Les principes de l'entraîneur du LS
Luka Elsner lève le voile sur sa méthode, en six questions

Comment fait-il progresser ses joueurs? Quelles sont les règles internes? Comment intégrer les recrues? Comment rebondir à Bâle après le match nul face à Grasshopper? L'entraîneur du Lausanne-Sport Luka Elsner répond à toutes ces questions brûlantes.
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Le Lausanne-Sport prendra ce vendredi la route de Bâle pour y défier le FCB samedi au Parc Saint-Jacques, dès 18h. Mais partir la veille ne sera pas systématique pour les joueurs et le staff du LS cette saison. «Je suis pour que les joueurs passent du temps chez eux et dorment dans des conditions qu'ils connaissent», explique Luka Elsner. Pour les matches à Sion et à Genève, il faut donc s'attendre à un LS voyageant le jour-même, de même que pour une rencontre débutant à 20h30 à Berne par exemple. «Là oui, je ne vois pas l'intérêt de voyager un jour avant. Mais ce week-end, on ne prendra aucun risque

Partir vendredi (certains jours, on peut partir le jour du match, si par exemple on joue à 20h30 à Berne. Je suis pour que les joueurs passent du temps chez eux, dorment dans des bonnes conditions. Mais là, en plus avec le trafic, un week-end d'été, on va partir le jour d'avant tranquillement et ne prendre aucun risque», explique le Slovène.

Pour ce qui est du contingent, Souleymane N'Diaye est en phase de reprise. «On se projette sur une reprise de l'entraînement en fin de semaine prochaine», dévoile son coach. Oscar Renovales et Nicky Beloko sont eux encore loin de faire leur retour.

En ce qui concerne les recrues, le latéral gauche Thomas Cordier (PSG) a besoin de s'entraîner avec le groupe avant de postuler à une place. Le défenseur central Tyler Fredricson a lui disputé une mi-temps avec les M21 face à Saint-Etienne mercredi en amical. «Ça s'est plutôt bien passé. Il peut envisager d'intégrer le groupe prochainement», promet son entraîneur.

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Comment intégrer des jeunes venus de grands clubs?

La question:
Cette semaine, le LS a annoncé les arrivée de Tyler Fredricson (Manchester United) et de Thomas Cordier (PSG). Omar Janneh, lui, a signé en provenance de l'Atletico Madrid l'hiver dernier. Comment intégrer ces jeunes en provenance de grands clubs, avec tout ce que cela comporte?

Tyler Fredricson, nouveau défenseur central du LS, âgé de 21 ans.
Photo: @Lausanne-Sport

La réponse de Luka Elsner:
La question se pose dès le moment où on discute avec eux, bien avant la signature. On se renseigne sur leur personnalité pour être sûrs d'engager des garçons qui ont la tête sur les épaules et qui sont conscients de la situation. Ils viennent de clubs où les standards sont très élevés, c'est vrai, mais la réalité, c'est qu'ils ne se sont pas imposés dans ces clubs-là. Ils doivent lancer leur carrière et ils sont conscients que leur plateforme d'expression, c'est Lausanne, dans un championnat relevé, au sein d'un club qui a un contingent où il y a de la concurrence et où il faut s'imposer. Rien ne leur sera donné parce qu'ils viennent d'un plus grand club, ils le savent. On veut des joueurs humbles, qui comprennent où ils mettent les pieds. Tyler et Thomas sont dans cet état d'esprit.

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Comment s'intégrer soi-même à la Suisse?

La question:
Certains techniciens venus de l'étranger, comme Jocelyn Gourvennec ou Didier Tholot, s'intéressent immédiatement à la Suisse et montrent de l'intérêt pour leur nouveau championnat. D'autres, comme David Bettoni («les Valois m'ont bien accueilli» au FC Sion) ou Alain Casanova (qui parlait plusieurs jours après son arrivée à Lausanne du «petit Japonais» pour Toichi Suzuki), ont montré beaucoup moins de respect. Luka Elsner, lui, appartient à la première catégorie. Il connaît déjà les adversaires et sait tout, ou presque, de la Suisse. Comment expliquer cette différence?

