Jocelyn Gourvennec a redressé le Servette FC. Le technicien breton a trouvé la bonne formule pour ses Grenat, qui terminent bien la saison et disputent face à Lucerne une partie décisive pour la septième place. Très loin de l'objectif de départ, certes, mais le SFC de ce printemps est séduisant, avec seize buts marqués sur ces cinq derniers matches et une qualité de jeu qui fait plaisir à voir. C'est vrai, les adversaires ne sont pas les plus forts, ni les plus motivés, dans ce tour de relégation, mais il n'empêche: le SFC d'avril n'a rien à voir avec celui souffreteux du début de saison.
«Notre saison est particulière, reconnaît l'entraîneur du Servette FC. La deuxième partie est bien plus convaincante, elle l’est devenue au fur et à mesure. Et aujourd’hui on a une équipe qui marche bien. L’équipe montre un beau visage, il y a du jeu, on est structurés défensivement, on est beaucoup plus efficaces défensivement qu’avant. Et on est beaucoup plus menaçants, on pose des problèmes à nos adversaires», assure l'entraîneur du SFC, lequel fait de la victoire à Lucerne ce samedi un objectif clair. Les Grenat veulent terminer premiers du tour de relégation afin de valider leurs progrès et d'envoyer un message clair au reste de la Suisse: ils seront prêts dès le mois de juillet pour faire mieux.
Bien finir... et bien recommencer
Jocelyn Gourvennec doit donc jongler entre un objectif concret, finir septième, et la préparation de la saison prochaine. Pour autant, il fera encore jouer des éléments en fin de contrat ou susceptibles de s'en aller. «En tant que coach, tu dois être capable de scinder les choses. La fin de saison est importante, tout comme réfléchir à la saison prochaine. La priorité aujourd'hui, c'est qu'on finisse bien le travail. Il y aura des mouvements dans l'effectif, c'est inévitable, mais on doit aujourd'hui penser à bien finir avec celui-ci.»
Le Breton de 54 ans s'est engagé pour deux saisons, plus une en option, avec le Servette FC, et à aucun moment, dans son discours ou dans ses actes, il ne donne l'impression d'être de passage. Très respectueux du football suisse, il ne le voit pas comme une solution d'interim avant de rejoindre un championnat de meilleur niveau. Et il le prouve en faisant débuter de très nombreux jeunes, comme s'il était là pour de nombreuses années. Lui, l'entraîneur qui a disputé la Champions League avec Lille se projette-il donc à long terme dans le championnat de Suisse?
La Champions League, pas une priorité
«Je me considère encore jeune, même si j'ai déjà une petite expérience, répond-il avec honnêteté. J’ai vécu plusieurs choses dans le football et je sais que la priorité pour moi, c’est désormais d’avoir une qualité de travail, avec des joueurs qui sont réceptifs et veulent progresser. Ce qui compte pour moi aujourd'hui, c'est d'oeuvrer au quotidien dans un club qui travaille de manière cohérente, où il y a de l’ambition, un public qui est ambitieux aussi, qui veut voir du beau jeu. C’est tout ça qui m’intéresse aujourd’hui dans mon métier.»
Et le niveau? «J’ai déjà joué la Champions League, j’ai gagné des matches à ce niveau et je sais ce que c’est. Ce n’est pas la condition pour être heureux en tant qu’entraîneur. Pouvoir être heureux en tant qu’entraîneur, c’est pouvoir faire mon job comme je l’entends, partager les choses avec les gens de mon club, prendre du plaisir au quotidien avec le staff et avec les joueurs. C’est ça ma priorité. Bien sûr, j’ai envie d’aller le plus haut possible et j’espère que ce sera avec Servette. Mais je sais qu’on peut aussi être plus haut et ne pas être heureux. Chacun met les priorités où il veut. En tout cas moi, j’ai le sentiment d’être à ma place ici et j’ai envie que ça continue.»
Lilian Njoh «victime» de ce Servette FC qui tourne bien
S'il a fait progresser l'équipe sur le plan collectif et tactique, Jocelyn Gourvennec n'a pas fait que des heureux sur le chemin, ce qui est normal. Un entraîneur ne peut pas faire jouer tout le monde et l'un des perdants de la bonne forme actuelle du SFC s'appelle Lilian Njoh. Avec neuf passes décisives, le joueur de couloir gauche a réalisé une bonne saison et il était un titulaire indiscutable sur le côté gauche du Servette FC. Mais il n'a plus débuté un match depuis le 15 mars et cette défaite à Bâle, la dernière en date des Grenat.
