De la revanche dans l'air
«En 2002, les Français avaient manqué de respect au Sénégal»

En 2002, le Sénégal de Khalilou Fadiga battait à Séoul la France de David Trezeguet, pourtant championne du monde en titre, lors de la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. Un cataclysme côté français, le début d'une riche histoire pour le Sénégal.
1/2
Papa Bouba Diop avait inscirt le seul but du match
Photo: Getty Images
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

En 2002, «la France ne connaissait pas le Sénégal», se rappellent Khalilou Fadiga et David Trezeguet. Les deux attaquants se remémorent le «manque de respect» ressenti par les Lions de la Teranga et la «fin d'un cycle» que les Bleus n'avaient pas anticipé.

Quel était l'état d'esprit de chacun avant la rencontre?
Khalilou Fadiga: «Dès le jour du tirage, Bruno Metsu, notre sélectionneur, nous a expliqué que la rencontre avait déjà commencé. En lisant les articles qui sont sortis, on s'est rendu compte de l'ignorance des entraineurs et dirigeants français de l'époque à propos du Sénégal. C'était presque insultant, les trois-quarts d'entre nous avaient été formés en France, on jouait dans le championnat français. On était des binationaux. Donc on a joué sur cette fibre patriotique, très forte».

David Trezeguet: «Nous, nous étions conscients de nos forces. Conscients qu'après 1998 et 2000, notre équipe était en place et qu'elle était là pour remporter le tournoi. Mais on savait tous également que, dans le football, tout peut basculer très vite. La défaite contre le Sénégal nous l'a rappelé brutalement. Ils nous ont mis en difficulté. A l'époque, il faut avouer qu'on ne les connaissait pas très bien. On a compris trop tard qu'en football, l'erreur n'est pas permise. Il faut être prêt à chaque match».

Quand avez-vous senti pendant la rencontre que le match vous appartenait ou au contraire vous échappait?
KF:
«D'abord, on n'avait pas en tête de faire un exploit, on voulait aller au bout de cette Coupe du monde. On n'était pas là juste pour le match contre la France, on voulait battre toutes les équipes. Du coup, pendant le match, on se disait 'il faut continuer à jouer', tout simplement, avec nos forces avec notre puissance. On ne lâchait pas le morceau. Tant que l'arbitre n'avait pas sifflé, nous, on était dans notre match».

DT: «Tactiquement, le match était complexe. On avait des occasions, on a même touché le poteau, mais mon ami Tony Silva que j'ai connu à Monaco (le gardien sénégalais), a fait un très bon match. Très rapidement, nous ne nous sommes pas sentis à l'aise dans le match. Et sur une action en contre, le Sénégal marque. A partir de là, la partie est devenue encore plus difficile. Nous ne sommes jamais parvenus à trouver les solutions qu'il fallait».

Qu'est-ce que cette victoire a changé pour le football sénégalais, et qu'est-ce que cette défaite a changé pour le football français?
KF: «On a forcé le respect de ceux qui ne nous connaissaient pas. Le continent africain nous connaissait, les joueurs et les dirigeants de nos clubs respectifs nous connaissaient, nous respectaient. Mais cette victoire nous a permis de remettre l'église au centre du village. Certains nous prenaient de haut et cette victoire a permis de remettre les choses en ordre».

DT: «Sans que l'on s'en aperçoive, nous arrivions peut-être, après les victoires de 1998 en Coupe du monde et 2000 à l'Euro, à la fin d'un cycle. Après la défaite contre le Sénégal, nous étions encore dans l'optique de nous qualifier, mais nous n'y sommes pas parvenus. Après la compétition, il y a eu des changements, comme c'est nécessaire dans toutes les équipes nationales».

Quel regard portez-vous sur vos sélections respectives aujourd'hui?
KF: «Comme pour nous en 2002, je leur dis de ne pas se focaliser sur le match de la France. Je souhaite surtout qu'ils terminent le travail qu'on a entamé et qu'ils puissent aller au bout de la compétition».

DT: «L'équipe de France actuelle a tout pour aller jusqu'au bout, avec un entraineur de très haut niveau. Il faut évidemment qu'ils se méfient, d'autant plus qu'ils affrontent le Sénégal dès le premier match comme nous en 2002. Mais contrairement à ma génération, ils doivent avoir un petit sentiment de revanche, ne serait-ce que par rapport à la finale perdue, il y a quatre ans au Qatar».

Coupe du monde 2026 – Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Mexique
Mexique
1
2
3
2
République de Corée
République de Corée
1
1
3
3
République Tchèque
République Tchèque
1
-1
0
4
Afrique du Sud
Afrique du Sud
1
-2
0
Playoffs
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Suisse
Suisse
1
0
1
2
Canada
Canada
1
0
1
3
Qatar
Qatar
1
0
1
4
Bosnie-Herzégovine
Bosnie-Herzégovine
1
0
1
Playoffs
Groupe C
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Écosse
Écosse
1
1
3
2
Maroc
Maroc
1
0
1
3
Brésil
Brésil
1
0
1
4
Haïti
Haïti
1
-1
0
Playoffs
Groupe D
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Etats-Unis
Etats-Unis
1
3
3
2
Australie
Australie
1
2
3
3
Turquie
Turquie
1
-2
0
4
Paraguay
Paraguay
1
-3
0
Playoffs
Groupe E
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Allemagne
Allemagne
1
6
3
2
Côte d´Ivoire
Côte d´Ivoire
1
1
3
3
Equateur
Equateur
1
-1
0
4
Curaçao
Curaçao
1
-6
0
Playoffs
Groupe F
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Suède
Suède
1
4
3
2
Japon
Japon
1
0
1
3
Pays-Bas
Pays-Bas
1
0
1
4
Tunisie
Tunisie
1
-4
0
Playoffs
Groupe G
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
1
0
1
2
Iran
Iran
1
0
1
3
Belgique
Belgique
1
0
1
4
Egypte
Egypte
1
0
1
Playoffs
Groupe H
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Uruguay
Uruguay
1
0
1
2
Arabie Saoudite
Arabie Saoudite
1
0
1
3
Espagne
Espagne
1
0
1
4
Cap Vert
Cap Vert
1
0
1
Playoffs
Groupe I
Équipe
J.
DB.
PT.
1
France
France
0
0
0
2
Sénégal
Sénégal
0
0
0
3
Irak
Irak
0
0
0
4
Norvège
Norvège
0
0
0
Playoffs
Groupe J
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Argentine
Argentine
0
0
0
2
Algérie
Algérie
0
0
0
3
Autriche
Autriche
0
0
0
4
Jordanie
Jordanie
0
0
0
Playoffs
Groupe K
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Portugal
Portugal
0
0
0
2
République Démocratique du Congo
République Démocratique du Congo
0
0
0
3
Ouzbékistan
Ouzbékistan
0
0
0
4
Colombie
Colombie
0
0
0
Playoffs
Groupe L
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Angleterre
Angleterre
0
0
0
2
Croatie
Croatie
0
0
0
3
Ghana
Ghana
0
0
0
4
Panama
Panama
0
0
0
Playoffs
Mentionné dans cet article
Articles les plus lus