A Genève, là où tout a commencé
«On sentait qu'il était né avec un talent particulier»: retour aux sources chez Johan Manzambi

La future superstar du football suisse est née voilà vingt ans à Genève. Son nom: Johan Manzambi. Malgré les sollicitations grandissantes et les millions qui s’apprêtent à tomber, ce jeune homme intelligent garde les pieds bien sur terre. Rencontre sur ses terres.
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Pour ce portrait, Johan Manzambi est retourné à l'Ecole Geisendorf, à Geneve
Photo: BASTIEN GALLAY / GALLAYPHOTO
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Bastien FellerJournaliste Blick

Jeudi soir, Johan Manzambi s'est montré sous son meilleur jour en marquant deux buts pour l'équipe de Suisse face à la Bosnie. Entré en cours de match, le Genevois a sorti la sélection nationale d'un bien mauvais pas. Quelques jours avant son départ pour les États-Unis, nous l'avions rencontré chez lui, dans sa ville natale.

Le soleil tape fort en cette fin mai sur le terrain de foot de l’école Geisendorf, à quelques centaines de mètres de la gare Cornavin. Des enfants shootent dans le ballon sous les yeux de leurs parents. Savent-ils que Johan Manzambi, qui se tient à quelques mètres d’eux et les regarde, était à leur place voilà à peine quelques années? La future superstar du football suisse a grandi dans un appartement à quelques centaines de mètres de là et a, lui aussi, effectué ses premiers pas de footballeur sur ce rectangle de béton. «On l’a saigné, oui», rigole l’international suisse, désormais âgé de 20 ans, assis sur un banc au bord du terrain, accompagné de son grand frère Holly et de sa grande sœur Jalène.

Photo: BASTIEN GALLAY / GALLAYPHOTO

Ces derniers sont les mieux placés pour parler du benjamin de la famille et faire découvrir qui est le vrai Johan, alors que le nom Manzambi est de plus en plus présent dans la cour des grands. «Enfant, il était une boule d’énergie. Notre père l’envoyait jouer dehors, même en hiver», rigole sa grande sœur. «Dans mes souvenirs, j’avais l’impression d’être un enfant comme les autres. Normal. Pas plus, pas moins», contre le principal intéressé, que l’on dit taquin malgré une certaine timidité de façade. «Il n’est pas le dernier pour faire des blagues», assure Holly.

«On sentait qu’il était né avec un talent particulier»

Dès ses premiers pas, le Genevois, qui a grandi dans une famille très soudée et très sportive, tape dans un ballon. Et plutôt bien. «On sentait qu’il était né avec un talent particulier», ajoute l’aîné. Sa sœur Jalène se fait même une fois enguirlander lorsqu’un jour elle demande à son père de le stopper après qu’une ampoule a été brisée par un tir. «Il est né pour ça», lui rétorque-t-il. Le ballon intègre alors pleinement le monde du jeune Johan. Il ne s’en sépare plus, il devient son meilleur ami. «Il en emmenait un avec lui partout: pour aller se brosser les dents, à table pour manger, il dormait même avec», sourit encore Holly, de huit ans son aîné. Johan a également fait un peu de natation, comme Jalène.

Mais c’est le football qui le passionne. Ses parties sur ce terrain bétonné à quelques mètres de chez lui deviennent son repère. Il court, dribble, impressionne. Même les plus grands du quartier. «Il avait 4 ans et jouait déjà mieux que mes potes et moi. Petit déjà, il faisait des choses incroyables. Ce qu’il fait maintenant sur le terrain est ce qu’il a toujours fait.» Puis vient le moment de quitter, progressivement, le terrain de l’école Geisendorf. Direction dans un premier temps Onex et son école de foot. Puis, sur les bords du terrain avec son papa, alors que Holly joue avec les équipes de jeunes du Servette FC, Johan se met à rêver de devenir… gardien de but! «Quand je regardais un match, c’est ce poste que j’observais le plus», explique-t-il à ses interlocuteurs, étonnés de cette confession. S’il admire le Suisse Yann Sommer, l’Allemand Manuel Neuer devient son vrai modèle. Lorsqu’il n’y a personne pour occuper le poste, il se propose. «Mais avec mon père, on lui a rapidement dit d’arrêter avec ça, on était contre», rigole Holly. Le conseil fraternel était le bon.

