La folle passion du peuple égyptien pour son équipe
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Au soutien des Pharaons:La folle passion du peuple égyptien pour son équipe

Un pays fou des Pharaons
«En Egypte, le football est aussi important que le pain et l'eau»

L'équipe d'Egypte s'est entraînée à Seattle ce jeudi, alors que des dizaines de fans chantaient en dehors du stade. Le peuple est fou de son équipe, qui a une occasion en or de remporter la première place de son groupe ce vendredi face à l'Iran.
Mahmoud Saber est submergé de journalistes ce jeudi à Seattle. Ils sont soixante à être venus du pays pour suivre les Pharaons.
Photo: DR
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

L'équipe d'Egypte vient à peine de commencer son entraînement, ce jeudi soir à Seattle, que des dizaines de supporters des Pharaons se sont déjà regroupés en dehors de l'enceinte. Ils ne voient rien de la séance, mais ils chantent, ils crient et font la fête. Des klaxons, de la musique, des encouragements «à l'aveugle» et surtout beaucoup de rires et de bonne humeur viennent accompagner les joueurs à la veille de défier l'Iran pour leur troisième match dans cette Coupe du monde (jeudi à 20h à Seattle, vendredi à 5h en Suisse, à 6h au Caire). Une rencontre qui pourrait être historique puisque l'Egypte peut très raisonnablement espérer finir en tête de son groupe, après avoir fait match nul contre la Belgique (1-1), puis battu la Nouvelle-Zélande (3-1). Un point pourrait même lui suffire, dans le meilleur des cas.

Les supporters sont venus de partout

Mohamed, venu d'Alexandrie et arrivé le matin même à Seattle, en a les larmes aux yeux. «Je suis venu avec mon fils. Dès que l'Egypte s'est qualifiée, nous avons fait les démarches pour le visa. Nous n'avions pas assez d'argent pour venir aux deux premiers matches, nous avons ciblé celui-là.» Le vol l'a amené du Caire à Dubaï, puis à Los Angeles. «Nous restons trois jours, c'est la première fois que nous venons aux Etats-Unis», confie l'Egyptien, très ému et aussi très en voix.

Ahmed a lui fait un moins grand voyage, puisqu'il vient du Canada, tout près. «Je suis arrivé de Vancouver hier. Je n'ai pas encore de billet de match, j'en cherche un, mais ils coûtent près de 500 dollars... Je vais finir par craquer et en acheter un, mais c'est beaucoup d'argent», soupire-t-il, alors que les joueurs sont toujours en train de s'entraîner derrière le mur qui les sépare de leurs supporters. «Je suis égyptien et canadien désormais. Je supporte aussi le Canada, mais la ferveur qu'il y a en Egypte, c'est fou», sourit ce supporter d'Al Ahly, comme l'immense majorité du pays.

Faites taper les tambours pour le rythme!
Photo: DR

Cette ferveur n'étonne évidemment pas Waleed Elhadidy, expérimenté journaliste égyptien. «Chez nous, le football est aussi important que le pain et l'eau», image-t-il sans exagérer le moins du monde. «Nous avons environ 120 millions de supporters. Nous n'étions pas à la dernière Coupe du monde au Qatar, mais nous avons placé énormément d'espoirs dans cette équipe. Nous croyons qu'elle peut écrire l'histoire dans ce tournoi», détaille le reporter, qui souligne aussi l'excellente collaboration entre les journalistes et la sélection, loin d'être une évidence dans toutes les délégations. «Notre fédération et nos attachés de presse nous facilitent vraiment le travail. Ils comprennent notre mission et nous donnent toutes les possibilités de couvrir l'équipe dans les meilleures conditions», explique-t-il. Une sorte d'union sacrée qui tiendra tant que l'équipe gagne, comme toujours. Car les médias égyptiens peuvent être aussi féroces quand ils sont déçus qu'exaltés quand les performances de l'équipe sont à la hauteur.

Le ton monte vite... et redescend tout aussi vite

Pour l'heure, tout va bien, donc. Au début de l'entraînement, les médias ont pu réaliser les interviews de trois joueurs et la passion démontrée par les journalistes est très loin de ce qui se passe avec l'équipe de Suisse, par exemple. Pour obtenir la meilleure place pour filmer ou poser son micro, les professionnels des médias jouent des coudes et le ton est monté à une ou deux reprises pendant les quelques minutes consacrées aux interviews, avant de redescendre aussi vite. Pour qui a vécu les moments policés autour de l'équipe de Suisse, le contraste est saisissant. Septante à huitante journalistes suivent les Pharaons en permanence, dont soixante venus directement d'Egypte, et les débats peuvent être enflammés, les coups de gueule et les prises de bec aussi.

Waleed Elhadidy en plein travail ce jeudi à Seattle, juste en dehors du terrain d'entraînement des Washington Huskies.
Photo: DR

Waleed Elhadidy s'en amuse. «Je pense en effet que le football et les médias fonctionnent différemment en Suisse et en Égypte», sourit ce professionnel aguerri, qui dispose d'une grande culture du jeu, comme nombre de ses collègues. «La Suisse et l'Egypte ont beaucoup de références communes», explique-t-il ainsi, en citant en premier Mohamed Salah et Mohamed Elneny, tous deux passés par le FC Bâle, mais en élargissant aussitôt et spontanément le constat à Hany Ramzy, Hossam Hassan et Ibrahim Hassan, les trois stars de Neuchâtel des années 90. «Et bien sûr Essam El-Hadary à Sion, mais c'était un peu plus compliqué», fait-il remarquer dans un clin d'oeil. Et puis, il y a les entraîneur suisses, bien sûr. «Marcel Koller et René Weiler ont laissé un excellent souvenir en Égypte grâce à leur travail avec Al Ahly. Marcel Koller est même considéré comme une légende par de nombreux supporters du club.»

