«Les supporters ne peuvent pas comprendre les interprétations différentes des règles d'un match à l'autre, et je les comprends: moi non plus je n'y comprends plus rien. Pour les mains par exemple, personne n'y comprend rien. Si c'est penalty ou pas, si c'est intentionnel ou pas... Comment le savoir, tu n'es pas un psychiatre!» La semaine dernière, le président de l'UEFA Alexander Ceferin avait critiqué certaines interventions de la VAR. Les supporters allemands ont dû se rappeler cette phrase au moment où Sandro Schärer a dicté le point de penalty dans les arrêts de jeu de la première période de la demi-finale entre le PSG et le Bayern Munich (5-4). L'arbitre suisse s'est attiré les foudres côté bavarois, Jonathan Tah parlant de «décisions arbitrales défavorables».
«Je pense que ce penalty est très discutable, a enchaîné l'entraîneur du Rekordmeister Vincent Kompany dans des propos rapportés par Sports.fr. De ce que j’ai vu, le ballon touche la cuisse avant d’aller vers le bras. Il n’y avait donc pas lieu de siffler penalty.» Le directeur sportif Max Eberl abonde: «On peut en discuter longuement. Le ballon touche d’abord le corps, puis la main.» Et Joshua Kimmisch d'ajouter: «C’est vraiment agaçant, car il n’y a même pas d’adversaire derrière pour marquer. A mon avis, il faudrait revoir cette règle, a-t-il déclaré dans des propos relayés par Prime vidéo. Toute faute de main dans la surface ne doit pas systématiquement être sanctionnée par un penalty. La sanction est très lourde, surtout dans une demi-finale de Champions League.»
Une erreur manifeste?
Le règlement stipule qu'un rebond sur la main après avoir touché une autre partie du corps est sanctionné si le joueur avait déjà les bras en position pas naturelle au moment de bloquer un tir au but. Or, dans ce cas, il ne s'agissait pas d'un tir en direction des cages adverses. Et, au moment où Ousmane Dembélé centre, la position du bras d'Alphonso Davies est licite. «Il est même replié derrière le dos, note l'expert allemand en arbitrage Lutz Wagner, interrogé sur Prime vidéo. Ensuite, son bras gauche s'étend, augmentant ainsi sa surface corporelle. A mon sens, il y a une faute de main.»
Mais le point qui fait principalement débat est le recours à l'assistance vidéo. Dans sa décision initiale, Sandro Schärer avait laissé l'action se poursuivre. Ce n'est qu'après que Carlos del Cerro Grande, préposé à la VAR, est intervenu. «Ce que nous essayons d'expliquer, c'est que c'est l'arbitre sur le terrain qui décide, avait déclaré Alexander Ceferin. La VAR ne doit intervenir qu'en cas d'erreur claire et manifeste.» Dans ce cas, ne pas siffler était-il une erreur manifeste? Quand il y a de tels débats, dur de l'affirmer. Et tant qu'aucune ligne claire ne sera dictée, ce genre d'action continuera à faire polémique et à provoquer des sentiments d'injustice.
Les éloges d'Urs Meier
L'autre penalty de ce match totalement fou est également discutable. Eduardo Iturralde González, ancien arbitre espagnol désormais consultant pour le «Cadena Ser», a estimé que la faute de Willian Pacho sur Luis Diaz n'aurait pas dû être sifflée. «Je pense que Luis Diaz cherchait le contact, a-t-il expliqué . Pour siffler un penalty, c’est très léger. Luis Diaz se met dans la zone de Pacho», a-t-il expliqué dans des propos rapportés par Sport. Mais, dans ce cas, le préposé à la VAR a estimé qu'accorder le penalty n'était pas une erreur manifeste et n'a pas appelé Schärer à revoir son jugement initial.
Hormis ces deux situations qui prêtent à débat, Sandro Schärer a livré une performance très solide. Le premier Suisse à arbitrer une demi-finale de Champions League depuis Massimo Busacca il y a 16 ansa a fait preuve d'une grande maîtrise, malgré l'intensité de la rencontre. Urs Meier, qui a même dirigé une finale de C1, s'est montré élogieux sur blue TV. «C'était un match de classe mondiale, y compris de la part de l'arbitre. Je n'ai pas vu une telle performance depuis des mois. Sandro a fait un excellent travail pour son baptême du feu en demi-finales. Tout simplement brillant! Il est prêt pour la Coupe du Monde.» D'autant plus qu'au Mondial, il pourra s'appuyer sur les conseils d'un autre Suisse, Fedayi San, qui officiera comme arbitre assistant vidéo outre-Atlantique.