Une Coupe du monde solide
Gregor Kobel est prêt à sortir de l'ombre de Yann Sommer pour le grand public

À 28 ans, Gregor Kobel, l'un des nouveaux hommes forts de la Nati, a franchi un cap avec l'équipe de Suisse et il entend bien confirmer ce vendredi à 5h. Objectif: égaler l'héritage de Yann Sommer et qualifier la Suisse pour les huitièmes de finale.
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Gregor Kobel dispute son premier tournoi en tant que numéro 1 de l'équipe nationale.
Photo: TOTO MARTI
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Christian Finkbeiner et Toto Marti

Après avoir succédé à Yann Sommer au lendemain de l'Euro 2024, Gregor Kobel savait qu'il héritait d'un rôle aussi prestigieux qu'exigeant. Son prédécesseur avait placé la barre très haut: durant les cinq grands tournois qu'il a disputés comme titulaire, la Suisse a toujours atteint au moins les huitièmes de finale. C'est désormais cet objectif que Gregor Kobel tentera d'atteindre dans la nuit de jeudi à vendredi (5h, heure suisse), à Vancouver, face à l'Iran ou à l'Algérie.

Le portier de 28 ans a toutefois eu besoin de temps pour pleinement s'installer dans la peau du numéro un. Il lui a fallu attendre son quinzième match sous le maillot de la Nati pour signer son premier «clean sheet». Son principal défi? Le jeu au pied. Là où le trio Sommer-Akanji-Xhaka avait élevé la relance suisse au rang d'art, Gregor Kobel reste moins à l'aise balle au pied. Cette différence est d'ailleurs apparue à plusieurs reprises durant la phase de groupes.

Pour Patrick Foletti, l'entraîneur des gardiens de l'équipe de Suisse, cela ne constitue pourtant pas un handicap. «Les longs ballons de Greg nous apportent aujourd'hui une nouvelle arme», explique le Tessinois. «Nous sommes toujours capables de ressortir proprement sous pression, mais son jeu long nous offre désormais des situations offensives inédites. Cela nous permet parfois d'aller conclure une action en huit secondes.»

Selon Patrick Foletti, Gregor Kobel a par ailleurs énormément progressé dans son utilisation du ballon. Son bilan après les trois premiers matches est d'ailleurs très positif. «Je le trouve entre très solide et très bon. Et sur sa ligne, il a été excellent.» Le gardien n'a commis que «deux petites erreurs de jugement» dans ses sorties aériennes, dont une sur le but encaissé contre le Canada. «Mais, globalement, son tournoi est excellent.»

Le technicien, surnommé «Fox», souligne également l'évolution du Zurichois sur le plan du leadership. «Son influence ne se limite plus à l'aspect technique ou tactique. Il dégage aujourd'hui quelque chose qui se transmet à toute l'équipe, au stade et même au pays.» Une impression confirmée, selon lui, par les nombreux retours qu'il reçoit de Suisse.

D'Isostar à la vaseline

Gregor Kobel se montre lui aussi satisfait de son début de Mondial, même s'il regrette que la Suisse ait encaissé un but lors de chacun de ses trois matches. «Ce n'est évidemment pas notre objectif.»

Le gardien s'est également familiarisé avec le Trionda, le ballon officiel de cette Coupe du monde. Certains estiment que ses trois couleurs et le capteur électronique intégré compliquent la tâche des gardiens.

Gregor Kobel nuance ces critiques, tout en reconnaissant une particularité. «Je trouve qu'il flotte un peu plus que d'autres ballons. Contre la Bosnie, j'ai dû intervenir sur une frappe qui bougeait beaucoup. Mais cela reste largement acceptable.»

Habitué à changer régulièrement de ballon selon les compétitions, il estime s'adapter rapidement. «Le Derbystar utilisé en Bundesliga est différent. L'Adidas paraît plus compact, presque plus petit, et il flotte davantage. Le Derbystar est un peu plus lent.»

Pascal Zuberbühler, ancien gardien de la Nati et membre du Groupe d'étude technique de la FIFA aux côtés d'Arsène Wenger, ne partage toutefois pas totalement cette analyse. «Les gardiens nous disent que les frappes lointaines arrivent un peu plus vite. En revanche, l'idée selon laquelle le ballon aurait une trajectoire imprévisible est fausse. Son comportement est tout à fait normal. C'est un excellent ballon.»

L'ancien international se souvient toutefois que les ballons de son époque étaient bien plus difficiles à maîtriser. «En 2006, ils étaient extrêmement lisses. Heureusement, les fabricants leur ont depuis redonné davantage d'adhérence.»

