Et là, d'un coup, la Curva Nord et ses 9000 voix se taisent. Les chants, ininterrompus depuis près de deux heures, bien avant le début du match, laissent place à la stupeur. Puis à une salve d'applaudissements, partie du coeur de la tribune principale des ultras, et qui s'étend progressivement à tout le stade, jusqu'à la Curva Sud, en passant par le secteur VIP et celui des familles.
Les 23'000 tifosi de l'Atalanta, silencieux, font la claque pour un but du... Bayern, le 0-5 signé Michael Olise d'une frappe enroulée délicieuse à la 64e de ce huitième de finale aller de la Champions League. Les 1500 ultras du Bayern parqués dans le secteur visiteurs n'en reviennent pas. Les rares spectateurs neutres non plus. Un club humilié à domicile, qui rend hommage à l'adversaire, voilà une scène étonnante partout dans le monde. Mais pas à Bergame.
«Quand tu as perdu contre Foggia, tu ne peux pas être triste de perdre contre le Bayern»
Assis en tribune principale, Federico, quadragénaire écharpe au cou et venu tout seul au stade, rigole de l'étonnement provoqué par cette scène. «Applaudir, c'est aussi souligner à quel point l'adversaire est fort. Ce but était superbe, on rend hommage spontanément», explique-t-il en toute simplicité, ne se montrant à aucun moment fâché contre son équipe.
«On sait d'où l'on vient. J'ai vu l'Atalanta en Serie B et les plus anciens me parlent même de la Serie C. Là, on joue l'Europe chaque année ou presque. Quand tu as perdu contre Foggia en Serie B, tu ne peux pas être triste de perdre contre le Bayern en Champions League. Même 6-1», philosophe-t-il. La suite des événements lui donnera raison puisque les joueurs bergamasques seront acclamés par les dux kops dix minutes après le coup de sifflet final.
«Je n'ai jamais vu ça. On savait que l'ambiance serait belle, mais ça dépasse ce que je pouvais imaginer. Perdre 6-1 et ovationner son équipe, c'est beau», s'étonne même Joshua Kimmich et les propos du capitaine du Bayern ont fait extrêmement plaisir aux fans de l'Atalanta, un club vraiment unique. «Ici, on ne met pas la pression aux joueurs. On aime le foot, on le respecte, on est exigeants, mais c'est tout», enchaîne «Fede», qui ne se prive cependant pas de commenter les choix tactiques de son entraîneur Raffaele Palladino, comme le feront d'ailleurs les radios dans la foulée du match (un rendez-vous institutionnel en Italie) et les journaux le lendemain matin (idem).
«Ici, on n'est pas comme ça»
«Il a opté pour une stratégie ultra-offensive, en 4-4-2, en voulant chasser le Bayern sur tout le terrain. On s'est fait ouvrir en deux, c'était une erreur tragique. Mais de toute façon, on aurait perdu, le Bayern est trop fort. Alors, entre être sûrs de perdre 3-0 sans jouer, ou 6-1 en se donnant une chance de les battre si tout se goupille bien, je comprends qu'il ait choisi la deuxième option. Mais là, c'était trop», enchaîne le tifoso. Pas question pour autant de demander la démission de l'entraîneur, lequel a d'ailleurs fait partie du tour d'honneur à la fin de la partie. «Ici, on n'est pas comme ça.»
La seule contestation ce mardi soir a d'ailleurs eu lieu avant le match et concernait le traitement réservé aux supporters, une problématique qui touche tous les pays du monde. Les ultras ont dénoncé le prix des places, la difficulté de se déplacer et un climat globalement hostile au monde des tifosi, alors que ce sont eux qui font battre le coeur du stade. Une thématique universelle et qui n'épargne évidemment pas ce grand pays de football qu'est l'Italie.
La Squadra Azzurra a choisi Bergame pour son atmosphère unique
Le fait est qu'une fois que l'Atalanta sera éliminée au terme du match retour, le calcio ne comptera plus aucun représentant en Champions League cette année après les éliminations de l'Inter et de la Juve face à Bodo/Glimt et Galatasaray. Sans parler du fait que la Squadra Azzurra est tout sauf assurée de disputer la prochaine Coupe du monde, elle qui disputera son premier match de barrage face à l'Irlande du Nord justement à Bergame.
