C’est la semaine des adieux pour Sauber. La quatrième plus ancienne écurie de F1, derrière Ferrari, McLaren et Williams, va disparaître. Après 33 saisons, Hinwil devient «Audi Town». Les nouveaux propriétaires allemands ne veulent plus laisser la moindre trace de Sauber.
Une chose demeure essentielle pour le fondateur Peter Sauber (82 ans): aucun pilote n’a perdu la vie au volant d’une Sauber. Ironie du sort: les trois accidents les plus graves sont survenus précisément sur les circuits où l’écurie a célébré ses plus grands succès.
Il y a d’abord eu Monaco. En 1994, Karl Wendlinger a miraculeusement survécu à un terrible crash dans la chicane du port: 19 jours de coma. Deux ans plus tard, Johnny Herbert et Heinz-Harald Frentzen signaient une 3e et une 4e place en Principauté.
Puis Montréal. En 2007, Robert Kubica a été victime d’un effroyable accident dont il est sorti par miracle. Un an après, le Polonais offrait à BMW-Sauber la seule victoire de son histoire, au Canada précisément.
Et São Paulo. En 2025, Gabriel Bortoleto a pulvérisé sa Sauber juste devant les garages. En 2019, c’est là que l’équipe avait inscrit le plus de points de l’ère récente (22): 4e place pour Kimi Räikkönen, 5e pour Antonio Giovinazzi.
Le passage le plus sombre restera sans doute une déclaration faite à Monza en 2025 par un cadre de l’équipe, longtemps resté dans l’ombre. Interrogé sur le fait que seul Blick parlait encore régulièrement de Sauber, il a répondu:
«La Suisse n’était pas importante pour nous! Et pas non plus pour les sponsors!»
Bam.
En une phrase, il balayait le soutien de dizaines de milliers de fans. Et l’ancien Credit Suisse appréciera: sans la banque (suisse...), Sauber aurait coulé il y a 25 ans.