Marco Burch à l'interview
«Je peux me projeter plusieurs années à Genève»

Le SFC a déniché un bon renfort cet hiver en rapatriant Marco Burch en Suisse. Le défenseur central obwaldien enchaîne les bonnes performances et se projette à long terme à Genève. Entretien avec un homme convaincu d'avoir fait le bon choix en retrouvant la Suisse.
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L'Obwaldien de 25 ans a fait le bon choix pour sa carrière en rejoignant Servette cet hiver.
Photo: Martin Meienberger/freshfocus
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Steve Rouiller et Marco Burch forment la nouvelle charnière du SFC, laquelle donne entière satisfaction à Jocelyn Gourvennec depuis plusieurs semaines. Les deux hommes se complètement parfaitement et l'Obwaldien, une qualité qu'il partage avec Viola Calligaris, reprend donc le fil d'une carrière qui l'a vu ne pas s'imposer au Legia Varsovie après son départ de Lucerne à l'été 2023. Vainqueur de la Coupe de Suisse avec le FCL, son club formateur, le solide défenseur central, aujourd'hui âgé de 25 ans, espérait franchir un palier en rejoignant un club de format européen, mais il y a été victime de la concurrence.

De retour en Suisse cet hiver, à Genève plus précisément, où il s'est installé avec sa petite amie, il s'est imposé comme un titulaire indiscutable et est redevenu une valeur sûre de Super League. Sous contrat jusqu'en juin 2028, il espère bien monter encore en puissance avec le SFC au cours des prochains mois. Interview avec un homme heureux d'avoir fait le bon choix pour sa carrière au mois de janvier.

Le défenseur central a porté les couleurs du Legia Varsovie jusqu'à cet hiver.
Photo: IMAGO/RADOSLAW JOZWIAK / CYFRASPORT

Marco, alors, comment ça se passe pour toi à Servette depuis janvier?
Très bien, je te remercie! J'ai été très bien accueilli et je suis content de la manière dont les choses se passent. Même si collectivement, on est loin de ce qu'on espérait, les derniers matches prouvent que l'on progresse et qu'on est sérieux en cette fin de saison. C'est important d'être performant jusqu'au dernier match et de bien nous lancer dans la nouvelle saison.

Beaucoup de Romands vont progresser en Suisse alémanique. L'inverse est plus rare, même s'il y a de glorieux exemples bien sûr...
Ainsi va la vie! Quand la possibilité s'est présentée, je l'ai saisie et j'en suis très heureux.

Tu n'as pas hésité?
Concernant Servette, pas une seule seconde. La seule chose, c'est la langue, bien sûr. J'ai eu un peu peur qu'il y ait une barrière au début, parce que je ne parle vraiment pas très bien français. Mais beaucoup de monde parle anglais dans le vestiaire, ou même allemand. 

Mais tu apprends le français?
Oui, oui, bien sûr. Et j'ai quand même de vieux restes de l'école. Pour des interviews, ça ne suffit clairement pas. Pour le terrain et la vie de tous les jours, je progresse.

Plusieurs personnalités romandes du monde du football, comme Ludovic Magnin, parlent de différence de mentalité entre Suisse romande et alémanique. C'est un cliché?
Non, il y a quand même encore quelques différences. La plus frappante, pour moi, c'est que c'est plus tranquille ici. Je le ressens comme ça, ça ne veut pas dire que c'est une vérité absolue. En Suisse alémanique, peut-être qu'on est plus dans les émotions, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas ici. En Suisse romande, j'ai l'impression qu'on relativise un peu plus.

Aller plus haut! Marco Burch a déjà affronté son club formateur avec Servette, mais c'était à La Praille, pas encore à Lucerne. Ce sera le cas ce samedi soir.
Photo: keystone-sda.ch

Ce samedi soir, c'est le retour à Lucerne... Ton premier!
Et je m'en réjouis énormément! Je connais l'atmosphère, le stade, le vestiaire...