Et si cela ne suffit pas? Les recettes des gardiens ont elles aussi évolué. Jadis, certains pulvérisaient des boissons isotoniques sur leurs gants pour améliorer l'adhérence. «Aujourd'hui, beaucoup utilisent de la vaseline sur les paumes», révèle Kobel. Foletti sourit: «On faisait déjà ça de mon temps.» Pour lui, le débat revient de toute façon à chaque grand tournoi. «Lors des premiers tirs au camp d'entraînement de Saint-Gall, je me suis dit: «Waouh!» Mais on s'habitue très vite. Après des milliers de frappes à l'entraînement, le ballon ne surprend plus personne.»

Pas de pense-bête sur la gourde

Les tirs au but pourraient bien jouer un rôle décisif lors de la phase à élimination directe. Depuis le début du siècle, près de quatre rencontres à élimination directe par Coupe du monde se terminent en moyenne aux penalties. La Suisse connaît d'ailleurs bien cet exercice: éliminée aux tirs au but en 2006, 2016 et 2024, elle avait en revanche éliminé la France à l'Euro 2021.

Si un tel scénario devait se reproduire en Amérique du Nord, Gregor Kobel ne s'aidera pas d'un pense-bête collé sur sa bouteille d'eau, comme le font de nombreux gardiens. «Je n'ai jamais fonctionné comme ça», explique-t-il.

Comment choisit-il alors son côté? «Je m'appuie à la fois sur les statistiques concernant les habitudes des tireurs et sur mon intuition. Mais, au final, c'est probablement cette dernière qui compte le plus.»

Que la qualification se dessine dans le temps réglementaire, en prolongation ou aux tirs au but, la Suisse espère décrocher sa première victoire en phase à élimination directe d'une Coupe du monde depuis son succès face à la Grande Allemagne en 1938.

Gregor Kobel, lui, semble prêt à aller loin. Il a emporté huit paires de gants avec lui. «J'aime jouer avec des gants neufs», sourit-il. Suffisant pour tenir jusqu'à la finale? Le gardien éclate de rire. «Je ne suis pas du genre à faire de grandes déclarations.» Il préfère laisser parler ses performances... sur le terrain.

Coupe du monde 2026 – Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Mexique
Mexique
3
6
9
2
Afrique du Sud
Afrique du Sud
3
-1
4
3
République de Corée
République de Corée
3
-1
3
4
République Tchèque
République Tchèque
3
-4
1
Playoffs
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Suisse
Suisse
3
4
7
2
Canada
Canada
3
5
4
3
Bosnie-Herzégovine
Bosnie-Herzégovine
3
-1
4
4
Qatar
Qatar
3
-8
1
Playoffs
Groupe C
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Brésil
Brésil
3
6
7
2
Maroc
Maroc
3
3
7
3
Écosse
Écosse
3
-3
3
4
Haïti
Haïti
3
-6
0
Playoffs
Groupe D
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Etats-Unis
Etats-Unis
3
4
6
2
Australie
Australie
3
0
4
3
Paraguay
Paraguay
3
-2
4
4
Turquie
Turquie
3
-2
3
Playoffs
Groupe E
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Allemagne
Allemagne
3
6
6
2
Côte d´Ivoire
Côte d´Ivoire
3
2
6
3
Equateur
Equateur
3
0
4
4
Curaçao
Curaçao
3
-8
1
Playoffs
Groupe F
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Pays-Bas
Pays-Bas
3
6
7
2
Japon
Japon
3
4
5
3
Suède
Suède
3
0
4
4
Tunisie
Tunisie
3
-10
0
Playoffs
Groupe G
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Belgique
Belgique
3
4
5
2
Egypte
Egypte
3
2
5
3
Iran
Iran
3
0
3
4
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
3
-6
1
Playoffs
Groupe H
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Espagne
Espagne
3
5
7
2
Cap Vert
Cap Vert
3
0
3
3
Uruguay
Uruguay
3
-1
2
4
Arabie Saoudite
Arabie Saoudite
3
-4
2
Playoffs
Groupe I
Équipe
J.
DB.
PT.
1
France
France
3
8
9
2
Norvège
Norvège
3
1
6
3
Sénégal
Sénégal
3
2
3
4
Irak
Irak
3
-11
0
Playoffs
Groupe J
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Argentine
Argentine
2
5
6
2
Autriche
Autriche
2
0
3
3
Algérie
Algérie
2
-2
3
4
Jordanie
Jordanie
2
-3
0
Playoffs
Groupe K
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Colombie
Colombie
2
3
6
2
Portugal
Portugal
2
5
4
3
République Démocratique du Congo
République Démocratique du Congo
2
-1
1
4
Ouzbékistan
Ouzbékistan
2
-7
0
Playoffs
Groupe L
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Angleterre
Angleterre
3
4
7
2
Croatie
Croatie
3
0
6
3
Ghana
Ghana
3
0
4
4
Panama
Panama
3
-4
0
Playoffs
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