En vue d'un huitième titre
Lewis Hamilton n'est pas dans la bonne voiture

La saison de Formule 1 bouleverse la hiérarchie attendue. Entre Mercedes dominateur, Ferrari encore frustré et McLaren en crise, la lutte pour le titre prend un tournant inattendu.
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Lewis Hamilton se réjouit de sa troisième place au GP de Chine.
Photo: Lukas Gorys
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Roger Benoit

Le critique le plus virulent des nouvelles règles, Max Verstappen, semble presque avoir déjà renoncé à la lutte pour le titre après les Grands Prix d’Australie et de Chine. Malgré l’engagement constant du quadruple champion du monde, Red Bull ne parvient toujours pas à maîtriser ses problèmes de logiciel et de moteur.

Le champion du monde McLaren au plus bas

Même l'écurie championne du monde McLaren court toujours après un résultat marquant. Quand une équipe ne peut aligner qu’une seule voiture lors de deux manches du championnat (Norris à Melbourne), la situation devient préoccupante. Et l’image de l’écurie en souffre.

Il suffit d’observer les visages des pilotes pour comprendre l’état d’esprit du moment. Au classement du championnat du monde, le pilote Haas Oliver Bearman ne compte qu’un point de retard sur McLaren. Sans la course sprint, l’écurie américaine serait même devant les pilotes argentés. Voilà à quoi ressemble aujourd’hui la nouvelle Formule 1.

Des règles qui divisent

Le nouveau règlement, aussi controversé soit-il, comptent aussi des défenseurs. «C’est vraiment un plaisir de piloter ces voitures», se réjouit le leader du championnat George Russell (Mercedes). «Avec ces voitures, on prend du plaisir. Tout se joue sur la tactique et la gestion de l’énergie. Dans la voiture, tu peux vraiment jouer avec tes adversaires», explique la star de Ferrari, Charles Leclerc.

Des adversaires? Les Italiens, nettement plus performants qu’en 2025, n’ont en réalité qu’un seul rival: Mercedes. Et après quelques escarmouches en piste, l’écurie allemande finit par prendre le large. Sans l’efficacité de son turbocompresseur au départ, Ferrari – comme cela arrive souvent après quelques tours – se retrouverait cantonné au rôle de poursuivant.

Le duel Hamilton-Leclerc

Ce qui enthousiasme les fans, c'est le duel interne chez Ferrari. Lewis Hamilton vit un troisième printemps avec l'écurie italienne et se bat comme à ses plus belles années, surtout face à Leclerc. Le patron de l’équipe, Frédéric Vasseur, l’admet: «Même si mon cœur supporte mal ces duels, il est hors de question pour moi d’envisager une consigne d’équipe».

Et tant mieux. Car ces affrontements constituent souvent le moment fort d'un Grand Prix. Et Leclerc a compris que sa domination de 2025 appartient au passé. Hamilton lui répond à chaque fois, voire attaque directement le Monégasque.

Ferrari attend toujours une victoire

Lewis Hamilton savoure cette nouvelle saison. «La course chinoise a été l’une de mes meilleures courses de ces dernières années.» Mais même une saison solide ne devrait pas suffire à le rapprocher de son grand objectif: un huitième titre mondial.

La lutte pour la couronne mondiale opposera sans doute Russell à Kimi Antonelli, tous deux chez Mercedes. Sir Lewis Hamilton a remporté six titres avec Mercedes et un avec McLaren. Mais son départ de Mercedes à la fin de 2024 apparaît aujourd’hui – on le comprend désormais – comme une erreur. Certes, le vainqueur de 104 Grands Prix est monté sur le podium à Shanghai après 26 courses disputées en rouge, une première. Mais la victoire, elle, se fait toujours attendre: Ferrari reste sur 30 courses sans succès.

Alonso et Vettel avant lui

Deux autres superstars ont connu la même frustration. Le double champion du monde Fernando Alonso, titré avec Renault, a piloté pour Ferrari de 2010 à 2014. À deux reprises, l’Espagnol a échoué de très peu dans la course au titre: une fois pour quatre points, une autre pour trois.

En 2015, Sebastian Vettel est arrivé à Maranello. L'Allemand a lui aussi terminé deux fois vice-champion du monde, mais en 2017 et 2018 il a été nettement battu par Hamilton. Avec 14 victoires, Vettel occupe la troisième place du classement des pilotes Ferrari les plus victorieux, derrière Michael Schumacher (72) et Niki Lauda (15). Alonso, lui, a offert 11 victoires à l’écurie italienne


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