La Suède ne peut plus décrocher sa qualification directe pour la Coupe du monde. Mais elle entend bien rejoindre l'Amérique via les barrages. La Fédération a réagi au mois d'octobre catastrophique des Blagult (défaites à domicile face à la Suisse et au Kosovo) en se séparant de Jon Dahl Tomasson pour confier l’équipe à Graham Potter. L’ancien coach de Brighton et de Chelsea, qui parle très bien le suédois, doit relancer une sélection en crise… avec très peu de temps devant lui. Alors, l'Anglais mise sur le pragmatisme: si la Suède joue mal, elle jouera au moins efficace. Aux coups de pied arrêtés de faire la différence!
Marbella plutôt que la Suède
Le nouvel entraîneur a découvert son groupe cette semaine à Marbella, sous un climat plus agréable qu’à Stockholm en novembre. Trois jours seulement pour préparer la rencontre de samedi (20h45) contre la Suisse à Genève: le message est clair. Le staff technique laisse de côté les grandes envolées offensives, trop longues à mettre en place, pour se concentrer sur les corners, les coups-francs et les longues touches.
Pour appuyer cette stratégie, Graham Potter a fait appel à un spécialiste, Andreas Georgson. Une première dans l’histoire du football suédois, révèle Aftonbladet. «Lorsque j’ai interrogé les joueurs, ils ont dit qu’il fallait y accorder davantage d’importance, parce qu’on peut progresser très vite dans ce domaine», explique Andreas Georgson, également en poste à Tottenham. Le défenseur Gustav Lagerbielke s’en réjouit: «Nous avons beaucoup insisté sur ce point. Andreas possède une vaste expérience au sein de grandes équipes. C’est un atout que nous espérons décisif.»
Les coups de pied arrêtés, une arme létale
Andreas Georgson a présenté un chiffre fort à son groupe: 33% des buts en Premier League cette saison proviennent de coups de pied arrêtés. «Toutes les équipes ont déjà effectué au moins trois longues touches dans la surface adverse. Il y a deux ans, c’était inimaginable. Désormais, chacun cherche à maximiser les opportunités dans la zone de vérité.» Un constat solidé par son CV: Arsenal, Brentford, Southampton, Manchester United et maintenant Tottenham.
Mais pour que la recette fonctionne, tout ne repose pas sur la tactique. «Le plus important, c’est l’attitude, dit-il. Les coups de pied arrêtés sont le vilain petit canard du football: ni les joueurs ni les entraîneurs ne les trouvent amusants. Il faut leur donner envie, leur inculquer la fierté de marquer comme si c’était le dernier corner de leur vie.» Mardi, l’entraînement s’est terminé «par une véritable bataille de coups de pied arrêtés. L’esprit de compétition et la volonté étaient parfaits.»
Manuel Akanji et Nico Elvedi sont prévenus
Sur l’identité des hommes clés, Andreas Georgson garde le secret — Potter n’a pas encore arrêté son onze. Mais les défenseurs centraux joueront un rôle majeur dans la surface suisse: Manuel Akanji et Nico Elvedi sont prévenus. Quant aux tireurs, ils semblent déjà affûtés. «Roony Bardghji, Daniel Svensson, Anthony Elanga et Emil Forsberg ont tous très bien travaillé. J’espère n’en oublier aucun… Ils ont été excellents cette semaine et nous verrons qui aura l’honneur de jouer», glisse Andreas Georgson, impatient de voir si le travail paiera dès samedi à Genève.
Au rayon des joueurs, la Suède a eu droit à plusieurs mauvaises nouvelles récemment: Viktor Gyökeres n'est pas là, Alexander Isak est incertain, tandis que Hugo Larsson et Lucas Bergvall sont eux aussi forfait. Et voilà que vendredi, veille de match, le capitaine de l'équipe, Victor Nilsson Lindelöf, était absent. Sera-t-il apte à jouer samedi?