Le président de l'ASF Peter Knäbel s'exprime, pour Blick, sur tous les thèmes brûlants, juste avant le début de la Coupe du monde.
Peter Knäbel, vous avez dit un jour que vous rêviez souvent de football. De quoi rêvez-vous à l'approche de la Coupe du monde?
C'est vrai, mes rêves tournent souvent autour du football. C'est sans doute parce que je passe beaucoup de temps à m'en occuper pendant la journée. En ce qui concerne la Nati : oui, on a le droit de rêver, mais l'essentiel, c'est d'être prêt au moment où l'on entre sur le terrain.
Quelles sont chances de la Suisse?
Nous avons l’expérience, la qualité et la cohésion. Cela nous donne confiance. Mais un tournoi ne pardonne rien. Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on dit avant, mais le niveau de préparation pour chaque match.
La Nati est l’une des équipes les plus expérimentées du tournoi.
L’expérience sur et en dehors du terrain n’a jamais été aussi importante que lors de cette Coupe du monde. Aux États-Unis, au Mexique et au Canada, tout sera encore plus grand et plus bruyant : les stades, les distances à parcourir, les 48 participants, le rythme entre les matches. C’est là que le parcours que nous avons effectué ensemble lors des derniers tournois nous aide: le staff, mais surtout les joueurs.
Breel Embolo est arrivé avec trois jours de retard en raison de problèmes de visa. L’ASF aurait-elle dû mieux gérer la situation à la suite de sa condamnation?
C’était une situation désagréable que nous traitons en interne. Mais l’important était de rester opérationnels et de permettre à Breel de rejoindre l’équipe le plus rapidement possible. Un grand merci à tous ceux qui nous ont accompagnés dans cette démarche. Breel est arrivé huit jours avant le premier match. Nous pouvons donc à nouveau nous concentrer sur l’aspect sportif.
Le capitaine Granit Xhaka s'est montré très critique après le match nul 1-1 contre l’Australie, puis Ricardo Rodriguez et lui ont fait l’aigle à deux têtes dans les tribunes lors du match de baseball. Quel est votre avis?
Je comprends que de telles images puissent être perçues de plusieurs manières différentes. Nos joueurs apportent avec eux leurs parcours, leurs histoires familiales et leurs émotions – cela fait partie d’eux. En même temps, une chose est claire: lorsqu’ils jouent pour la Suisse et qu’ils sont sur le terrain, c’est ce maillot rouge et blanc qui est au centre de l’attention.
Vous vous êtes adressé à l'équipe lors de la réunion d’équipe lundi. Quel était votre message?
On sentait que le tournoi approchait: déroulement, dispositif de sécurité, etc. Tout le monde devait en être conscient. Les choses sérieuses commencent. Il était important pour moi de transmettre un sentiment à toute la délégation: chacun ici porte une responsabilité pour l’ensemble. Une Coupe du monde ne repose pas uniquement sur les onze joueurs sur le terrain. Il faut de la clarté, du calme, de la confiance et des personnes qui connaissent leur rôle, l’acceptent et le vivent pleinement. Je voulais renforcer encore une fois cette vision commune.
Le soir de la qualification, vous avez annoncé en interne l’objectif de disputer la meilleure Coupe du monde de l'histoire. Pourquoi cet objectif?
Une qualification n’a jamais rien d’une évidence. Celle-ci a été conquise avec autorité et mérite. Je tenais donc à faire passer à Pristina un message qui ne soit pas uniquement lié au résultat. Notre équipe nationale pratique aujourd’hui un football ambitieux, ose prendre des risques, dicte le rythme des matches et sait se montrer dominatrice. Si nous sommes prêts lorsque tout se joue et que nous faisons bloc ensemble, nous atteindrons l’objectif que nous nous sommes fixé.
Que faut-il pour entrer dans l’histoire?
Il faut frapper fort d’entrée. C’est la grande leçon que je retiens des campagnes réussies menées avec les M17 en 2002 et 2009, ainsi qu’avec les M21 en 2011. Au Danemark, nous avions battu le pays hôte 1-0 lors du match d’ouverture, dans un stade plein à craquer, avant de surfer sur cet élan tout au long du tournoi. Un bon départ peut ouvrir bien des portes, même si un premier faux pas n’est pas forcément rédhibitoire. Mais au-delà des résultats, c’est tout un groupe qui doit grandir ensemble au fil de la compétition. Cela passe par une acceptation claire des rôles de chacun, une volonté commune et inébranlable d’accomplir quelque chose de grand avec cette équipe et pour cette équipe, ainsi que par la capacité à tirer rapidement les enseignements de ses erreurs pour avancer.
