Alors que les onze écuries de Formule 1 enchaînent les tours sur les 5,412 km du circuit de Sakhir, au cœur du désert de Bahreïn, la FIA, la FOM (Formula One Management) et les équipes négocient en parallèle les derniers ajustements du règlement 2026.
L’avertissement sans détour de Max Verstappen («C’est indigne de la Formule 1. La Formule 2 est plus rapide et cela ressemble à de la Formule E sous stéroïdes») a suscité des réactions acerbes de Lando Norris et George Russell. Mais au-delà de ces échanges, les critiques se multiplient.
Alerte sur tous les fronts
À Bahreïn, la commission de la Formule 1 tente, par une série de compromis, d’éviter un fiasco au lancement de la saison. Quel sport en est réduit à tirer la sonnette d’alarme à la dernière minute, au point que les dirigeants eux-mêmes semblent pris de panique? Ira-t-on jusqu’à transformer le débat sur la compression moteur – Mercedes devant rouler avec un mélange air-carburant de 18:1 au lieu de 16:1 – en nouvelle règle?
Certes, il s’agit de la plus grande réforme technique depuis 76 ans. Côté moteurs, l’objectif était avant tout d’attirer de nouveaux constructeurs, comme Audi (Porsche s’étant retiré après un différend avec Red Bull), tout en évitant de perdre Honda, aujourd’hui engagé avec Aston Martin.
Durable? 250 francs le litre
Tout doit devenir plus durable. Le fait que le carburant «vert» nécessaire aux 300 kilomètres d’un Grand Prix soit déjà estimé à 250 francs le litre semble presque relégué au second plan.
Les équipes de pointe absorbent la facture sans sourciller, celles de fond de grille la digèrent en silence. Comme elles acceptent aussi, sans broncher, un calendrier toujours plus chargé. À partir de 2028, Barcelone et Spa n’accueilleront plus le championnat du monde qu’une année sur deux. L’Amérique, elle, conservera bien sûr ses trois courses.
Départs et dépassements sous surveillance
Les discussions actuelles portent surtout – à la demande du champion du monde McLaren – sur les départs. Le risque existe que plusieurs pilotes restent à l’arrêt, faute d’une montée en pression du turbo suffisamment rapide. Autre problème: la charge énergétique en fin de ligne droite, qui pourrait provoquer d’énormes écarts de vitesse entre ceux qui rechargent et ceux qui continuent d’accélérer. Un test de départ, mené avec huit voitures à la fin des premiers essais de Bahreïn, a d’ailleurs tourné court.
Les dépassements inquiètent tout autant. Les séances dans le désert ont montré qu’il manque souvent l’énergie nécessaire au moment voulu pour attaquer. Sans compter des différences de vitesse en ligne droite pouvant atteindre 100 km/h.
Un autre taureau vedette s’en va
Après sa «double victoire» à Bahreïn, Mercedes aborde les dernières 24 heures d’essais comme favori et leader de notre tableau de forme. Ferrari tient pour l’instant le choc, avec le plus grand nombre de kilomètres parcourus entre Barcelone et Bahreïn.
Red Bull, de son côté, se plaint ouvertement de son surpoids – un problème partagé par plusieurs équipes – et perd désormais, après vingt ans, son chef designer Craig Skinner. Que cherche exactement la nouvelle direction des Bulls ? Avec le Dr Marko, une voix appréciée à l’extérieur a déjà été écartée. Wheatley, Horner et Newey ont, eux aussi, quitté le navire.
Paul Aron reste pilote de réserve chez Audi
Chez Audi, qui a jusqu’ici traversé les journées d’essais sans encombre, l’équipe dédiée aux jeunes, au développement et aux simulateurs continue de s’étoffer. Après le super talent Freddie Slater (17 ans, GBR), l’ancien vainqueur valaisan de Formule 2 Ralph Boschung (28 ans) est sorti de sa retraite.
Le rôle de pilote de réserve reste toutefois attribué à l’Estonien Paul Aron (22 ans), déjà vu à deux reprises au volant de la Sauber lors d’essais libres en Grand Prix en 2025, à Silverstone et en Hongrie.