Luka Elsner en personne.
Photo: Pascal Muller/freshfocus

La réponse de Luka Elsner:
Chaque entraîneur a sa propre méthode. Certains recueillent très peu d'informations sur l'adversaire, mais sont très forts pour convaincre leur joueurs qu'il ne faut avoir peur de personne et qu'il suffit de se concentrer sur ses propres qualités. Je respecte, bien sûr. Toutes les approches peuvent fonctionner, à condition de réussir à convaincre son groupe et d'appliquer une méthode cohérente. En ce qui me concerne, j'ai besoin de connaître le championnat dans lequel j'évolue, car mon rôle est de faire en sorte que mes joueurs sachent exactement à quoi s'attendre. L'objectif est qu'ils ne découvrent rien pendant la rencontre.

Alors oui, cela passe par beaucoup de travail, de préparation et de questions pour approfondir chaque détail. Je découvre la Suisse depuis un mois, c'est vrai, mais je suis à l'écoute. Je discute avec les personnes qui connaissent déjà la Super League, qu'il s'agisse du staff ou des joueurs. Je m'appuie aussi énormément sur la vidéo. Avec mon analyste et mon adjoint, nous étudions au minimum les trois derniers matches de notre adversaire. Pour Bâle, il s'agissait essentiellement de matches amicaux. Nous préparons également des vidéos individuelles sur chaque adversaire.

Alors voilà, c'est ma façon de travailler, mais ce n'est pas une recette universelle. Chacun a sa propre philosophie, dans le football comme dans la préparation des matches. Il n'existe pas de vérité absolue: ce n'est pas une science exacte.

3

Quelle sera la journée-type d'un footballeur du LS cette saison?

La question:
Chaque coach a ses propres préceptes. Certains veulent voir les joueurs tous les jours de 8h à 17h, avec le petit-déjeuner obligatoire. D'autres les libèrent volontiers en début d'après-midi. Quelle est la philosophie de Luka Elsner à ce sujet?

Olivier Custodio n'a pas besoin de conseils concernant sa nutrition. Certains de ses plus jeunes coéquipiers, sans doute un peu plus.
Photo: Pascal Muller/freshfocus

La réponse de Luka Elsner:
Pour moi, un footballeur l'est 24 heures sur 24. Même lorsqu'il se déconnecte, qu'il est avec sa famille ou qu'il profite de son temps libre, il doit garder à l'esprit l'impact de ses choix sur sa performance. Nous sommes dans un métier où rien ne peut être laissé au hasard.

Après, si vous me parlez de journée type je vous réponds surtout qu'elle dépend du moment de la semaine. Quatre jours avant un match, par exemple, les joueurs arrivent vers 8h30 et repartent entre 17h30 et 18h. Il y a une double séance, des analyses vidéo individuelles et beaucoup d'interactions avec le staff. Les journées plus légères se terminent vers 13h30 ou 14h, mais le petit-déjeuner au club est systématique. La présence est obligatoire, même si chacun est libre d'adapter son alimentation selon ses besoins. Partager les repas nous permet à la fois de contrôler un aspect de la performance et de renforcer la cohésion du groupe. Certains joueurs sont très autonomes et gèrent parfaitement leur récupération ou leur nutrition. D'autres, notamment les plus jeunes, ont besoin d'un accompagnement beaucoup plus important, ce qui est normal. Notre rôle est de nous adapter à chaque profil.

Tous les matins, nous commençons donc par un petit-déjeuner à 8h30, puis une courte séance vidéo avant l'entraînement. Ce sont des journées bien remplies. Les joueurs travaillent beaucoup, mais le staff encore plus. Les joueurs l'oublient parfois, mais chacune de leur séance de travail nécessite autant de temps de préparation en coulisses (sourire).

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Comment faire progresser individuellement un joueur?

La question:
La philosophie du LS est de repérer des jeunes joueurs à fort potentiel, de les faire progresser et de réaliser une plus-value financière, comme dernièrement avec Sékou Fofana. Luka Elsner a. été chois en partie pour sa capacité à développer ces joueurs. Comment s'y prend-il?

Karim Sow peut encore progresser sous la direction de Luka Elsner.
Photo: Pascal Muller/freshfocus

La réponse:
Il y a l'aspect collectif, indispensable. Et puis, vous le soulignez, il y a l'aspect individuel. Un axe de travail très important, c'est la vidéo. Là, par exemple, nous avons terminé tous les débriefings individuels du match contre Grasshopper.

Dans un club qui veut développer ses joueurs, c'est indispensable. Chaque joueur bénéficie d'un suivi personnalisé, que ce soit sur le plan athlétique, technique ou tactique, avec les analystes, les préparateurs physiques, le talent manager ou moi-même. Nous leur demandons beaucoup, mais je ne connais pas d'autre méthode. Si l'on veut progresser, il faut investir du temps et de l'énergie.

