De son propre aveu, Andy Laugeois a toujours eu «cette âme de coach» en lui. Lorsqu’il était joueur d’Yverdon ou du Stade-Lausanne-Ouchy, l’ancien milieu défensif aimait déjà être un leader, guider ses coéquipiers. Ce n’est pas un hasard s’il a longtemps été capitaine du SLO. «Andrea Binotto, mon coach de l’époque, me disait souvent que j’allais devenir entraîneur», avoue Andy Laugeois, qui épouse aujourd’hui ce rôle à Saint-Prex.
Avec le FC Amical Saint-Prex, l’histoire avait connu un avant-goût il y a dix ans, lorsque la première équipe évoluait en 3e ligue. «J’avais un peu entraîné, pour dépanner», raconte Andy Laugeois. Puis, l’homme aux 185 matches de Challenge League a laissé le coaching de côté pour se concentrer sur ses études, et obtenir un Master en sciences du mouvement et du sport à l’Université de Lausanne, en parallèle de sa carrière de joueur, rien que ça.
Du sauvetage à la promotion
À la fin de celle-ci, le jeune coach de 37 ans s’est tout naturellement (re)tourné vers ce rôle d’entraîneur qui l’a toujours attiré. Et vers Saint-Prex, évidemment. Après une courte expérience à la tête de la deuxième équipe, il s’est vu, parallèlement, reprendre la première équipe en octobre 2024, alors que le club traversait une passe compliquée en 2e ligue interrégionale. «Le mot de base, c’était le maintien. J’ai été nommé pour sauver l’équipe», se remémore-t-il, au bord du nouveau synthétique du club vaudois.
Plus que de le sauver, Andy Laugeois transforme Saint-Prex en machine à gagner. De série de victoires en série de victoires, son équipe remonte au classement, jusqu’à décrocher la promotion en 1re ligue, lors de la dernière journée. «Huit mois en arrière, quand je reprends l’équipe juste au-dessus de la barre, c’était juste impensable», sourit celui qui est en train de passer le diplôme d’entraîneur A de l’UEFA.
Les mentalités en priorité
La saison suivante, Saint-Prex fait partie des petits budgets de 1re ligue et vise, une nouvelle fois, le maintien. Et fini par décrocher... la promotion, pardi! Pour expliquer ce double exploit, Andy Laugeois sort la carte de l’humilité, malgré ses 42 victoires en 63 matches et ces deux promotions à la tête de Saint-Prex. «C’est dur à expliquer. L’équipe a suivi, c’est un groupe extraordinaire. Les mentalités, c’est ce à quoi j’attache le plus d’importance. C’est bien d’avoir des individualités, mais elles doivent rentrer dans l’état d’esprit du groupe», déclare-t-il, tout en sobriété.
Cette saison, en Promotion League, les objectifs du club restent semblables: «On va tout donner. On fait au mieux avec les moyens qu’on a à disposition.» Avec pour l’instant une lourde défaite en ouverture (6-0 au Grand-Saconnex), mais aussi une belle réaction face à Bellinzone à domicile (1-0).
Les exploits en Coupe de Suisse, Andy Laugeois connaît
La suite, pour Andy Laugeois et ses troupes, c’est désormais le premier tour de la Coupe de Suisse, avec un joli duel régional face au Stade Nyonnais, mal en point en Challenge League (trois défaites). «Nyon, mine de rien, ils ont une petite pression sur leurs épaules. Ils sont favoris, doivent un peu se rassurer par rapport à leurs trois premiers matches perdus en championnat et c’est un très jeune contingent», liste l’entraîneur de Saint-Prex. Pour autant, il ne veut pas d’excès de confiance de la part des siens: «On est quand même l’outsider du match, on était en 2e ligue interrégionale il y a deux ans. Il y a une belle différence. Mais on va jouer pour gagner ce match, on ne va pas faire de cadeau.»
Une rencontre de Coupe de Suisse, c’est aussi l’occasion d’amener du monde au stade de Marcy et de se montrer face à une équipe qui évolue une division au-dessus. «Si tu bats une Challenge League, c’est des souvenirs qui restent dans une carrière de footballeur», déclare Andy Laugeois. L’ancien capitaine du SLO en sait quelque chose, puisqu’il avait sorti le FC Sion (alors en Super League) par deux fois, alors que le club lausannois évoluait en Promotion League et en Challenge League. «Ce que j’ai vu lors de ces tours de Coupe incroyables, c’est que si tu crois en toi et que tu donnes tout, tu as des chances de faire quelque chose d’incroyable, lance-t-il. De le dire, c’est une chose, mais il faut le faire sur le terrain: courir deux fois plus, se battre pour les autres, continuer encore, même quand tu fatigues.»
Les consignes sont données et on ne peut plus claires. La méthode Andy Laugeois va-t-elle emmener le FC Amical Saint-Prex vers un nouvel exploit? Réponse samedi (17h) au stade de Marcy.