Sans pouvoir se défendre, les terrains de Super League sont attaqués de toute part depuis quelques semaines. Bosselés, boueux, glissants, ils provoquent les critiques des acteurs du championnat une fois la rencontre terminée et les micros allumés en zone mixte. Même en mars, après de belles semaines ensoleillées et de températures agréables.
«Je préférais jouer sur un synthétique que sur un terrain pareil», s'énervait ainsi Benjamin Kololli au sortir du succès du FC Sion à Zurich samedi dernier (2-1). Critique compréhensible: vu de la tribune, le jeu pâtissait du revêtement du Letzigrund. Comme c'était déjà le cas une semaine plus tôt, lorsque le Lausanne-Sport affrontait Grasshopper au même endroit (3-2).
«On peut demander des terrains à la hauteur de l'enjeu»
«C'est une cata, je suis hyper déçu», poursuivait le numéro 70 valaisan, qui pointe rapidement du doigt l'une des raisons de ce fiasco. «C'est compliqué, il y a deux équipes qui jouent dans le même stade. J'espère vraiment qu'un jour le FCZ aura son terrain.» Le Chablaisien n'est de loin pas le seul à critiquer les surfaces de jeu proposées en Super League. Avant lui, Nias Hefti s'en plaignait déjà. Puis Kreshnik Hajrizi.
Le constat ne s'arrête pas aux frontières du Letzigrund. A Genève, le terrain pose régulièrement problème depuis quelques années. Tout comme à Lucerne. Mattia Croci-Torti, entraîneur du FC Lugano, où la pelouse du Cornaredo laisse aussi à désirer, a livré le fond de sa pensée il y a quelques semaines en conférence de presse. Cette fois au sujet des reports successifs de deux rencontres à la Schützenwiese de Winterthour. «Je pense que ce n’est pas correct. En Angleterre, à chaque match, il y a une personne qui vient juger ta pelouse», fait-il remarquer, demandant la possibilité d'évoluer en Suisse sur des terrains de meilleure qualité. «Si elle est trois fois médiocre, tu prends une amende. Je ne dis pas qu’on doit en arriver là, mais avoir des terrains à la hauteur de l’enjeu, je pense que c’est quelque chose que l’on peut demander.»
Manque de moyens, manque de place
«C’est un sujet très délicat», réagit d'entrée Marc Juillerat, Head of Legal Services & Licensing de la Swiss Football League (SFL), garante du bon déroulement de la compétition. Le problème? Le petit porte-monnaie des clubs suisses. Mais pas seulement. «On n’a pas non plus les conditions climatiques pour avoir la même qualité de terrain que dans les grands stades et les grands championnats», poursuit-il, ajoutant que la tenue de concerts ou d'autres manifestations n'aide pas.
Pour la SFL, le problème réside également dans le manque de place en Suisse. Un manque d'espace qui conduit à la dégradation des terrains à cause de leur surutilisation, mais aussi à la prolifération de pelouses synthétiques. Si Zurich et Grasshopper se partagent le Letzigrund, Young Boys doit, lui, encore jouer sur une surface artificielle par manque de terrains d'entraînement. Tout comme le Lausanne-Sport, pour d'autres raisoms.
Pour d'autres clubs, souvent locataires d'une enceinte appartenant à leur ville, c'est le faible coût d'entretien des surfaces artificielles qui fait pencher la balance. Ou alors l'option d'une herbe naturelle de moins bonne qualité, et donc moins chère en cas de nécessité de remplacer toute la pelouse. «Certaines équipes peuvent se permettre de changer uniquement une petite partie de leur terrain par manque d'argent. Et les lampes qui permettent de faire pousser le gazon coûtent très cher», souligne encore Marc Juillerat, conscient que la qualité de jeu pâtit de ces conditions.
De nouvelles mesures devraient être présentées
Mais alors que faire? Chaque année en novembre, la SFL analyse de près la qualité des terrains de Super League. «On a mis en place un système de contrôle en lien avec l'octroi de la licence. Mais on voit que les contraintes et la réalité font qu’on ne peut pas imposer des mesures irréalistes en Suisse», souligne-t-il, ajoutant que les clubs sont tenus de fournir des informations à la ligue tous les trois mois.
«Et nous devrions présenter de nouvelles mesures lors de la prochaine assemblée générale en mai», indique encore Marc Juillerat, lequel assure que la SFL fait de son mieux pour que le championnat se joue dans les meilleures conditions possibles.
Reste à voir si ces mesures suffiront à enrayer un problème devenu structurel. Car entre contraintes climatiques, limites économiques et infrastructures saturées, la qualité des pelouses pourrait bien rester, encore longtemps, l’un des points faibles du football suisse. Et tant que ce sera le cas, le spectacle, lui, continuera de s’abîmer sous les crampons.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 31 | 37 | 71 | |
2 | FC St-Gall | 31 | 23 | 56 | |
3 | FC Lugano | 30 | 10 | 50 | |
4 | FC Bâle | 30 | 6 | 49 | |
5 | FC Sion | 31 | 9 | 46 | |
6 | Young Boys | 30 | 5 | 45 | |
7 | FC Lucerne | 30 | 2 | 36 | |
8 | Servette FC | 31 | -3 | 36 | |
9 | FC Lausanne-Sport | 30 | -4 | 36 | |
10 | FC Zurich | 31 | -16 | 34 | |
11 | Grasshopper Club Zurich | 31 | -23 | 24 | |
12 | FC Winterthour | 30 | -46 | 19 |