Ricardo Rodriguez et Granit Xhaka faisaient partie de l’équipe qui a été championne du monde M17 en 2009. Cette génération a-t-elle appris à la Suisse à voir plus grand?
Ce n’est pas comme si nous, les Suisses, n’avions pas cette confiance en nous dans d’autres secteurs. Nous fabriquons le meilleur chocolat, nous produisons les meilleures montres, nous fabriquons le meilleur fromage. Nous nous identifions à la qualité. Traditionnellement, les grandes nations du football ont plus de moyens et plus d’histoire que nous. Mais quand nous sommes en forme, tout peut arriver. Wayne Rooney et Cristiano Ronaldo étaient présents lors du Championnat d’Europe M17 en 2002, Neymar lors de la Coupe du monde M17 en 2009. Nous avions joué contre le Brésil lors du tour préliminaire. On aurait pu ménager nos meilleurs joueurs, en partant du principe qu’on perdrait de toute façon contre le Brésil. Mais l’équipe ne l’a pas voulu. Elle a gagné 1-0 et est allée jusqu’au bout. C’était l’un de ces moments où la confiance en soi s’est installée. Au final, c’était un symbole qu’il ne faut pas sous-estimer. Car cela a montré que si nous croyons en nous, alors tout est possible.
Les joueurs ont déclaré récemment qu’ils n’avaient jamais fait partie d’une équipe aussi soudée. Avez-vous déjà vécu cela au cours de votre longue carrière?
On peut adresser ces compliments des joueurs directement à Pierluigi Tami et Murat Yakin. Pier a constitué un staff très efficace, composé d’excellents experts. La bonne ambiance au sein de l’équipe est le fait du staff technique, et la qualification sans trembler y a certainement contribué. Un tournoi, c’est comme une mini-saison qui part de zéro. L’objectif est que l’équipe trouve à la fin un équilibre stable au plus haut niveau possible. C’est cela qui, à mon avis, fait la différence dans un tournoi.
À quel point l'esprit d'équipe peut-il être déterminant?
C'est une condition sine qua non et cela peut faire la différence lorsque la situation devient tendue. Nous, les Suisses, aimons être ensemble. Et lorsque nous nous sentons vraiment à l'aise, nous sommes capables de réaliser des exploits collectivement.
Quelle est l’importance de la Coupe du monde pour la fédération?
Très importante sur le plan sportif et économique. Elle nous donne une marge de manœuvre supplémentaire pour développer le football en Suisse pour les générations futures – au niveau de la relève, des structures et de la base. En même temps, en tant que fédération, nous devons être organisés de manière à planifier de manière responsable et à long terme, indépendamment d’un tournoi particulier.
Dans quelle mesure intervenez-vous dans les questions sportives? Par exemple dans le cas de Noah Okafor. Ou aujourd’hui dans le fait qu'Alvyn Sanches ne figure pas dans la sélection pour la Coupe du monde, par exemple.
Une partie du succès des campagnes réside dans la définition, la clarification et l’acceptation des rôles. C’est la clé à tous les niveaux, y compris le mien. Il est essentiel que chacun connaisse sa mission et sache où se situent ses limites. Cela fait partie d’une culture de direction qu’il faut instaurer. Au début d’une carrière de joueur, tu es responsable du résultat; tu marques le but ou tu remportes le duel, mais plus tu vieillis et plus tu gravis les échelons de la hiérarchie en tant que dirigeant, plus tu es responsable des personnes qui produisent le résultat. La Coupe du monde est une bonne Coupe du monde si le président doit intervenir le moins possible.
Ce sera une Coupe du monde du gigantisme. 48 équipes, des billets très chers, des frais de voyage et de parking élevés. La FIFA s’éloigne-t-elle de sa base?
Le point le plus important reste le suivant: le football ne doit pas être accessible uniquement à un public riche. Une Coupe du monde doit rester accessible, surtout pour les familles, les jeunes et les vrais fans. On pourra analyser sérieusement les enseignements à tirer des nouveaux modèles tarifaires après le tournoi.
Uli Hoeness a vivement critiqué les prix des billets. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, s’est également exprimé à ce sujet.
Bien sûr, tout le monde souhaite avant tout en tirer un bénéfice économique. Mais pas au détriment de la prochaine génération. Celle-ci ne doit pas se contenter de vivre cette Coupe du monde sur son iPad. Je suis très impatient de connaître les conclusions après le tournoi, car pour la première fois, 48 équipes y participent, ce qui est également une nouveauté pour la FIFA. Mais développer le football à l’échelle mondiale est justement la mission de la FIFA, c’est pourquoi il est souhaitable, d’un point de vue global, qu’une Coupe du monde soit accessible à davantage d’équipes. Pour toutes les nations qui y participent pour la première fois, cette Coupe du monde va susciter beaucoup d’enthousiasme.
