Des soucis, mais deux points!
Audi prend un super départ en Formule 1, comme Sauber en 1993!

Audi a réussi ses débuts en Formule 1, tout comme Sauber l'avait fait en 1993. Mais que ce fut compliqué pour le constructeur allemand, qui a dû surmonter de très nombreux ennuis pour placer Gabriel Bortoleto à la neuvième place.
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Le grand chef d'Audi, Gernot Döllner, félicite Gabriel Bortoleto.
Photo: Lukas Gorys
Roger Benoit aus Melbourne

Gabriel Bortoleto avait déjà réussi une performance sensationnelle en se hissant dans le top 10 des qualifications. Mais juste avant de rejoindre la piste, sa voiture est tombée en panne dans la voie des stands. En roue libre, le Brésilien a dû renoncer à défendre sa position et s’est donc retrouvé dixième sans avoir pu se battre pour une meilleure place.

Le destin s’acharne

La malchance a frappé une deuxième fois l’équipe le dimanche en course. Son coéquipier Nico Hülkenberg a en effet été victime d’un problème dès le tour de formation. Battu de seulement 0,082 seconde par le Brésilien en qualifications, l’Allemand n’a même pas pu profiter de sa superbe 11e place sur la grille. Sa monoplace s’est immobilisée sur la ligne droite de départ-arrivée et les commissaires ont dû pousser la voiture numéro 27.

Un départ depuis la voie des stands aurait encore été possible. Mais le moteur Audi n’a plus redémarré. Peu après la course, l’équipe a expliqué qu’une erreur de télémétrie était à l’origine du problème, tandis que les membres du team se consolaient dans les bras les uns des autres. Quant à Nico Hülkenberg, il n’avait qu’un commentaire: «Mieux vaut ne pas me poser de questions maintenant.»

L’accolade de l’année

D’un côté la frustration, de l’autre la joie de Gabriel Bortoleto. Le jeune pilote a été chaleureusement enlacé par Gernot Döllner, directeur du groupe Audi. Une image appelée à rester dans les archives du constructeur allemand.

Gabriel Bortoleto savait pourtant que son deuxième arrêt aux stands, au 34e tour, lui avait probablement coûté la septième place qui lui semblait promise. Oliver Bearman, finalement septième avec Haas, et le sensationnel débutant Arvid Lindblad, huitième sur sa Racing Bulls, ont ainsi récupéré six et quatre points.

Audi veut aussi peser politiquement

Le directeur de l’équipe, Jonathan Wheatley, se montrait satisfait:
«Personne, ou presque, ne s’attendait à un tel début. L’équipe a été convaincante, même si la malchance nous a frappés à Melbourne. Mais nous avons tiré des enseignements de chaque incident. C’est une base solide pour la suite.»

Audi a aussi montré, en protestant contre une portion jugée dangereuse du circuit, qu’elle entend jouer un rôle dans les coulisses de la Formule 1. Ferrari, Mercedes et Red Bull, soutenus par la FIA, ont finalement refusé toute modification du règlement. Mais Audi a clairement fait comprendre qu’elle n’entend pas s’incliner devant les grandes écuries.

Trente-trois ans après l’Afrique du Sud

Le 8 mars 2026 restera donc une date historique pour Audi, dont l’équipe s’appuie encore sur de nombreux anciens collaborateurs de Sauber. Une situation qui rappelle le 14 mars 1993, lorsque Sauber avait fait ses débuts en Formule 1 en Afrique du Sud. Ce jour-là, le Finlandais JJ Lehto avait terminé cinquième derrière Alain Prost, Ayrton Senna, Mark Blundell et Christian Fittipaldi.

Peu importait alors que le chaos provoqué par la pluie n’ait autorisé que cinq voitures à terminer la course. L’essentiel était ailleurs: les débuts historiques de l’écurie suisse fondée par Peter Sauber. Celui-ci applaudit aujourd’hui avec fierté les succès de ses successeurs allemands.

La relève d’Audi brille aussi

La neuvième place de Gabriel Bortoleto n’est d’ailleurs pas la seule bonne nouvelle du week-end pour Audi. Avant le Grand Prix, le Britannique Freddie Slater (17 ans) avait déjà enthousiasmé le paddock en décrochant une surprenante deuxième place lors de la course principale de Formule 3. Le jeune pilote a rejoint l’Audi Academy de Hinwil il y a seulement un mois.

La victoire est revenue à l’Américain Ugo Ugochukwu. Après un accident, les trois derniers tours ont toutefois été disputés sous drapeau jaune, ce qui signifie qu’aucun dépassement n’était autorisé.

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