Oui, le FC Stade-Lausanne-Ouchy s'est montré à la hauteur de cette 101e finale de la Coupe de Suisse, dans les gradins comme sur le terrain. En tribunes, le club vaudois a réussi son pari, en garnissant de rouge l'habituel secteur des fans d'YB. Ils étaient bien 8000 à 9000 à être habillés aux couleurs du SLO ce dimanche et, s'il s'agissait pour eux d'une première, elle n'a pas à être minimisée: la crainte d'un secteur vide a été dissipée grâce aux énormes efforts entreprises en coulisses ces dernières semaines. Le SLO a donc gagné sa finale.
Le scénario laissera des regrets au SLO
Sur le terrain, Dalibor Stevanovic et ses joueurs n'ont eux pas réussi l'exploit de battre une quatrième équipe de Super League dans cette édition de la Coupe de Suisse, mais ils n'ont pas à avoir honte. Même s'ils auraient pu espérer mieux en évoluant à onze contre dix durant une mi-temps entière, et que le scénario leur laissera d'énormes regrets tant l'occasion était belle de marquer l'histoire, Saint-Gall était l'immense favori et s'est imposé logiquement (3-0) dans cette finale.
Le match a démarré très fort pour le FC Saint-Gall, avec l'ouverture du score de Tom Gaal dès la 8e minute face à des Stadistes clairement nerveux en ce début de rencontre. Les Brodeurs, emmenés par leur formidable public, ont poussé très fort et le SLO ne trouvait aucune solution pour ressortir proprement le ballon, comme dépassé par l'événement. Alessandro Vogt a manqué le 0-2 au quart d'heure et le SLO était à l'agonie, jusqu'à une ouverture magique de Keasse Bah à la 19e pour Landry Nomel. Le piston gauche s'est retrouvé seul face à Lukas Watkowiak, mais a complètement manqué son affaire sur cette contre-attaque qui avait le poids de l'égalisation. Mais enfin le SLO était entré dans son match!
Saint-Gall a alors commencé à se montrer méfiant, voire même nerveux par moment et la rencontre a connu un premier tournant à la 43e, lorsque Vasco Tritten est allé au pressing sur Lukas Watkowiak. Le gardien allemand, remplaçant en championnat mais titulaire en Coupe de Suisse, a alors paniqué et tiré sur l'attaquant stadiste. Celui-ci a profité du contre favorable et allait marquer dans le but vide lorsque le gardien du FCSG lui a tiré le short et l'a fait tomber. Luca Cibelli n'a pas hésité à prendre la bonne décision en sortant immédiatement le carton rouge. Enrico Maassen et son staff ont alors demandé à la VAR d'intervenir pour une main de Vasco Tritten, ce qui était tout de même un peu osé, sachant que Lukas Watkowiak lui a tiré dessus à bout portant. L'arbitre ne s'est pas laissé abuser et a confirmé le carton rouge.
Le SLO allait donc attaquer la deuxième période à onze contre dix, ce qui changeait tout. Lawrence Ati Zigi faisait son entrée, Alessandro Vogt sortait tristement et les 20'000 fans du FC Saint-Gall commençaient vraiment à trembler dans cette finale qui leur semblait acquise. Les Lausannois ont alors eu le ballon et se sont créés quelques petites possibilités, sans vraiment réussir à mettre le feu malgré plusieurs incursions très dangereuses de Keasse Bah sur son côté gauche. Le jeune ailier ivoirien s'est fait une belle publicité personnelle ce dimanche au Wankdorf, tout comme Vasco Tritten, lui aussi tout simplement excellent sur son couloir.
Un penalty très litigieux pour Saint-Gall à la 63e
Alors que le SLO cherchait l'égalisation, Luca Cibelli a pris une deuxième décision lourde de conséquences, cette fois en défaveur des Lions. Le contact entre Aliou Baldé (toujours aussi diffcilement supportable avec ses simulations incessantes) et Breston Malula semblait inoffensif, mais il était visiblement entaché d'une main du défenseur du SLO. L'arbitre accordait alors un penalty extrêmement litigieux au FC Saint-Gall, après avoir énormément hésité, y compris devant le petit écran de la VAR. Lukas Görtler, lui, ne se posait pas toutes ces questions et inscrivait le 2-0 sans trembler face à Léo Besson.
Le 3-0 de Christian Witzig en fin de match était lui anecdotique pour les Stadistes, mais faisait basculer les Saint-Gallois dans une euphorie au final assez sympathique pour un club habitué aux échecs en Coupe de Suisse. Le FCSG avait en effet perdu ses quatre dernières finales, sa dernière victoire remontant à 1969. Voilà désormais les Saint-Gallois libérés d'une malédiction, et qualifiés pour le deuxième tour de l'Europa League. Le FC Sion, lui, accède au deuxième tour de la Conference League et effectue donc son retour sur la scène européenne, neuf ans après son dernier passage.