Aujourd'hui, entraîner des joueurs de Super League, ce n'est plus rester dans le discours général. Il faut être extrêmement précis. Les meilleurs joueurs connaissent déjà les grands principes. Ce qui les fait progresser, ce sont les détails: un placement de deux ou trois mètres, un déplacement, un timing. C'est là que le rôle du coach prend toute son importance, autant dans son exigence envers les joueurs que vis-à-vis de son propre staff.

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Comment explique-t-il la deuxième période face à GC?

La question:
Quatre jours plus tard, comment Luka Elsner explique-t-il que son équipe ait baissé d'un cran en deuxième période face à Grasshopper (1-1) samedi?

Florent Mollet et le LS ont fait match nul face à GC (1-1) en ouverture du championnat.
Photo: Pascal Muller/freshfocus

La réponse:
Nous avons baissé d'un cran après la pause, oui, mais nous n'avons surtout pas livré le match que nous souhaitions, y compris en première mi-temps. Nous aurions pu être plus performants sur l'ensemble de la rencontre, aussi bien avec les titulaires qu'avec les entrants. Je ne veux pas opposer ces deux groupes, car, pour une grande partie de nos joueurs, nous n'avons pas évolué au niveau dont nous sommes capables.

Nous avons identifié plusieurs points à améliorer: certaines phases de possession ont été très mal gérées, nous avons été moins performants à la récupération du ballon en deuxième mi-temps et nous avons connu quelques moments de déconcentration. Nous avons d'ailleurs retravaillé ces aspects à l'entraînement aujourd'hui. Ce sont tous ces petits détails, mis bout à bout, qui expliquent une prestation finalement inaboutie, même si tout n'a pas été négatif.

Nous devons tous élever notre niveau de performance et de qualité, parce que l'évidence est là: contre Grasshopper, nous n'avons pas exploité tout notre potentiel. C'est grâce à l'analyse, à la discussion et à une perception lucide de la réalité que nous pourrons continuer à progresser.

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Qu'a-t-il pensé du match du FC Bâle à Genève?

La question:
Le FC Bâle s'est imposé 1-0 à Genève samedi, en cadrant un seul tir... le penalty de la victoire! Quels enseignements le coach du LS a-t-il tiré de cette rencontre?

Philip Otele et ses jambes de feu défient le LS samedi.
Photo: Zamir Loshi/freshfocus

La réponse de Luka Elsner:
Un match intéressant à analyser, car les deux équipes se sont créé de nombreuses situations. J'ai vu une équipe de Bâle dangereuse sur coups de pied arrêtés, sur les ailes et capable de faire la différence en un contre un à tout moment, même si elle n'a pas concrétisé ses occasions. J'ai aussi vu plusieurs joueurs à qui il ne faut surtout pas laisser de temps. Avec le ballon, Bâle est capable de manipuler le bloc adverse, de l'ouvrir et de se créer beaucoup d'espaces. Même s'ils n'ont cadré aucun tir en dehors du penalty, comme vous l'avez souligné, Il ne faut surtout pas sous-estimer Bâle dans sa capacité à être dangereux offensivement. Les statistiques ne reflètent peut-être pas tout, mais leur présence dans la surface est réelle. Rien que l'occasion de Xherdan Shaqiri, sur ce petit lob venu du milieu de terrain, était très dangereuse. Ce n'était pas cadré, mais c'était tout comme. Ils se procurent également beaucoup de situations sur coups de pied arrêtés. Ils sont très dangereux, je n'apprends rien à personne. Mais je pense aussi que nous aurons des cartes à jouer et des moments où nous pourrons nous exprimer offensivement. C'est le but. On prépare bien ce match, on analyse bien ce FC Bâle et on sera prêts à répondre.

Brack Super League 2026/27
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Young Boys
Young Boys
1
2
3
2
FC Thoune
FC Thoune
1
2
3
3
FC Lugano
FC Lugano
1
1
3
3
FC St-Gall
FC St-Gall
1
1
3
5
FC Bâle
FC Bâle
1
1
3
6
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
1
0
1
6
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
1
0
1
8
FC Vaduz
FC Vaduz
1
-1
0
8
FC Zurich
FC Zurich
1
-1
0
10
Servette FC
Servette FC
1
-1
0
11
FC Sion
FC Sion
1
-2
0
12
FC Lucerne
FC Lucerne
1
-2
0
Tour final
Tour de relégation
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