«C'est malheureux pour Lilian, parce qu'il n'est pas moins performant, assure le technicien. L'arrivée de Junior Kadile et la bonne forme de Bradley Mazikou, qui a élevé son niveau de jeu dernièrement, font qu'il joue moins. Il est victime du fait que l'équipe marche bien. Je lui l'ai dit, il ne faut pas qu'il cogite. Il est déçu, c'est normal, mais vu que l'équipe tourne bien, il a moins d'espace pour s'exprimer. Il reste trois matches, peut-être qu'il aura l'occasion de se montrer.» Plus globalement, comment Jocelyn Gourvennec gère-t-il les frustrations par rapport au temps de jeu?
Plusieurs éléments, notamment offensifs, n'ont droit qu'à des bouts de match dernièrement, comme Samuel Mraz, Jérémy Guillemenot ou Giotto Morandi. «Il faut être humain, garder le lien. Un joueur qui joue moins, mais qui s'entraîne bien, il ne faut pas hésiter à le féliciter. C'est ce que j'essaie de faire.» Mais le sport professionnel est par nature frustrant.
Il devrait y avoir une hiérarchie au but
En vue de la saison prochaine, justement, le Servette FC a déjà enregistré une décision importante en officialisant le départ de Joël Mall. «Il nous quitte à un an de la fin de son contrat, à sa demande. Le club a accepté pour services rendus», précise Jocelyn Gourvennec, lequel ne veut pas encore se prononcer sur la future constellation des gardiens de but genevois.
Jérémy Frick sera là, Léo Besson potentiellement de retour de prêt du SLO, mais rien ne dit qu'un numéro 1 ne débarquera pas. Mais si tel devait être le cas, alors ce portier mystère devrait être bien plus fort que Jérémy Frick, ce qui ne se trouve pas partout en Suisse. Car Jocelyn Gourvennec le dit clairement, il ne veut pas revivre ce qui lui a été imposé par René Weiler, à savoir une situation de concurrence entre deux gardiens de profil et de niveau similaire.
«C'est mieux pour tout le monde que dans un club il y ait un numéro 1 clairement établi. C'est mieux pour les gardiens, pour l'entraîneur des gardiens, pour l'équipe et pour moi», assure-t-il. Une conférence de presse prévue en début de semaine avec John Williams sera peut-être l'occasion d'en savoir plus. Ou en tout cas de poser la question.
Timothé Cognat et Dylan Bronn de retour mardi contre le LS?
Ce samedi, Servette sera privé de Joël Mall, Yoan Severin, Jamie Atangana et de Téo Allix, tous en phase de réathlétisation après leurs blessures. «Timothé Cognat et Dylan Bronn ne seront pas non plus à disposition, mais nous espérons les récupérer pour mardi et la réception du Lausanne-Sport», explique Jocelyn Gourvennec.
S'agira-t-il du dernier match du génial milieu de terrain français à la Praille? Si oui, il est à espérer pour lui qu'il puisse au moins fouler la pelouse quelques minutes, lui qui a demandé un bon de sortie pour cet été et dont le souhait premier est de quitter le club après huit ans d'excellence. Loun Srdanovic est lui suspendu. Dommage pour le latéral droit qui manque une occasion d'enchaîner les minutes sur son côté, lui qui a été freiné par de nombreuses absences cette saison.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 35 | 35 | 74 | |
2 | FC St-Gall | 35 | 22 | 63 | |
3 | FC Lugano | 35 | 14 | 63 | |
4 | FC Sion | 35 | 21 | 58 | |
5 | FC Bâle | 35 | 6 | 56 | |
6 | Young Boys | 35 | 3 | 48 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Lucerne | 35 | 6 | 46 | |
2 | Servette FC | 35 | 4 | 46 | |
3 | FC Lausanne-Sport | 35 | -9 | 42 | |
4 | FC Zurich | 35 | -21 | 35 | |
5 | Grasshopper Club Zurich | 35 | -28 | 27 | |
6 | FC Winterthour | 35 | -53 | 20 |

