Commentaire de Bastien Feller
Servette se sépare de Thomas Häberli, mais le mal est plus profond

Malgré une deuxième place en Super League, Thomas Häberli n’a jamais convaincu à la tête de Servette. Son départ illustre surtout le manque de cap d’un club qui tourne en rond estime notre journaliste Bastien Feller.
Thomas Häberli n'est plus l'entraîneur du Servette FC depuis ce lundi.
Photo: SALVATORE DI NOLFI
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Bastien FellerJournaliste Blick

Le départ de Thomas Häberli, un peu plus d'un an après son arrivée, n’a rien d’une surprise. La nouvelle se faisait même attendre depuis la claque reçue samedi à domicile face à Saint-Gall (1-4). Un match, puis un après-match lors duquel le Lucernois paraissait dépassé et sans grande lucidité ni remise en questions au moment de charger ses joueurs. Mais aussi excédé. Notamment par les questions entourant la situation des gardiens Joël Mall et Jérémy Frick, situation dans laquelle il s'est mis tout seul en décidant de ne pas décider.

Cette gestion illustre d'ailleurs bien ce qu'a été le SFC de ces douze derniers mois: un flou. Une année terne, sans vrai projet de jeu, où Servette a surtout donné l’impression de marcher sur place. Nommé pour donner de la continuité après la nomination de René Weiler comme directeur sportif, Häberli n’a jamais trouvé la formule. Et ce malgré une deuxième place au classement la saison dernière. Même si cette dernière, il faut le dire, doit bien plus à la médiocrité de la concurrence sur la saison qu'à une formation servettienne au-dessus du lot.

Les Grenat ont en effet peiné à imposer un style clair, alternant schémas tactiques et phases de jeu stériles. Malgré un effectif de qualité - même si les individualités ne progressent plus depuis longtemps -, les automatismes n’ont jamais pris. Pire: la régression a souvent été visible, notamment dans les grands rendez-vous, et le salut servettien tombait bien fréquemment d'un exploit individuel ou carrément d'un miracle.

Thomas Häberli n’a pas su insuffler l’intensité ni la créativité attendues. L'équipe a trop souvent donné l’impression d’être en mode gestion, sans identité forte, sans véritable capitaine à son bord. À ce niveau, cela ne pardonne pas.

Le licenciement est donc logique. Mais il pose une autre question: quelle direction sportive pour Servette? Car si Thomas Häberli ne s'est pas montré à la hauteur, il n'a pas non plus été aidé par les renforts venus compléter son effectif (Victory Beniangba, Joseph Nonge, Sofyane Bouzamoucha, Usman Simbakoli, Kasim Adams, ...). Le prochain choix devra être plus ambitieux – ou Servette risque de s’installer dans le ventre mou sans jamais en sortir au moment où ses cadres se font vieux.

Super League 24/25 - Championship Round
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
37
28
74
2
FC St-Gall
FC St-Gall
37
25
69
3
FC Lugano
FC Lugano
37
13
64
4
FC Sion
FC Sion
37
23
62
5
FC Bâle
FC Bâle
37
1
56
6
Young Boys
Young Boys
37
11
54
Qualifications pour la Ligue des Champions
Qualification pour la Ligue Conférence
Super League 24/25 - Relégation
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Lucerne
FC Lucerne
38
10
53
2
Servette FC
Servette FC
38
8
53
3
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
38
-14
42
4
FC Zurich
FC Zurich
38
-23
38
5
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
38
-26
33
6
FC Winterthour
FC Winterthour
38
-56
23
Barrages de relégation
Relégation
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