Avons-nous assisté à l’émergence d’un nouveau duel majeur lors des 27 derniers tours, disputés sur le sec, du Grand Prix de Miami? Ou plutôt à un passage de témoin: le champion du monde Lando Norris (McLaren-Mercedes) pourchassant celui que beaucoup voient déjà comme son successeur, le tout jeune pilote de 19 ans Kimi Antonelli (Mercedes).
Dans les tribunes, les célébrités étaient au rendez-vous — Rafael Nadal a notamment été aperçu — mais c’est Mikaela Shiffrin qui a le plus vibré : «Je veux que Kimi gagne. Il est temps que la jeunesse prenne le pouvoir!»
Et difficile de ne pas s’enthousiasmer pour le prodige italien de Bologne: après ses poles à Shanghai, Suzuka et Miami, il signe déjà ses trois premières victoires en Formule 1.
Des départs enfin maîtrisés
«Cette fois, je ne me suis pas trop raté au départ», a souri Kimi Antonelli. Après plusieurs envols manqués, son patron Toto Wolff lui avait demandé de répéter des centaines de fois les procédures d’embrayage au simulateur. «Bon… pas mille fois, mais quelques centaines. Et ça a payé.»
George Russell sous pression
Chez Mercedes, la situation devient plus délicate pour George Russell. Relégué à 20 points, le Britannique de 28 ans commence à sentir le vent tourner. La lutte pour les places d’honneur a d’ailleurs été particulièrement musclée derrière Kimi Antonelli et Lando Norris: contacts, pneus en surchauffe, manœuvres à la limite… le spectacle était total.
Charles Leclerc gâche tout
Et au cœur du chaos, Charles Leclerc. Solidement installé sur le podium, le Monégasque a tout perdu à quelques kilomètres de l’arrivée: accrochage avec Oscar Piastri, tête-à-queue, puis mur. Résultat: de troisième, il recule à la sixième place. «C’est ma faute. Mais on a tout donné», a-t-il reconnu. Comme si cela ne suffisait pas, les commissaires lui ont infligé vingt secondes de pénalité pour avoir coupé plusieurs chicanes dans le dernier tour. Verdict final: huitième place, derrière son coéquipier Lewis Hamilton et Franco Colapinto sur Alpine.
McLaren revient fort
Ferrari, qui court toujours après une victoire depuis 32 courses, conserve de justesse sa deuxième place au championnat face à McLaren (110-94). Mais la dynamique est clairement britannique, avec une voiture revue et performante à Miami. «Kimi a fait un travail incroyable. Mais aujourd’hui, on a montré qu’on était de retour dans la lutte pour le titre», a affirmé Lando Norris.
Une pluie… absente
Le départ avait été avancé de trois heures en raison d’orages annoncés. Résultat: plus de 120’000 spectateurs… et pas une goutte de pluie.
Max Verstappen en mode guerrier
Max Verstappen, lui, n’a rien lâché. Deuxième sur la grille, le Néerlandais a chuté jusqu’à la neuvième place après un tête-à-queue: «Sinon, j’aurais percuté Leclerc.» Élu pilote du jour, il s’est battu comme un damné pour remonter, dans une course rendue folle par des dépassements incessants — un véritable effet yo-yo entre les pilotes.
Après seulement cinq tours, deux incidents majeurs (Pierre Gasly en tonneau après contact avec Liam Lawson, Isack Hadjar dans le mur) ont provoqué une intervention de la voiture de sécurité.
Seul Max Verstappen en a profité pour changer de pneus gratuitement — un choix qui l’a ensuite handicapé pendant près de 50 tours. Mais avec sa combativité intacte, il arrache finalement une cinquième place, son meilleur résultat de la saison. Sa conclusion, lucide:
«Je ne suis qu’un être humain.»
Alpine en progression
Malgré l’abandon rapide de Pierre Gasly, Alpine peut se réjouir. Franco Colapinto a livré une course solide et inscrit six points précieux, héritant de la septième place après la pénalité de Leclerc. Depuis son passage aux moteurs Mercedes, l’écurie française a changé de dimension: lanterne rouge l’an dernier, elle s’affirme désormais comme la cinquième force du plateau derrière Mercedes, McLaren, Ferrari et Red Bull.