«Le monde entier nous regarde»
Bienvenue à Kansas City, capitale du soccer!

Kansas City cultive sa différence! 38e plus grande ville des Etats-Unis «seulement», KC accueille pourtant six matches de la Coupe du monde et se fait remarquer par son hospitalité. Et par son attrait pour le soccer, dont elle se revendique capitale américaine.
Blick_Tim_Guillemin.png
Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

«The soccer capital of America»! Le slogan claque et est visible depuis des kilomètres, lui qui est affiché en très grand sur l'un des clinquants buildings du centre de Kansas City, une ville qui revendique son côté atypique dans cette Coupe du monde. Mieux: qui en fait une force.

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

«Nous ne sommes pas les plus grands, mais j'ai beaucoup voyagé depuis le début du tournoi et tout le monde me dit que ce que nous avons mis en place ici, à Kansas City, est spécial», glisse dans un sourire Clark Hunt, qui fait partie du comité directeur qui a permis à cette ville du Missouri de réussir son opération «World Cup 2026».

Trente-huitième plus grande ville des Etats-Unis avec ses 500'000 habitants, Kansas City, qui accueille six matches de la Coupe du monde dont le quart de finale entre la Suisse et l'Argentine samedi, ne dégage pas la même puissance que les mastodontes New York, Los Angeles, Mexico City ou Houston, pour ne citer que ces quatre-là, mais a su cultiver un sens de l'hospitalité qui a séduit beaucoup de ses visiteurs, à commencer par les quatre équipes ayant choisi d'y installer leur camp de base: l'Argentine, l'Algérie, les Pays-Bas et l'Angleterre.

Kansas City, l'hospitalité avant tout

«C'est plus que n'importe quelle autre ville! Nous étions les seuls à avoir quatre équipes chez nous», se félicite son collègue Cliff Illig, lui aussi cheville ouvrière de l'organisation.

«Cela s'explique par notre position centrale aux Etats-Unis, bien sûr, car elle permet aux équipes de gagner du temps dans leurs voyages, mais aussi par la manière dont nous les avons accueillie lors de leur première visite, assure-t-il. Nous avons fait en sorte que tout le monde se sente bien: les équipes, les staffs, mais aussi les médias, les suiveurs, les fans... Et puis, bien sûr, il y a nos infrastructures: elles sont tellement bonnes qu'il y a même eu de la compétition entre les équipes pour savoir qui pouvait aller où! Je suis fier de ce qui s'est passé ici. Ces dix ans de travail ont été fructueux: nous avons pu montrer au monde entier que Kansas City était un lieu où le soccer était vivant.»

Et où les fans n'étaient pas tondus, puisque les transports ont été majoritairement proposés gratuitement, ou à prix réduit. Pour le cortège de samedi soir des fans suisses, qui débutera au centre-ville, et se poursuivra en bus, le prix sera de quinze dollars pour le bus. Il aurait pu être supérieur à 100 dollars à New York...

Une fresque murale à l'effigie de Lionel Messi, toujours à Kansas City.
Photo: Anadolu via Getty Images

Si le soccer est aussi populaire dans cette très accueillante ville du Missouri où les spécialités locales sont le jazz et la viande grillée, c'est en grande partie à Lamar Hunt qu'elle le doit. «Mon père serait tellement fier de ce qui se passe en ce moment», explique son fils Clark, très ému. «Il se promènerait dans les fan-zones, il verrait ces gens heureux, qui chantent... C'est tout ce dont il rêvait! Il aimait le football populaire, alors voir les gens venir du monde entier pour du soccer, il aurait adoré. Sans même parler des matches: les meilleures équipes du monde à Kansas City, imaginez un peu!»

Une histoire d'amour qui a débuté en 1962 à Dublin

L'histoire d'amour entre Lamar Hunt et le football a démarré en 1962, comme l'explique toujours son fils Clark. «Il était parti retrouver ma mère en Irlande, à Dublin plus précisément. Elle y était en séjour et un soir, presque par hasard, ils sont allés voir un match de soccer.» Clark avait trois ans et son paternel est tombé «in love» de ce fantastique sport qu'est le football, celui qui se joue avec un ballon rond. «C'était un match des Shamrock Rovers», détaille-t-il.

Granit Xhaka et Murat Yakin à Kansas City.
Photo: Getty Images via AFP

Une fois rentré aux Etats-Unis, Lamar Hunt laisse le football de côté, mais regarde, intrigué, la finale de la Coupe du monde 1966 à la télévision. Et là, le deuxième choc. «Il y avait le match, bien sûr, l'une des finales les plus mythiques de l'histoire. L'Angleterre avait affronté l'Allemagne de l'Ouest. Mais il y avait aussi et surtout tout le reste: les tribunes, les fans qui chantent, l'ambiance, l'histoire...» Cette fois, le paternel était accroché au soccer. Il n'a d'ailleurs manqué que deux tournois sur place jusqu'à son décès en 2006!