La Coupe du monde est à nouveau controversée sur le plan politique en raison du conflit militaire entre les États-Unis et l’Iran. Quelle est votre position à ce sujet?
J’espère que le football sera enfin au centre de l’attention. Nous partons du principe que les organisateurs et les autorités prennent ces questions très au sérieux. Pour nous, la règle est la suivante: nous nous concentrons sur le football, mais restons vigilants. Si une situation venait à se présenter qui affecterait directement notre équipe, notre délégation ou les intérêts du football suisse, nous réagirions de manière claire et responsable.
Le président Gianni Infantino est vivement critiqué par votre collègue norvégienne Lise Klaveness, car sous sa direction, la FIFA est devenue un acteur politique trop influent.
Il doit en principe être possible de critiquer la FIFA. En même temps, mon rôle consiste désormais à représenter les intérêts du football suisse et de notre délégation pendant le tournoi. Les questions de fond doivent être abordées sur les tribunes appropriées – mais elles ne disparaissent pas simplement parce qu’une Coupe du monde commence.
Avez-vous des contacts personnels avec Gianni Infantino?
Les échanges avec la FIFA et l’UEFA font partie du travail d’une fédération nationale. Les échanges personnels au niveau des présidents ont lieu principalement à l’occasion des finales, des tournois et des congrès, comme récemment avec Gianni Infantino à Vancouver. Le fait que les deux organisations aient une forte présence en Suisse est un avantage pour nous. Mais la proximité ne signifie pas que nous ne devons pas faire preuve d’esprit critique. Nous défendons les intérêts du football suisse – de manière constructive, respectueuse et indépendante.
Y a-t-il un risque que ce soit la dernière Coupe du monde pour la Nati avant longtemps?
Non, à court terme, je n’ai aucune inquiétude. Quand on voit que notre équipe M21 compte des joueurs comme Bruno Ogbus, qui s'impose à Freiburg, ainsi que de nombreux autres qui jouent régulièrement soit en Super League, soit à l’étranger, c’est un bon signe pour la profondeur de notre effectif. Sur le plan quantitatif, nous sommes aujourd’hui nettement mieux lotis qu’à l’époque où j’étais directeur technique. Mais une chose reste déterminante: le temps de jeu en club est le moteur du développement des talents.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Mexique | 1 | 2 | 3 | |
2 | République de Corée | 1 | 1 | 3 | |
3 | République Tchèque | 1 | -1 | 0 | |
4 | Afrique du Sud | 1 | -2 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Canada | 1 | 0 | 1 | |
2 | Bosnie-Herzégovine | 1 | 0 | 1 | |
3 | Suisse | 0 | 0 | 0 | |
4 | Qatar | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Brésil | 0 | 0 | 0 | |
2 | Maroc | 0 | 0 | 0 | |
3 | Haïti | 0 | 0 | 0 | |
4 | Écosse | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Etats-Unis | 1 | 3 | 3 | |
2 | Turquie | 0 | 0 | 0 | |
3 | Australie | 0 | 0 | 0 | |
4 | Paraguay | 1 | -3 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Allemagne | 0 | 0 | 0 | |
2 | Curaçao | 0 | 0 | 0 | |
3 | Côte d´Ivoire | 0 | 0 | 0 | |
4 | Equateur | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Pays-Bas | 0 | 0 | 0 | |
2 | Japon | 0 | 0 | 0 | |
3 | Suède | 0 | 0 | 0 | |
4 | Tunisie | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Belgique | 0 | 0 | 0 | |
2 | Egypte | 0 | 0 | 0 | |
3 | Iran | 0 | 0 | 0 | |
4 | Nouvelle-Zélande | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Espagne | 0 | 0 | 0 | |
2 | Cap Vert | 0 | 0 | 0 | |
3 | Arabie Saoudite | 0 | 0 | 0 | |
4 | Uruguay | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | France | 0 | 0 | 0 | |
2 | Sénégal | 0 | 0 | 0 | |
3 | Irak | 0 | 0 | 0 | |
4 | Norvège | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Argentine | 0 | 0 | 0 | |
2 | Algérie | 0 | 0 | 0 | |
3 | Autriche | 0 | 0 | 0 | |
4 | Jordanie | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Portugal | 0 | 0 | 0 | |
2 | République Démocratique du Congo | 0 | 0 | 0 | |
3 | Ouzbékistan | 0 | 0 | 0 | |
4 | Colombie | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Angleterre | 0 | 0 | 0 | |
2 | Croatie | 0 | 0 | 0 | |
3 | Ghana | 0 | 0 | 0 | |
4 | Panama | 0 | 0 | 0 |