Une vie d’adulte qui a commencé à 17 ans

En 2026, difficile en effet d’argumenter contre ce choix. Même si Johan, fidèle à sa personnalité calme et posée, trouve tout de même la parade. «On ne sait pas, peut-être qu’en tant que gardien, je serais aussi devenu pro. Mais aujourd’hui, je leur dis quand même merci», sourit celui qui éclot ensuite au Servette FC. Milieu de terrain, attaquant, ailier. Déjà tout jeune, Johan Manzambi se montre polyvalent. Il croit en son rêve de faire du football qu’il aime tant son métier. S’il garde de bons souvenirs de son passage à Servette, il ne cache pas qu’il a dû traverser des moments difficiles. Son temps de jeu baisse par moments, il voit les autres prendre des centimètres qu’il met du temps à obtenir lui-même. Mais il ne lâche pas. «Je pense qu’on a tous eu des moments compliqués», philosophe-t-il.

«
«Au début, c’était assez difficile de vivre seul. Mais ça m’a vraiment fait grandir et gagner en maturité»
Johan Manzambi sur son départ en Allemagne.
»

À la maison, sa famille ne doute pas. «On savait qu’il allait réussir», appuie Holly. La lumière se pose peu à peu sur lui, des intérêts se forment. Notamment à l’étranger. En concertation avec sa famille, il se décide pour l’Allemagne et Freiburg en janvier 2023. Un club réputé pour donner sa chance aux jeunes. Et qui, surtout, ne se trouve pas trop loin de son cocon genevois, puisqu’il suffit de cinq heures de voiture pour relier la Forêt-Noire à son lieu de naissance. Et, bonne nouvelle, apprendre la langue n’est pas si compliqué. «J’avais de bonnes notes en allemand à l’école», sourit-il. Commence alors une vie d’adulte, à seulement 17 ans. Il passe six mois à l’internat du club, avant d’habiter dans son propre studio. «Au début, c’était assez difficile de vivre seul. Mais ça m’a vraiment fait grandir et gagner en maturité», se souvient-il. Sa famille voit alors le dernier de la fratrie devenir un homme. Les trajets entre Genève et Freiburg sont nombreux, les appels téléphoniques journaliers et longs. «Je parle tous les jours avec ma famille, encore aujourd’hui», souligne Johan.

Une ascension fulgurante

Après six mois avec les M19, il intègre la réserve de la première équipe, avant de découvrir l’élite allemande en septembre 2024. «Je ne l’ai pas senti venir. En fin de saison avec la deuxième équipe, j’ai fait quelques entraînements avec les pros. C’est là où je me suis dit que j’étais peut-être vraiment proche, mais je ne me suis pas posé plus de questions», explique-t-il. Le printemps 2025 voit sa carrière décoller, il connaît alors ses premières titularisations en Bundesliga.

L’une d’elles face au Bayer Leverkusen de Granit Xhaka, alors que le sélectionneur national Murat Yakin se trouve dans les tribunes. Le boss de la Nati tombe à son tour sous le charme du garçon et le sélectionne dans la foulée pour une tournée aux États-Unis avec l’équipe de Suisse. La grande. La vraie. Le Genevois marque et fait marquer dès sa première titularisation, à Nashville. Un grand moment pour lui, comme pour sa famille. «J’ai raté ça», sourit avec gêne Jalène, qui explique avoir été perturbée par l’horaire nocturne du match. «J’étais le seul de la famille devant ma télévision», se marre Holly, qui n’aurait loupé ça pour rien au monde.

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«J’ai eu quelques appréhensions, je me demandais comment les choses allaient se passer. Mais finalement, il est resté tel qu’il est.»
Holly, frère de Johan Manzambi
»

Un nouveau contrat lucratif est alors signé avec Freiburg et l’argent ne devient subitement plus un problème. «Ce que ça représente pour moi? Franchement… bonne question. Je ne sais pas», sourit Johan, qui confie ne pas avoir manqué de remercier ses proches pour leur soutien avec des cadeaux. Sur le terrain, le monde du football est de plus en plus intrigué par ce jeune talent au jeu décomplexé. Sa famille, si elle n’est pas surprise, commence à se poser des questions sur la suite. «J’ai eu quelques appréhensions, je me demandais comment les choses allaient se passer. Mais finalement, il est resté tel qu’il est», se réjouit Holly, admiratif de son petit frère. De son côté, l’international suisse avoue son étonnement quant à sa notoriété aussi soudaine qu’importante. «Franchement, je n’y aurais pas cru. Pour moi, tout est passé très vite durant ces deux ans.»