L'Egypte et la malédiction de la Coupe du monde

Aussi fou que cela puisse paraître, l'Egypte n'avait encore jamais gagné un match de Coupe du monde avant de battre les Néo-Zélandais la semaine dernière. «Chez nous, on parlait même de magie noire», explique Waleed Elhadidy en ne plaisantant qu'à moitié. «On a gagné sept Coupes d'Afrique des Nations, mais jamais un match de Coupe du monde avant cette année, alors que notre histoire avec cette compétition a démarré en 1934», s'étonne-t-il, sans que personne ne puisse l'expliquer. Cette première victoire a encore alimenté un enthousiasme déjà immense.

«Depuis notre première victoire, je reçois des appels et des messages de mes amis, de ma famille et de mes collègues. La passion est immense. Si l'équipe continue sur cette lancée, l'ambition des Égyptiens deviendra de plus en plus grand à chaque match», assure le reporter, avant de se mettre à rêver un peu. «Le Maroc a montré voilà quatre ans qu'une équipe africaine pouvait atteindre les demi-finales. Alors pourquoi pas nous?».

Des dizaines de milliers d'Egyptiens au stade

Si l'engouement est fou au pays, il l'est également sur place. «Des milliers de supporters ont fait le déplacement depuis l'Égypte et des dizaines de milliers d'Égyptiens vivant aux États-Unis viennent de tout le pays pour soutenir la sélection», affirme Waleed Elhadid, tout en précisant que la question des visas n'en a pas été vraiment une, en tout cas pour les professionnels des médias. «En ce qui me concerne, j'en avais déjà un grâce à la Coupe du monde des clubs de la FIFA l'an dernier. Plus de 90% des journalistes qui en ont fait la demande l'ont obtenu», assure-t-il.

Dehors, les supporters des Pharaons, eux, n'en finissent pas de chanter leur amour pour «Masr», le nom de leur pays en arabe égyptien. Et au stade jeudi, ils pousseront sans rêlache et pendant 90 minutes leur équipe à la victoire, pour la faire entrer encore un peu plus dans l'histoire.

Coupe du monde 2026 – Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Mexique
Mexique
3
6
9
2
Afrique du Sud
Afrique du Sud
3
-1
4
3
République de Corée
République de Corée
3
-1
3
4
République Tchèque
République Tchèque
3
-4
1
Playoffs
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Suisse
Suisse
3
4
7
2
Canada
Canada
3
5
4
3
Bosnie-Herzégovine
Bosnie-Herzégovine
3
-1
4
4
Qatar
Qatar
3
-8
1
Playoffs
Groupe C
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Brésil
Brésil
3
6
7
2
Maroc
Maroc
3
3
7
3
Écosse
Écosse
3
-3
3
4
Haïti
Haïti
3
-6
0
Playoffs
Groupe D
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Etats-Unis
Etats-Unis
3
4
6
2
Australie
Australie
3
0
4
3
Paraguay
Paraguay
3
-2
4
4
Turquie
Turquie
3
-2
3
Playoffs
Groupe E
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Allemagne
Allemagne
3
6
6
2
Côte d´Ivoire
Côte d´Ivoire
3
2
6
3
Equateur
Equateur
3
0
4
4
Curaçao
Curaçao
3
-8
1
Playoffs
Groupe F
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Pays-Bas
Pays-Bas
3
6
7
2
Japon
Japon
3
4
5
3
Suède
Suède
3
0
4
4
Tunisie
Tunisie
3
-10
0
Playoffs
Groupe G
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Egypte
Egypte
2
2
4
2
Iran
Iran
2
0
2
3
Belgique
Belgique
2
0
2
4
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
2
-2
1
Playoffs
Groupe H
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Espagne
Espagne
2
4
4
2
Uruguay
Uruguay
2
0
2
3
Cap Vert
Cap Vert
2
0
2
4
Arabie Saoudite
Arabie Saoudite
2
-4
1
Playoffs
Groupe I
Équipe
J.
DB.
PT.
1
France
France
2
5
6
2
Norvège
Norvège
2
4
6
3
Sénégal
Sénégal
2
-3
0
4
Irak
Irak
2
-6
0
Playoffs
Groupe J
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Argentine
Argentine
2
5
6
2
Autriche
Autriche
2
0
3
3
Algérie
Algérie
2
-2
3
4
Jordanie
Jordanie
2
-3
0
Playoffs
Groupe K
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Colombie
Colombie
2
3
6
2
Portugal
Portugal
2
5
4
3
République Démocratique du Congo
République Démocratique du Congo
2
-1
1
4
Ouzbékistan
Ouzbékistan
2
-7
0
Playoffs
Groupe L
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Angleterre
Angleterre
2
2
4
2
Ghana
Ghana
2
1
4
3
Croatie
Croatie
2
-1
3
4
Panama
Panama
2
-2
0
Playoffs
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