S'il y a bien un mot que l'on entend souvent lors d'une campagne européenne, c'est «récupération». «On va bien récupérer avant le prochain match.» «L'important est de se reposer.» Voilà deux des nombreuses répliques que les acteurs du football utilisent régulièrement. Dans cette optique de maximiser ses chances de performer, le BATE Borisov a fait un choix surprenant au moment de planifier sa venue en Suisse pour y affronter le FC Sion.
En effet, au lieu de choisir l'un des nombreux hôtels situés dans la vallée du Rhône, les Biélorusses ont décidé de prendre leurs quartiers à... Genève. Soit à plus de 2h30 de bus de Tourbillon. Un choix étrange, sachant que le FC Sion choisit lui aussi régulièrement un hôtel à Genève avant d'affronter le Servette FC, lorsque l'horaire du match le justifie. Le BATE est donc retourné au bout du Léman après l'entraînement de mercredi soir, avant de retraverser le canton de Vaud et la moitié du Valais pour affronter les Sédunois jeudi soir. «Nous avons un vol vendredi soir pour rentrer, c'est idéal», explique un membre de la délégation pour justifier ce choix.
«Le voyage a duré près de 30 heures»
Quoi qu'il en soit, ces allers-retours viennent s'ajouter aux périples européens de l'équipe de Vitaliy Rogozhkin. Privés de rencontres à domicile depuis le début du conflit entre la Russie et l'Ukraine, les Biélorusses doivent s'exiler. Avant Sion, ils ont affronté Elbasani, un club albanais. «Ce déplacement a été un vrai cauchemar», sourit le coach du BATE Borisov en conférence de presse d'avant-match.
«Le voyage a duré près de 30 heures. Nous avons dû partir de Biélorussie, franchir la frontière en bus, ce qui a pris entre dix et quinze heures, puis prendre plusieurs vols avec des escales, de Varsovie à Venise, puis de Venise à Tirana», explique-t-il. Le voyage entre Bakou, où le BATE dispute ses matches européens, et Sion a donc été bien plus simple. Même s'il est resté long, comme il l'avait été pour les Sédunois avant le match aller. «Nous avons fait une escale à Istanbul. Le trajet a duré environ huit heures. Je pense donc que, sur ce point, les deux équipes sont à égalité», lance-t-il, déterminé à réaliser un coup ce jeudi.
Quel visage aura le BATE Borisov?
Mais avec quel plan de jeu? En Azerbaïdjan, lors du match aller, le football proposé par Vitaliy Rogozhkin et son équipe avait été minimaliste: défendre, encore et toujours, près de son but, et espérer un miracle offensif, comme celui réalisé par Vladislav Varaksa à la 15e minute. Alors, quel visage aura le BATE? «Tout dépendra encore une fois de l'adversaire. Lors du premier match, Sion nous a obligés à jouer de cette manière. Cette fois, nous essaierons d'imposer notre propre jeu», assure Vitaliy Rogozhkin, satisfait, comme son capitaine Artem Rakhmanov, du résultat du match aller. «Cela laisse les deux équipes en vie.»
L'une d'elles ne le sera plus jeudi soir. Et sera privée d'un nouveau long voyage vers l'Arménie ou la Moldavie.