Quelle suite pour Johan Manzambi?

Après cette saison 2025-2026, la notoriété de Johan crève l’écran. Il est choisi à côté de joueurs très prestigieux dans l’équipe type de l’Europa League, dont il atteint la finale avec Freiburg, et son profil circule dans toute l’Europe. Certains très grands clubs lui font les yeux doux, son nom est associé au Real Madrid, au PSG ou au Bayern Munich!

Pas de quoi toutefois lui faire perdre pied. «Parfois, on m’envoie des choses ou je tombe dessus, mais je n’y prête pas attention. Tout ce qui est extra-sportif, c’est plutôt mon agent et mon frère qui gèrent», évacue-t-il. Lui qui explique avoir hérité de la tranquillité de son père angolais et de la rigueur de sa mère congolaise se concentre sur le rectangle vert. Il assure garder les pieds sur terre grâce à sa famille et se concentrer sur le terrain, ce dont le jeune footballeur rêvait sur la surface bétonnée de son école d’enfance. L’un de ses récents exploits l’a marqué plus que les autres. «Mon but à Genève face à la Suède avec l’équipe de Suisse. Dans ma ville, devant ma famille. C’était un moment spécial.»

Alors qu’il découvre en ce mois de mai son visage sur les vignettes Panini qu’il échangeait dans la cour de récréation, il est prêt à franchir encore un palier et à se trouver peut-être au cœur d’un très gros transfert dans la foulée de la Coupe du monde. Deviendra-t-il le joueur suisse le plus cher de l’histoire, dépassant ainsi Granit Xhaka, qu’il admire? Si cela devait arriver, ce serait en étant resté fidèle au petit garçon qui tapait dans son ballon sur le terrain bétonné de Geisendorf.

Coupe du monde 2026 – Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Mexique
Mexique
2
3
6
2
République de Corée
République de Corée
2
0
3
3
République Tchèque
République Tchèque
2
-1
1
4
Afrique du Sud
Afrique du Sud
2
-2
1
Playoffs
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Canada
Canada
2
6
4
2
Suisse
Suisse
2
3
4
3
Bosnie-Herzégovine
Bosnie-Herzégovine
2
-3
1
4
Qatar
Qatar
2
-6
1
Playoffs
Groupe C
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Brésil
Brésil
2
3
4
2
Maroc
Maroc
2
1
4
3
Écosse
Écosse
2
0
3
4
Haïti
Haïti
2
-4
0
Playoffs
Groupe D
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Etats-Unis
Etats-Unis
2
5
6
2
Australie
Australie
2
0
3
3
Paraguay
Paraguay
2
-2
3
4
Turquie
Turquie
2
-3
0
Playoffs
Groupe E
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Allemagne
Allemagne
2
7
6
2
Côte d´Ivoire
Côte d´Ivoire
2
0
3
3
Equateur
Equateur
1
-1
0
4
Curaçao
Curaçao
1
-6
0
Playoffs
Groupe F
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Pays-Bas
Pays-Bas
2
4
4
2
Suède
Suède
2
0
3
3
Japon
Japon
1
0
1
4
Tunisie
Tunisie
1
-4
0
Playoffs
Groupe G
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
1
0
1
2
Iran
Iran
1
0
1
3
Belgique
Belgique
1
0
1
4
Egypte
Egypte
1
0
1
Playoffs
Groupe H
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Uruguay
Uruguay
1
0
1
2
Arabie Saoudite
Arabie Saoudite
1
0
1
3
Espagne
Espagne
1
0
1
4
Cap Vert
Cap Vert
1
0
1
Playoffs
Groupe I
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Norvège
Norvège
1
3
3
2
France
France
1
2
3
3
Sénégal
Sénégal
1
-2
0
4
Irak
Irak
1
-3
0
Playoffs
Groupe J
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Argentine
Argentine
1
3
3
2
Autriche
Autriche
1
2
3
3
Jordanie
Jordanie
1
-2
0
4
Algérie
Algérie
1
-3
0
Playoffs
Groupe K
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Colombie
Colombie
1
2
3
2
République Démocratique du Congo
République Démocratique du Congo
1
0
1
3
Portugal
Portugal
1
0
1
4
Ouzbékistan
Ouzbékistan
1
-2
0
Playoffs
Groupe L
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Angleterre
Angleterre
1
2
3
2
Ghana
Ghana
1
1
3
3
Panama
Panama
1
-1
0
4
Croatie
Croatie
1
-2
0
Playoffs
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