Le LS revit le sacre de 1981
«C'était l'ascension d'une bande de copains»

Les héros du Lausanne-Sport vainqueur de la Coupe de Suisse en 1981 étaient réunis samedi à la Tuilière. Entre anecdotes, émotion et nostalgie, ils ont replongé dans une épopée restée intacte dans les mémoires.
Les vainqueurs lausannois de la Coupe de Suisse 1981 ont été célébrés samedi à la Tuilière.
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Bastien FellerJournaliste Blick

La Tuilière a vibré ce samedi. Mais pas pour ce qui se passait sur le terrain, une fois n'est pas coutume. Les tribunes étaient vides et l'attraction de la soirée avait lieu dans l'Enzonet Lounge, au premier étage de la tribune principale.

Les amoureux du Lausanne-Sport(s), les plus nostalgiques d'entre eux pour être précis, avaient rendez-vous avec l'équipe alors dirigée par Charly Hertig et Richard Dürr pour fêter les 45 ans du succès du LS en Coupe de Suisse. «Ça fait 45 ans qu'on se raconte cette histoire chaque année», se marre Claude Ryf, entre l'apéro et le début du repas.

Une disette longue de 17 ans

Mais cette joyeuse équipe, pratiquement présente au complet à la Tuilière, ne rechigne pas à la conter une fois de plus. Car ils ne sont plus à une fois près. Mais surtout parce qu'ils aiment toujours autant raconter cette histoire. «Cela faisait à l'époque dix-sept ans que le Lausanne-Sport n'avait plus rien gagné», commence par rappeler dans un sourire Stéphane Crescenzi.

Les fans du LS présents, tout comme les anciens joueurs, ont pu revivre la finale.

Et pour couronner le tout, les Vaudois se rendaient au Wankdorf pour y défier le FC Zurich, sacré champion de Suisse cette saison-là. Le LS, qui avait lui terminé le championnat à la cinquième place, ne s'avançait ainsi pas en favori. «Zurich avait une très belle équipe», se souvient Claude Ryf.

Un voyage aux Seychelles comme tournant

Le LS, s'il disposait de moins de talents individuels, pouvait compter sur un effectif très soudé. «On était comme une famille», appuie Robert Lei-Ravello. «Cette année-là, on était partis deux semaines en camp d’entraînement aux Seychelles. Il est arrivé plein de choses là-bas. On a vécu des trucs incroyables», reprend Stéphane Crescenzi.

«On avait fait autant de choses sur le terrain qu'en dehors. Mais à notre retour, on avait perdu le premier match et les journaux avaient titré: 'Lausanne bronzé'. Mais ensuite, on n'avait plus perdu pendant trois mois», ajoute Claude Ryf.

Plus de 40'000 spectateurs étaient présents au Wankdorf.
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Puis, la confiance grandissait encore lors de la demi-finale remportée face à Grasshopper (1-1 et 3-1). Une équipe qui comptait alors de nombreux joueurs de l'équipe de Suisse dans ses rangs. «En championnat, on n’arrivait jamais à les battre. Cette victoire nous a donné confiance et trois mois après les Seychelles, l’équipe était construite et croyait en elle», raconte l'ancien latéral gauche.

Le héros inattendu des prolongations

Le 8 juin, le LS a pris la direction du Wankdorf. «On n'avait pas fait de mise au vert. On était arrivés le matin du match. On avait une radio et on choisissait les chansons qu’on voulait entendre. Moi, j’avais demandé 'We Are the Champions' de Queen», détaille Claude Ryf, qui avait bien senti le coup.

Même si ce sont les Zurichois qui ouvraient la marque par Heinz Lüdi peu avant la pause, au terme d'une première période peu emballante (38e). Robert Kok répondait quelques minutes après le retour des vestiaires avant que le FCZ ne reprenne l'avantage grâce à Gianpietro Zappa (52e).

A deux reprises le LS a été mené.
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La partie devenait folle avec la nouvelle égalisation vaudoise signée Yves Mauron (65e). «Puis je me suis blessé à la cuisse et j'ai dû laisser ma place à un quart d'heure de la fin. Mais bon, c'est Crescenzi qui est entré...», sourit Robert Lei-Ravello. Et le remplaçant se montrait décisif durant les prolongations en inscrivant deux buts coup sur coup (97e et 99e). «J’ai eu de la peine, sur le moment, à comprendre ce qui se passait. J’ai marqué le premier, puis le deuxième. C’était une fierté, un truc incroyable», raconte, avec émotion, le «héros» lausannois.