Pourquoi dans ce stade de 25'000 places, secteur visiteurs compris, et pas à San Siro ou au Stadio Olimpico de Rome? Justement parce que l'équipe de Gennaro Gattuso a besoin d'un soutien inconditionnel et sans retenue, propre aux fans bergamasques, là où le public des grandes enceintes, plus versatile, pourrait se retourner contre les siens en cas d'entame de match défavorable. «Ringhio» Gattuso veut s'entourer d'ondes positives pour porter son équipe au deuxième tour (au Pays de Galles ou en Bosnie) et il sait qu'en Italie, c'est à Bergame qu'il a le plus de chances d'en trouver. Et de très loin.
Retour au stade en ce mardi soir de Champions League, où la sortie des spectateurs se fait dans le calme. Les maillots du Bayern croisent ceux de l'Atalanta sans souci, l'atmosphère est chaleureuse. Le lendemain matin, la radio annonce que les 700 dernières places disponibles pour le match à Munich dans le secteur de l'Atalanta ont été vendues dans la foulée de la défaite! Ils seront 6300 Bergamasques à faire le déplacement en Bavière malgré le 6-1 à l'aller et ce simple fait dit beaucoup de la fierté et de la fidélité du peuple nerazzurro à la «Dea».
L'Atalanta est unique
Rénové en plusieurs étapes entre 2019 et 2024, le stade de l'Atalanta est désormais très moderne, à l'exception de sa tribune d'honneur, laquelle est protégée et ne peut être modifiée dans sa conception. Elle a été améliorée, mais conserve son charme, avec des peintures sous le toit qui soulignent son caractère historique. Mais plus que les murs, c'est bien l'ambiance qui rend ce stade unique et fait de l'Atalanta un club qui donne envie d'être aimé bien au-delà de l'Italie.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Arsenal FC | 8 | 19 | 24 | |
2 | Bayern Munich | 8 | 14 | 21 | |
3 | Liverpool FC | 8 | 12 | 18 | |
4 | Tottenham Hotspur FC | 8 | 10 | 17 | |
5 | FC Barcelone | 8 | 8 | 16 | |
6 | Chelsea FC | 8 | 7 | 16 | |
7 | Sporting CP | 8 | 6 | 16 | |
8 | Manchester City FC | 8 | 6 | 16 | |
9 | Real Madrid | 8 | 9 | 15 | |
10 | Inter Milan | 8 | 8 | 15 | |
11 | Paris Saint-Germain | 8 | 10 | 14 | |
12 | Newcastle United FC | 8 | 10 | 14 | |
13 | Juventus Turin | 8 | 4 | 13 | |
14 | Atlético Madrid | 8 | 2 | 13 | |
15 | Atalanta Bergame | 8 | 0 | 13 | |
16 | Bayer Leverkusen | 8 | -1 | 12 | |
17 | Borussia Dortmund | 8 | 2 | 11 | |
18 | Olympiakos | 8 | -4 | 11 | |
19 | FC Bruges | 8 | -2 | 10 | |
20 | Galatasaray SK | 8 | -2 | 10 | |
21 | AS Monaco | 8 | -6 | 10 | |
22 | Qarabag FK | 8 | -8 | 10 | |
23 | Bodo/Glimt | 8 | -1 | 9 | |
24 | Benfica Lisbonne | 8 | -2 | 9 | |
25 | Olympique Marseille | 8 | -3 | 9 | |
26 | Paphos FC | 8 | -3 | 9 | |
27 | Union Saint-Gilloise | 8 | -9 | 9 | |
28 | PSV Eindhoven | 8 | 0 | 8 | |
29 | Athletic Bilbao | 8 | -5 | 8 | |
30 | SSC Naples | 8 | -6 | 8 | |
31 | FC Copenhague | 8 | -9 | 8 | |
32 | Ajax Amsterdam | 8 | -13 | 6 | |
33 | Eintracht Francfort | 8 | -11 | 4 | |
34 | Slavia Prague | 8 | -14 | 3 | |
35 | Villarreal CF | 8 | -13 | 1 | |
36 | Kairat Almaty | 8 | -15 | 1 |