Lamar Hunt, un visionnaire parti trop tôt

En 1967, il fonde les Dallas Tornado, puis participe à la création du nouveau championnat, la NASL. Il a d'ailleurs été le fondateur ou propriétaire de trois clubs: le Columbus Crew, le FC Dallas et le Sporting Kansas City! «Mon père était un visionnaire. On en parle souvent en famille. Son seul problème, c'est qu'il avait raison quarante ans trop tôt pour ce qui est de la Major League Soccer», souffle Clark, qui a repris fièrement le flambeau et est également le «chairman» et CEO de la très forte équipe de football américain des Kansas City Chiefs, dont le monumental stade accueille six matches de la Coupe du monde.

Le stade des Kansas City Chiefs, où la Suisse jouera samedi.
Photo: Toto Marti

Dix ans de travail pour quelques semaines de compétition: le calcul pourrait sembler disproportionné. Il ne l'est pas aux yeux de Cliff Illig. «La Coupe du monde n'a pas créé la culture du soccer à Kansas City, mais elle a braqué un immense projecteur sur tout ce que nous faisions déjà ici», insiste-t-il. «Nous sommes allés jusque dans les moindres détails. Nous voulions que les équipes, les supporters et les médias repartent avec le sentiment d'avoir vécu quelque chose de spécial.»

Les enfants vont perpétuer l'héritage

Pour lui, l'héritage dépassera largement le cadre du tournoi. «L'avenir du football dans cette région est extrêmement brillant. Il y aura un impact économique majeur, bien sûr, mais surtout davantage d'enfants qui auront envie de jouer au football. Nous avons montré au monde entier que Kansas City est une véritable place de soccer.»

L'équipe d'Argentine se sent bien dans le Missouri.
Photo: FIFA via Getty Images

Clark Hunt partage cette conviction. «Toute la communauté s'est réunie pour rendre ce succès possible. C'était notre chance et nous l'avons saisie», savoure-t-il. Le dirigeant est persuadé que ces quelques semaines laisseront une empreinte durable. «Les fans de sport du monde entier vont se souvenir de Kansas City. On parle de milliards de personnes. Rien ne se compare à une Coupe du monde.» Même pas le Super Bowl, c'est dire!

Un héritage qui va durer

Samedi, lorsque la Suisse et l'Argentine entreront sur la pelouse d'un stade une nouvelle fois plein à sauter malgré son éloignement du centre-ville, Kansas City n'accueillera pas seulement un quart de finale de Coupe du monde. Elle aura, aux yeux de ses habitants et du comité d'organisation de «KC26», définitivement gagné sa place sur la carte mondiale du football. Sa plus belle victoire. Et dire que tout est parti de Lamar Hunt et de ce match des Shamrock Rovers en 1962...

Coupe du monde 2026 – Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Mexique
Mexique
3
6
9
2
Afrique du Sud
Afrique du Sud
3
-1
4
3
République de Corée
République de Corée
3
-1
3
4
République Tchèque
République Tchèque
3
-4
1
Playoffs
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Suisse
Suisse
3
4
7
2
Canada
Canada
3
5
4
3
Bosnie-Herzégovine
Bosnie-Herzégovine
3
-1
4
4
Qatar
Qatar
3
-8
1
Playoffs
Groupe C
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Brésil
Brésil
3
6
7
2
Maroc
Maroc
3
3
7
3
Écosse
Écosse
3
-3
3
4
Haïti
Haïti
3
-6
0
Playoffs
Groupe D
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Etats-Unis
Etats-Unis
3
4
6
2
Australie
Australie
3
0
4
3
Paraguay
Paraguay
3
-2
4
4
Turquie
Turquie
3
-2
3
Playoffs
Groupe E
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Allemagne
Allemagne
3
6
6
2
Côte d´Ivoire
Côte d´Ivoire
3
2
6
3
Equateur
Equateur
3
0
4
4
Curaçao
Curaçao
3
-8
1
Playoffs
Groupe F
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Pays-Bas
Pays-Bas
3
6
7
2
Japon
Japon
3
4
5
3
Suède
Suède
3
0
4
4
Tunisie
Tunisie
3
-10
0
Playoffs
Groupe G
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Belgique
Belgique
3
4
5
2
Egypte
Egypte
3
2
5
3
Iran
Iran
3
0
3
4
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
3
-6
1
Playoffs
Groupe H
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Espagne
Espagne
3
5
7
2
Cap Vert
Cap Vert
3
0
3
3
Uruguay
Uruguay
3
-1
2
4
Arabie Saoudite
Arabie Saoudite
3
-4
2
Playoffs
Groupe I
Équipe
J.
DB.
PT.
1
France
France
3
8
9
2
Norvège
Norvège
3
1
6
3
Sénégal
Sénégal
3
2
3
4
Irak
Irak
3
-11
0
Playoffs
Groupe J
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Argentine
Argentine
3
7
9
2
Autriche
Autriche
3
0
4
3
Algérie
Algérie
3
-2
4
4
Jordanie
Jordanie
3
-5
0
Playoffs
Groupe K
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Colombie
Colombie
3
3
7
2
Portugal
Portugal
3
5
5
3
République Démocratique du Congo
République Démocratique du Congo
3
1
4
4
Ouzbékistan
Ouzbékistan
3
-9
0
Playoffs
Groupe L
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Angleterre
Angleterre
3
4
7
2
Croatie
Croatie
3
0
6
3
Ghana
Ghana
3
0
4
4
Panama
Panama
3
-4
0
Playoffs
Mentionné dans cet article
Articles les plus lus