Après l'exploit contre l'Italie
La Bosnie a fêté ses héros jusqu'au bout de la nuit

La Bosnie-Herzégovine s'est qualifiée mardi pour la Coupe du monde en battant l'Italie lors des barrages. Après ce succès, les Bosniens ont envahi les rues pour célébrer jusqu'au petit matin.
Des scènes de liesse ont eu lieu jusqu'à tard dans la nuit.
Photo: Anadolu via Getty Images

«C'était un gros morceau», s'est réjouie une jeune supportrice bosnienne qui a célébré jusqu'à tard dans la nuit la qualification en barrages de l'équipe nationale contre l'Italie, synonyme d'une deuxième participation au Mondial de foot depuis la proclamation de l'indépendance en 1992.

Des scènes de liesse ont eu lieu quasiment jusqu'à l'aube mercredi dans plusieurs villes du pays, notamment à Zenica, en Bosnie centrale, où l'équipe nationale a l'habitude d'affronter ses adversaires, dans un petit stade de quelque 18'000 places, incrusté au milieu des immeubles d'habitation de cette ville industrielle. Un feu d'artifice a illuminé le ciel de l'agglomération d'une centaine de milliers d'habitants, appelée aussi «le nid du dragon», avant même la fin de la séance de tirs aux buts (1-1 a.p, 4-1 tab).

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«Le match a été tendu jusqu'à la dernière seconde, mais nous savions dans notre coeur qu'on allait gagner», explique à l'AFP, peu après l'issue heureuse, Teo Laic, 19 ans, qui a regardé la rencontre dans une salle de sports, à quelque centaines de mètres du stade, où elle a été retransmise en direct. Là, des milliers de supporteurs, qui n'avaient pas pu acheter un billet pour le match - le prix de ceux vendus au marché noir ayant grimpé à plusieurs centaines d'euros - y ont éclaté de joie.

Une casquette bleue et jaune, couleurs du drapeau bosnien, vissée sur la tête et un drapeau du pays sur les épaules, Velida Garanovic, expatriée en Autriche, a fait la route pour assister à cette deuxième qualification de l'équipe nationale à un Mondial, après celle au Brésil en 2014. «Une ambiance indescriptible. Je suis venue pour vivre ça, j'étais certaine qu'on allait gagner. Nous sommes les meilleurs», lance cette femme de 45 ans.

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Dans les rues de Zenica, des voitures sillonnent la ville, les chauffeurs klaxonnent, les passagers sont assis aux fenêtres et parfois sur le capot, et agitent les drapeaux officiels, mais également certains avec un bouclier bleu orné de lys dorés, étendard du pays pendant les quelques années après la proclamation d'indépendance.

«Regardez ce dont nous sommes capables»

A propos de l'Italie, «beaucoup d'entre nous pensions que c'était un gros morceau à avaler, mais comme disait (Tarik) Muharemovic (le défenseur bosnien de 23 ans), nous ne craignons que Dieu. Nous avons quand même eu une forte conviction qu'on allait gagner», dit Aldijana Svago, étudiante de médecine de 25 ans. «Mais regardez ce dont nous sommes capables! Nous avons éliminé les quadruples champions du monde. Nous allons en Amérique!», s'exclame, avec une grande émotion Abidin Colakovic, 41 ans, un fervent supporteur des Zmajevi (les Dragons).

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Egalement double championne d'Europe, l'Italie a donc vu sa route vers le Mondial barrée pour la troisième fois d'affilée, cette fois-ci par une équipe bosnienne rajeunie par son sélectionneur Sergej Barbarez, ancien international, et emmenée par le buteur vétéran Edin Dzeko, un enfant de Sarajevo qui a célébré ses 40 ans le 17 mars.

Une première depuis 2014

En pleine nuit, il a fait venir ses coéquipiers dans la capitale où une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes les attendait pour leur rendre hommage sur le boulevard principal Maréchal Tito. «Nous avons lancé cette opération il y a douze ans, et nous y voilà à nouveau!», a lancé le capitaine bosnien depuis un balcon orné d'un géant drapeau du pays.

«Il parlait d'un joueur de poker, c'est ça ?», a-t-il ajouté en passant son bras sur l'épaule de Sergej Barbarez. «Mais quel joli bluff alors», a-t-il plaisanté, en faisant référence à une déclaration du sélectionneur italien Gennaro Gattuso, qui a dit avant le match, selon la presse bosnienne, que Barbarez était «un grand joueur et qu'il aime le poker».

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Peu avant, lorsqu'un présentateur a scandé le nom de Dzeko (73 buts en 148 sélections), un feu d'artifice a été tiré à sa gloire et des centaines de torches ont été allumées sur le boulevard Tito. «Je n'étais jamais entré dans un match aussi calmement, je n'avais jamais prononcé un discours si calme avant une rencontre. J'étais vraiment fier. Je leur ai dit de sortir et d'en profiter», a expliqué Barbarez dans une déclaration à la télévision nationale (BHRT).


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