de génération. Mais là, on bat les Tchèques, on fait 6 points – ce qui nous était jamais arrivé… Je ne réalise pas.»
Ce qui tombe bien, c'est que maintenant, Edo Terglav a un an pour préparer son équipe à un nouveau Mondial, du côté de l'Allemagne cette fois. Avec un soutien de la population slovène qui se veut grandissant. «On a essayé de ne pas trop nous concentrer là-dessus, parce que ça aurait pu nous jouer des tours, admet celui qui s'est établi il y a 22 ans en France. Mais on a vraiment apprécié le fait que beaucoup de monde était derrière nous, même quand ça n'allait pas bien.» Et au final, tout est bien qui finit bien.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Suisse | 6 | 30 | 18 | |
2 | Finlande | 6 | 22 | 18 | |
3 | Allemagne | 7 | 1 | 10 | |
4 | Autriche | 6 | -9 | 9 | |
5 | Lettonie | 6 | 0 | 9 | |
6 | Etats-Unis | 6 | 1 | 8 | |
7 | Hongrie | 6 | -17 | 3 | |
8 | Royaume-Uni | 7 | -28 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Canada | 6 | 19 | 17 | |
2 | Norvège | 6 | 10 | 13 | |
3 | République Tchèque | 6 | 3 | 13 | |
4 | Slovaquie | 6 | 4 | 11 | |
5 | Suède | 6 | 9 | 9 | |
6 | Slovénie | 7 | -12 | 6 | |
7 | Danemark | 6 | -10 | 5 | |
8 | Italie | 7 | -23 | 1 |
