L'autre appel du drapeau
Louis Robin a été libéré de l'école de recrues par le coup de téléphone de Jan Cadieux

A 23 ans, Louis Robin participe à son deuxième camp avec l'équipe nationale A en ce mois de juillet réservé aux espoirs. Avec une volonté claire: donner le meilleur de lui-même, et progresser, en club comme en sélection. Et tant pis pour l'école de recrues! Interview.
Photo: keystone-sda.ch
Blick_Tim_Guillemin.png
Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Louis Robin a rejoint Davos ce lundi pour participer, pour la deuxième fois, au camp des espoirs organisé par la Fédération suisse de hockey sur glace. Sous les ordres du sélectionneur Jan Cadieux, l'ailier de 23 ans du HC Ajoie a l'occasion de se montrer aux côtés d'une trentaine d'autres jeunes joueurs. Appelé après le désistement de Théo Rochette, retenu en Amérique du Nord, le Nord-Vaudois ne cache pas sa satisfaction et sa volonté de franchir un nouveau cap après une saison 2025/26 conclue avec cinq buts et quatre assists avec le HCA. Il s'est confié à Blick à la sortie de l'entraînement, mardi à Davos.

Louis, tu as dû interrompre tes vacances ou tu étais déjà à Porrentruy?
Aucun des deux! J'étais à l'armée à Macolin, avec les sportifs d'élite. J'ai débuté l'école de recrues le 4 mai et je suis donc parti cette semaine pour rejoindre Davos. Mais ce n'était pas vraiment une surprise totale, je savais que j'étais de piquet via Julien Vauclair, qui avait eu contact avec Jan Cadieux.

Et puis, Théo Rochette n'a pas pu venir...
Exactement. Et là j'ai eu le téléphone de Jan Cadieux, qui m'a fait extrêmement plaisir.

Tu as donc rangé l'uniforme?
Presque! En fait, tout ce qui est militaire a lieu lors des trois premières semaines. Depuis là, chaque sportif s'entraîne deux fois par jour. Et maintenant, je suis en rouge et blanc.

Face au Canada (ici Tyson Hinds).
Photo: keystone-sda.ch

Ce maillot, tu le connais déjà, vu que tu as participé à ce même camp l'année dernière. Et tu le connais aussi des sélections juniors. Mais quand même: il reste spécial, non?
Complètement. C'est le maillot des A, le staff des A. L'année passée, c'était vraiment spécial. Cette année, déjà, je m'habitue, à force de faire partie de l'équipe, de retrouver mes anciens coéquipiers en jeunes. Alors, attention, je vais être sincère: quand je dis que je suis en équipe nationale A, je mets des guillemets autour du «A». Il y a quelques joueurs qui ont participé au championnat du monde, mais ce n'est pas encore la vraie équipe A.

Tu connais beaucoup de monde, déjà, non?
Ah oui, bien sûr. Mes anciens coéquipiers à Zoug, ces deux équipes nationales juniors... Oui, vraiment, je n'arrive pas dans l'inconnu.

En 2023 avec Zoug pour ses débuts en National League.
Photo: Claudio de Capitani/freshfocus

Concrètement, ça se passe comment ce stage à Davos? Que travaillez-vous?
Les séances sont majoritairement séparées entre attaquants et défenseurs. On fait de l'analyse vidéo, le staff nous montre ce que font les top joueurs comme Roman Josi, Nico Hischier ou Timo Meier. On travaille les phases de jeu de manière spécifique en défense et en attaque. Et, sur le plan de la mentalité, le staff insiste beaucoup sur le fait d'être compétitifs, de ne pas être une équipe qui soit dominée et qui subit, mais d'être une équipe de Suisse dominatrice, qui prend le jeu à son compte. On sent vraiment que cette philosophie est travaillée au quotidien.

Tu visualises où tu dois progresser pour faire partie de l'équipe, sans les guillemets cette fois?
Je suis là pour donner le meilleur de moi-même, montrer la meilleure image de moi. Jusqu'à présent, nous sommes montés trois ou quatre fois sur la glace. Mais si la question c'est de savoir si j'ai envie de revenir pour les prochains rendez-vous, la réponse est oui, bien sûr. Je suis là, j'ai l'occasion de montrer mes qualités et je veux en profiter.

Le championnat du monde en mai, ça peut être un objectif ou c'est trop ambitieux?
Que ce soit ambitieux ou pas, ce n'est pas ce qui sera déterminant. Tout peut arriver. On est au mois de juillet. Je suis là et je peux influer sur ce qui se passe pendant ce camp. Ensuite, il y aura la saison avec Ajoie. A moi d'être bon et la suite, on verra.

Tu penses que tu dois t'améliorer dans quel domaine de ton jeu?
Premièrement, améliorer mon efficacité devant le goal, pour avoir plus de responsabilités et prendre encore plus de confiance. Aller gratter des pucks devant le but, me faire mal, marquer des points. Et ensuite, trouver le bon équilibre dans mon jeu. J'ai un tempérament offensif, ce qui est normal et qui fait partie de moi. Je dois trouver la balance entre le moment où il faut prendre des risques et ne pas les prendre.

Tu avais un modèle en équipe de Suisse quand tu étais jeune?
La réponse n'est pas très originale, mais c'était Andres Ambühl, surtout qu'on a un peu le même style de jeu. Petit, droitier, qui apporte de l'énergie à chaque shift.. Il n'y a pas de meilleur exemple que lui pour un jeune qui veut progresser.

Face à la Slovaquie de Simon Groch au championnat du monde juniors en 2023.
Photo: Getty Images

Après ce stage, c'est retour à Porrentruy pour de bon cette fois...
Oui, j'ai hâte de retrouver l'équipe. C'était un été un peu particulier pour moi, puisque depuis le 4 mai, je n'ai eu que trois jours de vacances, il y a deux semaines! C'est comme ça, c'est l'école de recrues, pas de souci!

Il y a eu beaucoup de changements à Ajoie cet été. Quel regard portes-tu sur tous ces mouvements?
Je pense que c'était nécessaire et positif. Tout le monde veut la même chose: grimper au classement, progresser. J'ai suivi ça de l'extérieur, comme tout le monde, j'ai vu les départs, les arrivées, le nouveau staff... Il faut l'interpréter pour ce que c'est: un nouveau départ. Pour vivre une meilleure saison, dès cette année.

Tu es encore jeune et ce n'est pas l'heure du bilan. Mais à 23 ans, quel regard portes-tu sur ton début de carrière? Tu es parti en Amérique du Nord, tu en es revenu, tu es établi en National League, mais pas encore un joueur dominant. Où en es-tu de tes temps de passage?
Bon, concernant l'Amérique du Nord, j'allais de toute façon revenir, puisque j'étais sous contrat avec l'académie de Zoug. Mais bien sûr que quand tu es un jeune hockeyeur, tu rêves de te faire drafter en NHL, je ne vais pas dire le contraire. Cet objectif ne s'est pas réalisé, mais la vie continue. Tout n'est pas toujours allé dans le sens où je le voulais, je n'ai pas toujours trouvé les bonnes conditions sur ma route. Alors voilà, peut-être que ça prend un peu plus de temps que prévu, mais je travaille dur. Je suis confiant. Et je suis persuadé d'être sur le bon chemin.

Mentionné dans cet article
Articles les plus lus