L’ancienne sélectionneure de la Nati Pia Sundhage est revenue, dans une interview accordée au journal suédois «Expressen», sur son départ de l’ASF en novembre. Longtemps, elle ne s’était pas exprimée concrètement sur cette séparation. Désormais, la Suédoise se montre beaucoup plus directe. Une chose apparaît clairement: elle n’est pas du tout satisfaite du comportement de l’Association suisse de football.
Son licenciement lui a été annoncé lors d’un bref entretien avec des dirigeants de la fédération, qui se sont spécialement déplacés en Suède pour l’occasion. Une rencontre qui a profondément déçu Sundhage. «Je ne me mets pratiquement jamais en colère, mais là, j’étais sacrément furieuse», a-t-elle expliqué. C’est surtout l’attitude passive de l’ASF qui lui est restée en travers de la gorge. «Après l’Euro, j’ai attendu qu’ils me fassent une offre. Mais cela n’est jamais arrivé. Il n’y a eu aucune négociation. J’aurais dû agir autrement, reprendre contact et essayer de les pousser à négocier. J’étais donc aussi en colère contre moi-même de ne pas avoir pris les choses en main.»
En octobre, Sundhage avait clairement indiqué qu’elle souhaitait poursuivre l’aventure avec la Nati, mais uniquement à la condition de disposer d’un entraîneur adjoint engagé à plein temps. «J’attends les prochaines étapes», déclarait-elle alors. Comme elle le laisse entendre aujourd’hui, ces fameuses prochaines étapes ne sont jamais venues.
Les exigences formulées par Sundhage n’étaient toutefois pas la raison principale ayant poussé l’ASF à choisir Rafel Navarro comme nouvel entraîneur. Ce changement s’inscrivait davantage dans une réorientation structurelle. Contactée à ce sujet, la fédération n’a pas souhaité réagir davantage aux critiques de la Suédoise.
«Les gens y sont assez coincés»
Dans cette interview, l’ancienne entraîneure mondiale de l’année FIFA évoque également le caractère des Suisses. «Quand j’ai pris le poste au Brésil, j’ai dit que c’était le travail le plus difficile que j’avais jamais eu. Puis je suis arrivée en Suisse et j’ai trouvé cela difficile aussi, parce que les gens y sont assez coincés.»
Depuis, Sundhage a accepté ce qu’elle considère comme le nouveau «travail le plus difficile» de sa carrière. Depuis la mi-février, elle est sélectionneure d’Haïti. Un poste qui représente, selon elle, «de loin le plus grand défi» de son parcours.
Il s’agit effectivement d’une mission particulière pour la double championne olympique. En raison de la situation sécuritaire en Haïti, Sundhage n’a encore jamais visité le pays et ne devrait vraisemblablement jamais le faire. Les entraînements et les matches se déroulent à l’étranger. Son contrat avec l’État caribéen court jusqu’à la fin de l’année. En cas de qualification réussie pour la Coupe du monde, il serait prolongé jusqu’à la phase finale de juin et juillet 2027.
