Au moins, il y a eu du spectacle au Parc Saint-Jacques ce vendredi, où l'Allemagne est venue s'imposer 4-3 face à la Suisse grâce à un doublé de Florian Wirtz en deuxième période. L'attaquant de Liverpool a du talent plein les pieds et l'a montré, mais le principal enseignement à tirer de ce match est sans doute que les deux sélectionneurs ont fait ce qu'ils avaient dit avant la partie: Murat Yakin avait assuré que cette rencontre lui servirait à tester le maximum de joueurs. Julian Nagelsmann avait lui clairement indiqué qu'il voulait gagner. Au final, les deux hommes ont eu ce qu'ils cherchaient.
Les onze titulaires des qualifications ont débuté
Comme promis, Murat Yakin avait aligné son équipe-type d'entrée avant de tout changer, proposant son habituel 4-3-2-1, celui qui a permis à la Nati de se qualifier pour la Coupe du monde, qui plus est avec les mêmes hommes. La composition d'équipe était celle attendue et, sauf blessure ou grosse surprise, il devrait s'agir de celle qui débutera la Coupe du monde face au Qatar. En tout cas, dans l'esprit du sélectionneur, les onze hommes alignés d'entrée ont une longueur d'avance et ce n'est sans doute pas ce vendredi qu'ils l'ont perdue, même si la charnière a quelques reproches à se faire. Ni Manuel Akanji ni Nico Elvedi ne sont en effet à créditer d'une bonne première période et si le défenseur de l'Inter est assuré de conserver sa place en juin, son coéquipier ne pourra lui pas se permettre de réaliser le même type de prestation mardi en Norvège.
Une charnière loin d'être irréprochable
La Suisse a en effet encaissé deux buts largement évitables en première période, surtout le deuxième, juste avant la pause. Nico Elvedi a bien mal relancé un ballon facile, Manuel Akanji l'a couvert de façon insuffisante et Serge Gnabry en a profité pour inscrire le 2-2 juste avant le coup de sifflet de l'arbitre pour envoyer les deux équipes aux vestiaires. La Nati pouvait s'en vouloir, d'autant qu'elle venait de passer tout près du 3-1 avec une frappe sur la barre de Fabian Rieder (43e).
Remo Freuler, meilleur homme sur le terrain en première période
La première période a été très animée, avec un but splendide d'entrée de Dan Ndoye au terme d'un admirable solo et d'une frappe sèche et splendide, du gauche, au premier poteau. Une finition de classe, après un très bon travail préparatoire de Remo Freuler (meilleur homme sur le terrain en première période) et de Granit Xhaka.(16e, 1-0).
L'Allemagne a égalisé une première fois à la 26e grâce à un coup de tête de Jonathan Tah, oublié par Silvan Widmer dans son dos, et sur lequel Gregor Kobel aurait dû mieux faire. Le latéral droit s'est cependant rattrapé à la 41e en centrant parfaitement pour Breel Embolo, lequel s'est arraché face à Jonathan Tah pour redonner l'avantage à la Nati (2-1). Quel spectacle dans un Parc Saint-Jacques à guichets fermés!
Murat Yakin a procédé à quatre changements dès la pause, fidèle à ses propos en avant-match, afin de voir le maximum de joueurs possible. Johan Manzambi est entré en attaque, côté droit, à la place de Ruben Vargas, tandis que Miro Muheim a supplée Ricardo Rodriguez. Ardon Jashari a lui remplacé Granit Xhaka poste pour poste.
Denis Zakaria arrière droit «hybride»
Enfin, changement le plus notable, Denis Zakaria est entré comme arrière droit, remplaçant Silvan Widmer, mais le Genevois a eu droit à une adaptation spéciale, venant se positionner au milieu de terrain lorsque la Suisse était à l'attaque, un peu dans le style de Michel Aebischer à l'Euro 2024 (mais de l'autre côté). La Nati n'a ainsi pas évolué à cinq défenseurs avec l'apparition de «Zak», mais dans un système un brin hybride.
Dix joueurs entrés entre la 46e et la 77e
Aurèle Amenda, Joël Monteiro et Alvyn Sanches sont eux entrés peu après l'heure de jeu et il ne restait dès lors plus que trois joueurs de champ titulaires (Nico Elvedi, Remo Freuler et Dan Ndoye) après le but sublime du 3-2 pour l'Allemagne signé de l'artiste Florian Wirtz (61e). L'objectif de Murat Yakin était clair: donner du temps de jeu à un maximum de joueurs afin de les observer face à une opposition de grande qualité et pouvoir se faire une idée, même en une demi-heure, de leur capacité à se hisser à la hauteur de l'événement.
Joël Monteiro égalise à 3-3 d'une frappe splendide
La dernière salve de changements a eu lieu à la 77e avec les entrées de Michel Aebischer, Eray Cömert et Vincent Sierro et il n'a fallu attendre qu'une minute pour assister au 3-3 signé Joël Monteiro sur une frappe magnifique, en pivot. La Suisse, qui évoluait alors avec le seul Gregor Kobel par rapport à la composition initiale, faisait crier de joie le public de Saint-Jacques grâce à cette réussite spectaculaire.
Le jeu était moins délié et fluide qu'en début de match, ce qui semblait logique, mais la Nati ne s'est pas effondrée, bien au contraire. Elle a cependant encaissé le 4-3 signé Florian Wirtz à la 85e pour entériner une défaite au final logique. Place maintenant au voyage en Norvège pour y affronter Erling Haaland et ses coéquipiers mardi soir à Oslo.
