De Lausanne à Bienne
Robin Grossmann: «L'insécurité règne au LHC»

Robin Grossmann quitte le LHC après avoir résilié son contrat avec les Lions, il a signé un bail longue durée avec Bienne. Après des semaines d'incertitude à la Vaudoise aréna, il n'est pas mécontent de quitter Lausanne et son nouvel actionnariat.
Publié: 28.07.2021 à 18:16 heures
Robin Grossmann a joué trois ans avec le Lausanne HC.
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Grégory BeaudJournaliste Blick

Cela faisait partie de ces rumeurs qui circulent depuis tellement longtemps qu’on en venait à ne plus savoir si elles étaient vraies ou non. Robin Grossmann était visiblement sur le marché tout au long de la saison dernière. Mais comme souvent avec le Lausanne HC, difficile de savoir s’il s’agit d’un énième bruit de couloir infondé ou d’une vraie information. «C’est surtout au début de l’été que Petr Svoboda m’a dit qu’il ne souhaitait plus me conserver, remarque Robin Grossmann, contacté au lendemain de l’annonce de son départ à Bienne. Il m’a dit que je n’avais pas le niveau et que ce serait bien de me trouver un nouveau club.»

Le routinier de 33 ans a donc cherché une porte de sortie. Rapidement, la piste biennoise s’est matérialisée. Et, là encore, les choses ont trainé plus que de raison. Différentes sources nous ont contacté avec cette information fin juin déjà. «A cette époque, ce n’était pas fait, précise le défenseur. Mais par contre, les personnes qui vous parlent ne sont pas mal informées. Moi, j’attendais juste le feu vert de Petr Svoboda.» Un feu qui a mis du temps à passer au vert. Beaucoup de temps. «A la mi-juillet, je suis rentré de vacances et j’ai fait en sorte que les choses s’accélèrent un peu.»

Prolongation sur la table

A cet instant, la réaction de l’imprévisible Petr Svoboda l’a surpris. «Il m’a proposé un nouveau contrat d’une année, se marre l’Argovien. Et dire que quelque temps avant il me disait que je n’entrais pas dans ses plans. A n’y rien comprendre.» Une situation en tous points identique à celle vécue par Etienne Froidevaux, lui aussi parti de Lausanne pour rejoindre le Seeland. L’ancien capitaine des Lions a été mis «au placard» par l’ancienne gloire du hockey tchèque. Au moment où les contacts avec Bienne sont devenus sérieux il a reçu une proposition de contrat de deux ans. «Cela prouve l’insécurité globale qui règne à Lausanne, verbalise Robin Grossmann. Mais pour moi, c’était évident que je n’avais pas envie de vivre ce que d’autres ont vécu.»

S’il n’avait pas peur de vivre la même saison que Froidevaux en étant poussé vers la sortie, l’arrière voulait surtout une vision à long terme. «Je ne pense pas que la peur soit le bon mot, poursuit-il. Mais c’est vrai que ce qu’a vécu 'Eti' a dû être inconfortable et je ne souhaitais pas passer par-là. Raison pour laquelle j’ai cherché à m’en aller lorsque j’ai vu que, comme beaucoup de joueurs présents avant l’arrivée de Monsieur Svoboda, on ne me donnait pas forcément envie de rester.»

«Deux belles années»

Comme tous les joueurs présents avant son arrivée, Robin Grossmann a donc plus ou moins rapidement mis les voiles. Débarqué à la Vaudoise aréna en 2018, il a assisté de l’intérieur à l’arrivée du nouvel actionnariat dont Petr Svbooda est un des membres minoritaires (20% des parts). «Monsieur Svoboda, c’est comme un enfant, ironise Robin Grossmann. Quand il a un jouet, il veut celui qu’il n’a pas. Et quand tu lui enlèves celui qui est dans ses mains, il n’est pas content et veut le récupérer.» Père de deux petits garçons, le désormais joueur du HC Bienne sait de quoi il parle. «J’ai un peu d’expérience», rigole-t-il. «Lorsque tu as deux enfants, tu veux pouvoir faire des plans», poursuit-il. Martin Steinegger l’a bien compris et lui a offert un contrat de trois ans.

S’il est très satisfait de cette solution, il ne quitte pas les bords du Léman le cœur léger pour autant. «Il s’agissait de ma première expérience en Suisse romande, précise-t-il. Mes deux enfants ont grandi ici et j’ai donc un lien spécial avec cette région. Nous, les Suisses allemands, on fait des week-ends à Lausanne ou Genève, mais on ne connaît pas bien votre région.» Dans un français excellent, il poursuit: «De ces trois saisons, je garde énormément de très belles choses. J’ai vécu des moments extraordinaires. Malley 2.0 et l’ambiance si particulière de cette patinoire provisoire m’ont marqué. C’était fantastique d’atteindre les demi-finales pour la première fois de l’histoire du club. Pour faire simple, de mes trois années j’ai surtout apprécié les deux premières. Après, ce n’était plus vraiment pareil. En deux ans, tout a changé à Lausanne.»

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A Bienne, il retrouvera son pote Damien Brunner. «Sa présence là-bas a été capitale, précise-t-il. C’est le parrain de mon deuxième fils et un de mes amis les plus proches. Nous avons joué ensemble en juniors à Kloten et il m’a vraiment donné envie de le rejoindre.» Robin Grossmann va encore vivre quelque temps dans la région lausannoise. «La situation était tellement peu claire avec la direction du LHC que je n’ai pas pu prendre les devants et chercher une crèche à Bienne et un logement. On va donc faire les choses gentiment.» Il sera par contre sur la glace pour la reprise des entraînements en cette fin de semaine.

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