Mais pas le vestiaire visiteurs!
C'est vrai (rires). Ce sera bizarre d'entrer dans le stade avec un autre maillot.

Lucerne est un exemple pour toute la Suisse grâce à sa formation des jeunes joueurs. On ne va pas refaire toute la liste, tu la connais mieux que moi. Comment Servette peut-il s'en inspirer pour développer ce qui semble être son nouveau projet?
Question difficile. De mon point de vue de joueur, je peux te répondre que Mario Frick a fait un travail formidable. Il donne confiance aux jeunes et c'est primordial. Ca ne veut pas dire qu'il leur pardonne tout, bien au contraire, mais quand tu es jeune, tu dois avoir des minutes, engranger de l'expérience, te tromper, progresser, apprendre. Voilà comme je l'ai vécu. Et à Servette aussi, il y a de très très bons jeunes, avec un potentiel énorme. J'ai énormément de plaisir à travailler avec eux. Et mon conseil, il n'est pas original, mais il est important: c'est de s'entraîner dur et d'être patient. Si tu fais ces deux choses-là, et que tu as du talent, tu te donnes les chances d'y arriver.

Comment juges-tu ton printemps? Je te dis la vérité: depuis les tribunes, j'ai trouvé tes premiers matches hésitants. Et depuis, tu es impressionnant.
J'ai eu besoin d'un peu de temps pour trouver mon rythme et me réhabituer au football suisse, différent du championnat polonais. Cela peut sembler comme une excuse, mais c'est vrai. Jouer le week-end, récupérer, s'entraîner toute la semaine: j'ai retrouvé cette routine et je me sens mieux de match en match. Et puis, une chose primordiale, ce sont les automatismes. Là aussi cela peut sembler cliché, mais c'est une réalité. Et pour ça, tu as besoin de temps.

Tu parles comment avec tes coéquipiers?
J'essaie en français, mais sinon en anglais.

Mais concrètement, quand tu veux dire à Bradley Mazikou de serrer à droite, tu le lui dis comment?
En français: à droite (rires)! Mais si je dois lui expliquer quelque chose de tactique et qu'on a quelques secondes, alors je parle anglais. On se comprend très bien, ça vient naturellement.

La communication avec Bradley Mazikou, son collègue du côté gauche dans la défense du SFC, se fait en français ou en anglais.
Photo: Pius Koller

Tu l'as dit, la saison de Servette est décevante. Qu'attendre de la prochaine?
On veut être devant, tout simplement. En haut du classement.

Tu te vois ici plusieurs années?
Je me sens très bien à Genève, mais l'avenir tu ne le connais jamais. Mais oui, pour répondre clairement à ta question, je peux me projeter plusieurs années ici. 

Tu as donc fait le bon choix cet hiver?
Oui.

Et l'équipe nationale? Tu étais dans la discussion quand tu étais à Lucerne, tu as d'ailleurs plusieurs sélections et bons matches avec les M21, mais tu t'en es un peu éloigné dernièrement...
L'équipe nationale, c'est une récompense de ton travail et une conséquence de tes performances. Pas quelque chose que tu décrètes. Je suis concentré sur Servette, sur mon corps, sur mon jeu. Si tu joues à haut niveau de manière régulière, tu peux penser à l'équipe nationale. Pas avant.

Super League 24/25 - Championship Round
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
35
35
74
2
FC St-Gall
FC St-Gall
35
22
63
3
FC Lugano
FC Lugano
35
14
63
4
FC Sion
FC Sion
35
21
58
5
FC Bâle
FC Bâle
35
6
56
6
Young Boys
Young Boys
35
3
48
Qualifications pour la Ligue des Champions
Qualification pour la Ligue Conférence
Super League 24/25 - Relégation
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Lucerne
FC Lucerne
35
6
46
2
Servette FC
Servette FC
35
4
46
3
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
35
-9
42
4
FC Zurich
FC Zurich
35
-21
35
5
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
35
-28
27
6
FC Winterthour
FC Winterthour
35
-53
20
Barrages de relégation
Relégation
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