Fini, le temps de l'instabilité au FC Sion! Depuis que Barthélémy Constantin a pris du poids dans les décisions sportives, y compris les plus stratégiques, et au fur et à mesure qu'il engrange de l'expérience, une certaine continuité s'installe du côté de Tourbillon, que ce soit pour les joueurs ou pour le poste d'entraîneur, incarné depuis l'été 2023 par Didier Tholot. Un coach en place trois ans d'affilée? Cela n'était tout simplement jamais arrivé depuis l'accession à la présidence de Christian Constantin en 1992.
Didier Tholot a réussi cet exploit et a résisté à toutes les turbulences, plus ou moins fortes, depuis que Barthélémy Constantin est allé le trouver chez lui, en Gironde, dans la foulée de la relégation en Challenge League, au terme d'une année où Mario Balotelli devait emmener le FC Sion en Champions League.
Au domicile du technicien, qui venait de quitter Pau en Ligue 2, les deux hommes ont convenu d'une mission de trois ans, avec l'assentiment bien sûr du président et propriétaire du FC Sion. La feuille de route a été tracée à ce moment-là avec des temps de passage bien définis: la remontée immédiate la première année, un maintien tranquille la seconde et le top 6 la troisième. Ces trois objectifs ont été remplis.
La fameuse «démission suggérée»
Bien sûr, il y a eu des soubresauts, le plus grand étant survenu à la fin de la saison 2024/25 au travers d'une interview sulfureuse accordée par Christian Constantin à Canal 9, dans laquelle le président du FC Sion a critiqué plusieurs aspects de la gestion de Didier Tholot.
En d'autres temps, une telle salve aurait débouché sur une de ces fameuses «démissions suggérées» qui ont fait la réputation du président valaisan dans l'Europe entière. Mais pas cette fois.
Didier Tholot n'a jamais réagi en public, encaissant les coups avec calme (en apparence...) et ne répondant pas aux provocations. La ficelle est énorme, mais elle a marché tellement de fois que Christian Constantin se plaît à l'utiliser: lâcher des énormités en public pour provoquer une réaction de la part de son coach. Et poser les bases d'une séparation «négociée». Mais sur ce coup-là, face à l'entraîneur qui le connaît le mieux, il n'a pas trouvé de répondant. Et Didier Tholot est revenu de vacances prêt à accomplir sa dernière année de mandat.
Mis à part cet écueil au final bien évité, et quelques discussions animées bien sûr, notamment à la suite de l'élimination mortifiante en Coupe à GC en quarts de finale voilà quelques semaines, l'entraîneur du FC Sion a pu mener ces trois ans sans trop de soucis, en ayant reçu (et accepté) des objectifs atteignables.
Plus question de faire dans la démesure ou dans l'impossible: il avait reçu une équipe pour remonter immédiatement et il a réussi, il avait une équipe capable d'accrocher le maintien et il l'a fait, et, cette saison, il a reçu les renforts nécessaires pour aller chercher le top 6.
Il est d'ailleurs assez piquant de constater que le FC Sion actuel est sans aucun doute celui qui a coûté le moins cher au président depuis une bonne quinzaine d'années et est le seul à avoir atteint l'objectif fixé... depuis 2015 et la victoire en Coupe lorsque Didier Tholot était l'entraîneur d'Edimilson Fernandes et de Carlitos.
L'état d'esprit, critère numéro 1
Le «nouveau FC Sion», celui qui a suivi la relégation de 2023, est porté par les valeurs de Didier Tholot: travail, humilité, authenticité. Les joueurs qui ne rentrent pas dans ces critères ont été écartés (Denis-Will Poha, Nathanaël Saintini...) malgré tout leur talent. Avec le technicien bordelais, mieux vaut bien défendre et se donner pour l'équipe, comme Théo Berdayes, qu'être doué techniquement et être déconnecté du reste de ses partenaires (Anton Miranchuk). Le collectif avant tout, voilà tout.
Cette philosophie, couplée à une absence de dogmatisme sur le plan tactique, et à une remise en question permanente de la part du coach, s'est avérée exactement ce dont avait besoin le FC Sion à ce moment de son histoire. Mais que de temps (et d'argent) perdu avec des joueurs comme Wylan Cyprien et bien d'autres, venus en Valais pour prendre un salaire et non pas pour servir le club...
Didier Tholot, s'il lui a été parfois reproché une lecture hasardeuse des matches et des changements pas toujours adéquats (une critique qu'il n'a jamais fui), a une grande qualité dans la gestion des hommes, n'hésitant pas à placer des joueurs importants sur le banc, le temps qu'ils retrouvent leur meilleur niveau.
Benjamin Kololli vient de passer par là, d'autres comme Josias Lukembila aussi, mais le technicien est aussi fidèle à ses convictions et ne lâche pas facilement les joueurs auxquels il croit. Rilind Nivokazi peut rater des occasions et des contrôles, mais le fait qu'il se batte pour l'équipe lui vaut la confiance de son coach. Et quand il marque un triplé contre YB, le buteur remercie en premier lieu son entraîneur.