Plus de 40'000 supporters au Wankdorf

Zurich était ensuite réduit à dix, mais parvenait tout de même à réduire la marque (107e). Le LS tenait bon et pouvait finalement exulter, entouré de plus de 20'000 supporters vaudois présents ce jour-là au Wankdorf (40'000 spectateurs). En tant que capitaine, Marcel Parietti pouvait alors soulever le trophée le premier.

Marcel Parietti est venu à la Tuilière avec sa médaille de vainqueur de la Coupe de Suisse 1981.

«On a presque l’impression de voler une partie de la victoire à ses coéquipiers parce qu’on est le premier à la recevoir», fait-il remarquer, encore gêné 45 ans plus tard. L'ancien international suisse ne cache en revanche pas le fait que la gestion de l'après-match n'a pas été des plus optimales. «Ils ne s’attendaient vraiment pas à ce que l’on gagne. L’organisation a donc été un peu improvisée, mais cela nous a parfaitement convenu», rigole-t-il, médaille de vainqueur autour du cou. «Je l’ai ressortie aujourd’hui parce que notre entraîneur nous avait montré sa propre médaille la veille de la finale. Il nous avait dit: ''Cela fait 17 ans qu’on n’a plus gagné la Coupe de Suisse''. Ça nous avait marqués.»

«Il a fallu téléphoner partout pour trouver un restaurant»

Vint ensuite le retour de Berne. Un trajet vers l'inconnu. «On est montés dans le car et il a fallu téléphoner partout pour trouver un restaurant ouvert. Finalement, on est allés manger à la Bonne Auberge, le restaurant où l’on allait avant les matches. L’entraîneur a dû appeler pour demander s’ils pouvaient nous accueillir», se marre le «héros» du LS, qui ne se rappelle en revanche pas comment la soirée s'était terminée. «Je crois qu’on est allés au 13e Siècle, une boîte qui existe toujours à Lausanne.»

«Je l’ai ressortie aujourd’hui parce que notre entraîneur nous avait montré sa propre médaille la veille de la finale. Il nous avait dit: ''Cela fait 17 ans qu’on n’a plus gagné la Coupe de Suisse''. Ça nous avait marqués», raconte l'ancien capitaine du LS.

Le trophée a par la suite passé par les quatre coins de Lausanne. «On l'a chacun gardé à tour de rôle. Chacun l'a amenée à son travail, puisque la plupart d'entre nous étaient encore semi-professionnels. Mais aussi dans sa famille ou dans son restaurant habituel. Moi, j’ai fait des photos avec mes enfants. Je l’ai aussi amenée à mon travail. Chaque joueur avait la possibilité d’en profiter», sourit l'ancien capitaine du LS

«L'ascension d'une bande de copains»

Depuis, Marcel Parietti, Claude Ryf, Stéphane Crescenzi, Gérard Castella, Robert Kok, Yves Mauron, Erich Burgener, Gabet Chapuisat et les autres se retrouvent chaque année ou presque pour évoquer cette glorieuse épopée. «Il s'était passé une sorte de magie qui a fait qu'on a vécu des choses inoubliables. C'était l'ascension d'une bande de copains qui s'est sacrifiée et qui a fait un parcours magnifique», résume le dernier nommé.

«Il y avait une ambiance extraordinaire entre les joueurs et avec le staff. Charly Hertig et Richard Dürr étaient des entraîneurs extraordinaires. On s’est revus presque chaque année et on a toujours autant de plaisir», se réjouit quant à lui Stéphane Crescenzi.

Olé!

Il est 21h38 samedi lorsque les membres de l'équipe sont réunis devant la scène. Sur deux rangs, ils attendent impatients la «surprise» annoncée depuis 18h. Celle-ci fait son apparition dans la salle, devant les objectifs des téléphones portables. C'était la Coupe. Elle entrait sous les applaudissements et au son de «We Are the Champions». Forcément.

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