Un ancien Servettien brille
«Personne ne croyait en nous et en ce FC Zurich»

Au coeur du jeu zurichois, Ousmane Doumbia surprend son monde, à l'image d'un FCZ en tête de Super League avec dix points d'avance sur YB et Bâle. Le milieu de terrain est revenu sur son parcours et cette folle saison.
Publié: 24.02.2022 à 22:21 heures
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Dernière mise à jour: 28.02.2022 à 09:44 heures
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Ugo CurtyJournaliste Blick

Une équipe de football qui gagne, c’est comme un iceberg. Pour que quelques stars brillent au soleil – souvent les buteurs d’ailleurs – beaucoup d’autres œuvrent sous la surface.

Cette saison, Zurich s’est transformé en un menaçant bloc de glace que personne n’avait vu venir et la Super League a de plus en plus l’allure d’un drôle de Titanic.

Le FCZ, miraculé à Tourbillon dimanche dernier en égalisant à la 97e minute (1-1), compte dix points d’avance sur YB et Bâle après 22 journées. Une avance inespérée au début de la saison. Le choc de dimanche entre Zurichois et Bâlois (16h30) pourrait déjà décider de l’issue de la saison.

Quatre ans à Servette

Dans l’entre-jeu du club du Letzigrund, Ousmane Doumbia est l’un de ces acteurs aussi discrets qu’essentiels pour maintenir l’équipe bien au-dessus de la ligne de flottaison. L’Ivoirien avait découvert le championnat suisse en débarquant à Servette en 2013. Après 88 matches avec le maillot grenat, il a rejoint Yverdon puis Winterthour, sans jamais évoluer au plus haut niveau.

Cette chance, il l’a saisie avec Zurich dans une équipe de talents revanchards. Dimanche après ce match nul fou à Sion, l’ancien Servettien est revenu sur son parcours sinueux et cet exercice improbable du FCZ.

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À 29 ans, le milieu de terrain joue la meilleure saison de sa carrière et le titre de champion tend les bras à son équipe. Mais chut, il ne faut pas leur en parler!

Ousmane, ce FC Zurich déjoue tous les pronostics depuis le début de la saison. Quel est votre secret?
On a vraiment un bon groupe, tout le monde est concerné, des titulaires aux remplaçants. Peu importent les faits de match, on ne veut rien lâcher, se battre jusqu’à la fin. Notre mentalité reste la même sur 90 minutes.

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Tout le monde prédisait que vous alliez vous écroulez après Noël. Est-ce que vous vous nourrissez aussi de ces critiques pour avancer?
Non, on n’en tient pas compte. Nous savons le travail effectué par toute l’équipe depuis le début de la préparation. Ce que les gens disent à l’extérieur ne nous intéresse pas. On se concentre sur nous. On verra à la fin du championnat si les analyses sur le FC Zurich auront toujours le même contenu.

Ça rigole pour Ousmane Doumbia (à droite) et le FC Zurich. L'Ivoirien a délivré quatre passes décisives cette saison.

Toutes proportions gardées, il se dégage un petit quelque chose de votre équipe qui me fait penser au Leicester champion d’Angleterre 2015-2016. Vous êtes d’accord avec cette comparaison?
C’est possible (rires). Au début de la saison, les spécialistes nous voyaient autour de la huitième place. Personne ne croyait en nous. Mais le titre n’est pas un sujet de discussion dans l’équipe. On prend chaque match comme un match de Coupe, pour grappiller des points. Cela ne sert à rien de dire qu’on veut être champion. C’est sur le terrain qu’il faut le montrer.

Quel est le rôle joué par l’entraîneur André Breitenreiter pour conserver cette mentalité et cette bonne humeur?
Le football, c’est notre métier mais on doit garder la notion de plaisir. Si tu viens au boulot sans envie, ça ne sert à rien. Le coach nourrit cette notion-là. On bosse dur, mais avec le sourire. On se chambre aussi gentiment si quelqu’un fait une erreur. Tout le monde est heureux quand le travail est bien fait. Parfois, on fait aussi des activités ensemble en dehors. Ces sorties sont plus rares ces derniers temps.

À titre personnel, vous avez enfin votre chance dans l’élite. Est-ce que vous avez eu peur de ne jamais y arriver?
Non, je n’ai jamais douté de moi. Je savais que cette chance allait finir par arriver. J’avais tout donné pour m’ouvrir les portes en Super League. Quoiqu’il arrive, je n’aurais pas eu aucun de regrets et c’est le plus important.

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On m’a dit que vous retourniez souvent à Genève. C’est vrai? C’est un endroit cher à votre cœur?
Oui, j’ai passé presque cinq ans à Genève. C’est ma première ville en Europe, elle est encore aujourd’hui un peu comme ma deuxième maison. Le français aide aussi pour y créer des attaches et j’y ai encore des potes. Même si je me sens bien à Zurich, je profite d’aller à Genève quand j’ai deux ou trois jours de congé. Cela me permet de me détendre, de me changer les idées.

Vous revoyez encore des coéquipiers de votre époque servettienne?
On s’écrit encore avec Jérémy Frick, on prend des nouvelles mais mes autres coéquipiers de l’époque ne sont plus là. Même Anthony Sauthier a quitté l’équipe.

Vous avez un rôle précieux mais dans l’ombre au milieu du terrain. Cela vous convient?
Oui, j’aime ce rôle-là, où je dois gratter des ballons, bien défendre. Je progresse aussi en jouant à côté de joueurs comme Dzemaili ou Marchesano. C’est un vrai plaisir. Si je peux amener un plus offensivement, je ne m’en prive pas mais chacun a son boulot sur le terrain.

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