Après l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, la Russie et la Biélorussie ont été exclues de toutes les compétitions de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF). Une décision prise sous la pression de la majorité des fédérations nationales. Officiellement, l’instance avait justifié cette exclusion par des «raisons de sécurité». La boussole morale? Disparue. Une formule peu convaincante, choisie avant tout pour éviter de froisser la Russie. Ce choix se retourne aujourd’hui contre l’IIHF puisque la Russie et la Biélorussie ont contesté cette décision et obtenu gain de cause devant la commission disciplinaire de la fédération internationale.
Faut-il désormais s’attendre à revoir la Russie et la Biélorussie sur la grande scène du hockey mondial? La situation est complexe. La semaine dernière à Zurich, l’IIHF a présenté la liste des participants au Championnat du monde M18 2027 à Duluth, aux États-Unis. La Biélorussie figure dans le tableau des équipes engagées au détriment de la Suisse, qui s’était pourtant qualifiée sportivement lors de l’édition 2026. Même si Swiss Ice Hockey ne s’est pas encore exprimée, il semble peu probable que l'histoire en reste là. Les fédérations lettone et lituanienne ont déjà annoncé qu’elles refuseraient d’affronter la Biélorussie, quelle que soit la catégorie concernée. D’autres nations devraient suivre.
Si la Russie revient, le Mondial est condamné
Et la Russie dans tout cela? L’IIHF dispose désormais d’une possibilité: invoquer la véritable raison de son exclusion, à savoir la guerre d’agression menée contre l’Ukraine. Les dirigeants de l’instance se retrouvent toutefois dans une position délicate. Dire clairement les choses risquerait d’envenimer davantage les relations avec Moscou. Car malgré les conséquences économiques du conflit, la fédération russe (RIHF) conserve une influence importante au sein de l’IIHF.
Si l’instance internationale finissait par céder et autorisait la Russie à retrouver la scène internationale, les conséquences pourraient être considérables. Dès le début de la guerre, la Suède, la Finlande et la Tchéquie ont clairement fixé leurs conditions: un retour ne pourra être envisagé qu’une fois le conflit terminé, les territoires conquis restitués et les réparations versées. Ces trois pays demandent également que tous les soutiens du régime de Vladimir Poutine soient écartés de la sphère d’influence de la fédération russe.
Continuer à détourner le regard n’est désormais plus une option pour les dirigeants du hockey international. S’ils choisissent de s’incliner devant la Russie et la Biélorussie, le Championnat du monde, dans sa forme actuelle, pourrait ne plus exister. La Suède, la Finlande et la Tchéquie ont déjà affiché une position sans ambiguïté. D’autres fédérations nationales devraient se rallier à leur camp.
