Il s'agit de la première orientation forte et concrète de Peter Knäbel en tant que président de l'Association suisse de football: selon les informations de Blick, l’ASF s’apprête à créer un nouveau poste clé, celui de Chief Sports Officer (CSO). Un titre aux accents de Silicon Valley, mais surtout une fonction appelée à devenir la plus influente du secteur sportif au sein de la fédération.
Le CSO sera la référence sportive suprême. Il chapeautera à la fois l’équipe nationale masculine, l’équipe nationale féminine et l’ensemble du développement du football en Suisse. Trois domaines jusqu’ici distincts qui seront désormais réunis sous une même autorité. La personne nommée reportera directement à Peter Knäbel et sera placée sur un pied d’égalité avec le secrétaire général Robert Breiter. Ce dernier, qui supervisait jusqu’ici le football féminin et le développement, transmet ces responsabilités au futur CSO et récupère en contrepartie un projet d’envergure: le «Home of Football», cette maison du football suisse, construite à Thoune, et dont il pilotera la mise en œuvre.
Une réforme structurante en deux temps
Contactée, l’ASF n’a pas souhaité commenter les informations de Blick. Mais dès fin 2025, Peter Knäbel avait esquissé les contours de cette réforme dans le rapport annuel de la fédération, évoquant une adaptation des statuts afin de «réorganiser le sport» à l’horizon 2026.
La prochaine étape est fixée au 22 mai: l’Assemblée des délégués devra valider cette évolution, permettant ensuite au comité central d’ajuster l’organisation. Le calendrier est serré. Le CSO doit être nommé avant la Coupe du monde 2026. Dans la foulée, un autre dossier majeur sera tranché : la succession de Pierluigi Tami au poste de directeur de la Nati masculine.
Ce futur directeur devra entrer en fonction au plus tard lors du rassemblement de septembre. Autant dire que les premières démarches ont déjà commencé en coulisses.
Plusieurs profils à l’étude
Selon Blick, plusieurs figures connues gravitent déjà autour de ces postes. Parmi elles, Philippe Senderos. L’ancien défenseur d’Arsenal travaille aujourd’hui à la FIFA, au sein du département «Global Football Development», sous la direction d’Arsène Wenger. Le Genevois pourrait être tenté par un rôle de CSO, davantage en adéquation avec son statut qu’un poste de directeur de la Nati.
Le nom de Diego Benaglio circule également avec insistance. L’ex-gardien international est déjà impliqué avec les M21 et siège au conseil de surveillance de Wolfsburg. Il pourrait correspondre aux deux fonctions.
Autre candidat intéressé: Stefan Wolf, ancien président de Lucerne, en quête d’un nouveau défi. Le profil de Marco Otero, aujourd’hui directeur technique de l’Espanyol Barcelone après des passages remarqués à Sion, Valence et Marseille, retient aussi l’attention. Enfin, Marinko Jurendic, passé par Zurich et Augsbourg, ou encore Daniel Stucki, récemment libéré de ses fonctions à Bâle, pourraient entrer dans la course.
Une influence jusque sur le terrain
Quelles conséquences pour la sélection? Murat Yakin n’est pas menacé à court terme: il est sous contrat. Mais la nouvelle structure va redessiner toute la hiérarchie sportive. Le futur CSO aura son mot à dire sur la nomination du directeur de la Nati, qui lui-même influencera la direction sportive de l’équipe après la Coupe du monde 2026.
En clair, la patte de Peter Knäbel ne se limitera pas aux bureaux: elle finira aussi par se refléter sur le terrain.
