Cette fois c'est certain, même si ce n'est pas encore mathématique, Servette ne terminera pas la saison dans le top six. Pire: le club genevois semble destiné à lutter jusqu'à l'ultime journée pour son maintien dans l'élite. Jocelyn Gourvennec et ses joueurs doivent ainsi désormais activer le mode survie.
Car ce qu'ils ont montré mardi à Winterthour (1-1), après le nul sans relief face à Sion samedi soir (0-0), peut laisser craindre un funeste destin. Face à la lanterne rouge de Super League, les Servettiens, qui ont enchaîné un cinquième match nul de suite, n'ont montré que peu d'envie. Battus dans la plupart des duels (95 perdus, 49 gagnés), dépassé au milieu et en défense, sans idée sur le plan offensif à onze contre onze et à onze contre dix (deux tirs cadrés contre la pire défense de l'hisoire de la Super League). Les Grenat ne doivent leur salut, il faut le dire, qu'à l'expulsion de Mirlind Kryeziu peu après l'heure de jeu. Alors même que Winterthour venait d'ouvrir la marque, de façon méritée, et continuait d'exercer une certaine pression sur le but de Joël Mall.
«Pas suffisamment réguliers»
«Quand on va chez le dernier, tout le monde pense qu’il suffit de rentrer sur le terrain avec le maillot de Servette et que ça va passer comme ça. Sauf que quand vous regardez les matches, Winterthour a battu Lausanne, aurait pu ou dû battre Lugano. Ils ont résisté une mi-temps contre Thoune. Contre Saint-Gall, ils auraient dû gagner en fin de match. Et donc, vous savez que oui, ils sont derniers, mais qu’il y a de la qualité», tempère Jocelyn Gourvennec, avant de pointer du doigt, à juste titre, les manquements de son équipe.
«On n’a pas été suffisamment réguliers dans le match pour espérer plus. On prend encore un but sur une dinguerie et ça nous plombe. Ce sont des choses qu’on ne voyait plus. Là, ce n’est même pas une production de l’adversaire. C’est pire qu’un cadeau», peste-t-il. Cette fois-ci, une incompréhension entre Steve Rouiller et Yoan Severin a permis à Roman Buess d'ouvrir la marque. Symptomatique d'une équipe en manque de confiance. Mais aussi de repère tant les changements sont fréquents dans le onze de base. Sur le plan du choix des hommes et sur celui du système à adopter entre défense à trois et à quatre.
Les Grenat devront élever le niveau
«Ce n’est pas du tâtonnement. Quand on manque de régularité et que les performances individuelles fluctuent d’une semaine à l’autre, il faut stimuler les joueurs. Là, on a aussi dû s’adapter à l’absence de nos deux milieux qui jouent tout le temps, David Douline et Timothé Cognat. On est dans l’adaptation permanente», explique le coach breton, qui est apparu très frustré, presque sans solution, durant la rencontre, le long de la ligne de touche et sur son banc.
«Je fais ce que j’ai à faire. Je suis dans les matches, je vis mes matches, je pousse à mon niveau. On a changé trois fois de système ce soir pour stimuler l’équipe, s’adapter au contexte. Quand ils se retrouvent à dix, il faut à nouveau changer. On est dans l’adaptation en permanence. Il faut être très réactif et je pense l'être. La niaque, je l’ai, mais je ne peux plus jouer, je ne peux plus mettre de coup franc, je ne peux plus mettre de corner. J’aimerais encore avoir 30 ans, 32 ans, pouvoir faire des belles passes. Donc j’aide à ma manière, j’essaie de pousser, tout comme le staff.»
Appel au «peuple grenat»
Samedi, pour la venue du FC Zurich (18h), Servette devrait à nouveau présenter un visage différent. Timothé Cognat et David Douline seront de retour de suspension et retrouveront leur place dans l’entrejeu. Florian Ayé, buteur à la Schützenwiese, pourrait lui aussi être remis de sa maladie («Il était à 50%»). Ablie Jallow devrait également revenir, après avoir manqué le déplacement à Winterthur en raison de la naissance de son enfant. Yoan Severin, sorti blessé, pourrait en revanche être absent.
Dans un stade de la Praille qui s’annonce moins rempli que d’habitude en raison de la fermeture de la Tribune nord, les Grenat devront élever le niveau face à un autre adversaire direct du bas de tableau. Monter le ton tant dans le jeu que dans la détermination. Capitaine de l’équipe, Steve Rouiller refuse toutefois de céder à la panique. «Il faut rester positif et garder la tête haute. Si on commence à lâcher, tout le monde va suivre ce mouvement. Ce n’est pas ce qu’il nous faut. On se parle beaucoup entre nous. On sait ce qu’on fait de mal et de bien. Même si c’est difficile avec ces matches nuls et cette position au classement, l’équipe est toujours là, prête à se battre pour sortir la tête de l’eau», assure le défenseur central, qui lance un appel aux supporters servettiens.
«J’espère qu’ils seront derrière nous, même dans les moments compliqués. Ils doutent forcément, parce qu’ils voient que ce n’est pas l’équipe des saisons précédentes. Je demande le soutien de tout le peuple grenat. Je comprends que certains ne soient pas contents de faire le déplacement pour voir des matches comme ça. À nous de renverser la tendance pour retrouver de la sérénité d’ici la fin de saison.» Si tant est que ce soit encore possible.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 27 | 33 | 64 | |
2 | FC St-Gall | 27 | 20 | 50 | |
3 | FC Lugano | 27 | 11 | 46 | |
4 | FC Bâle | 27 | 6 | 43 | |
5 | FC Sion | 27 | 9 | 41 | |
6 | Young Boys | 27 | 3 | 39 | |
7 | FC Lucerne | 27 | 2 | 33 | |
8 | FC Zurich | 27 | -14 | 31 | |
9 | FC Lausanne-Sport | 27 | -4 | 30 | |
10 | Servette FC | 28 | -7 | 30 | |
11 | Grasshopper Club Zurich | 27 | -12 | 24 | |
12 | FC Winterthour | 28 | -47 | 15 |