L'intégration des jeunes, un reproche objectif
Et si d'autres peuvent parfois trouver le temps long sur le banc, comme Winsley Boteli par exemple, les résultats donnent raison au technicien, auquel il ne peut être fait qu'un vrai reproche objectif et fondé sur ces trois dernières années: l'intégration toute relative des jeunes joueurs. Adrien Llukes et Maxime Dubosson sont-ils au niveau requis aujourd'hui? Impossible de le savoir, leur utilisation étant vraiment sporadique. Mais là aussi, à ces critiques, Didier Tholot peut opposer ses résultats.
En une phrase comme en mille: la méthode Tholot fonctionne.
La question de sa prolongation ne devrait ainsi être qu'une formalité, maintenant que son troisième objectif en trois ans est officiellement atteint. Le FC Sion s'apprête-t-il à faire une annonce durant cette trêve internationale? Des discussions ont-elles déjà eu lieu, même de manière informelle? Aujourd'hui, il n'existe aucun indice allant dans ce sens et à chaque fois que Didier Tholot a été interrogé à ce sujet depuis le début de l'année, il prend bien soin de botter en touche. Alors quoi? Lui-même, veut-il rester, déjà?
Sion, son dernier club, oui, mais jusqu'à quand?
Dans un monde idéal, la réponse est oui. Il se plaît en Valais, les gens l'apprécient, le public de Tourbillon l'adore, son nom est régulièrement scandé par le kop. Des marques d'affection, il en reçoit. A 61 ans, il ne se voit pas s'embarquer dans un nouveau défi, dans l'inconnu, et a déjà dit qu'il souhaitait terminer sa carrière en Valais, sans donner une date précise. Son accident cardiaque est derrière lui et l'énergie suffisante pour rempiler, il l'a en lui. Mais il sait aussi que s'il émet le souhait de rester, et qu'il reçoit par exemple un contrat d'une année, plus une en option, l'objectif qui lui sera assigné pour l'été 2027 sera d'être européen, soit par le championnat, soit par la Coupe.
Va-t-il prendre ce risque? Ou préférera-t-il partir sur le très bon bilan actuel? La réponse, lui seul la connaît. Mais s'il prolonge, les Constantin ne lui demanderont pas de faire top 6 et rien d'autre. Et qui sait Sion ne sera pas européen d'ici quelques semaines, en terminant troisième ou quatrième? La tâche est compliquée, mais pas impossible, et la perspective de disputer la Conference League peut être de nature à le séduire.
Et puis, s'il veut continuer, que diront les Constantin? Ont-ils envie de lui proposer un nouveau contrat? Ou ont-ils dans l'idée de se tourner vers Ludovic Magnin ou Giorgio Contini, par exemple, alors que les noms de Stephan Lichtsteiner et de Raphaël Wicky, un temps envisagé, ne sont aujourd'hui plus d'actualité?
C'est nouveau, le FC Sion anticipe
Aucun d'eux, ni Christian, ni Barthélémy, ne s'est exprimé publiquement à ce sujet pour l'instant, et en d'autres temps, la discussion aurait eu lieu après la dernière journée de Super League, autour d'un café, et les contours des échanges auraient fuité le jour d'après dans la presse. Mais les temps ont changé à la Porte d'Octodure et, désormais, une certaine anticipation nouvelle et fructeuse semble avoir pris ses quartiers. Ryan Kessler, latéral droit de la Nati M21, a signé cet hiver pour succéder sur le long terme à Numa Lavanchy, ce qui n'avait jamais existé au FC Sion auparavant. Il y a encore quatre ans, un latéral droit surpayé en échec en Championship aurait débarqué à la fin du mois d'août, sans aucune vision d'avenir. Ce n'est plus le cas et le nouveau FC Sion a désormais un coup d'avance pour les joueurs. Il serait ainsi assez étonnant que le dossier du coach traîne jusqu'en juin. Et c'est là, vraiment, à quel point on se rend compte qu'un vent de renouveau souffle sur le Valais: au FC Sion, on ne se demande plus s'il faut virer ou non l'entraîneur, mais si oui ou non, il faut le prolonger.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 31 | 37 | 71 | |
2 | FC St-Gall | 31 | 23 | 56 | |
3 | FC Bâle | 31 | 8 | 52 | |
4 | FC Lugano | 31 | 10 | 51 | |
5 | FC Sion | 31 | 9 | 46 | |
6 | Young Boys | 31 | 5 | 46 | |
7 | FC Lucerne | 31 | 6 | 39 | |
8 | Servette FC | 31 | -3 | 36 | |
9 | FC Lausanne-Sport | 31 | -8 | 36 | |
10 | FC Zurich | 31 | -16 | 34 | |
11 | Grasshopper Club Zurich | 31 | -23 | 24 | |
12 | FC Winterthour | 31 | -48 | 19 |

